La fête de Pâques, 12 avril 2020

Le dimanche de Pâques, les chrétiens vont célébrer la Résurrection de Jésus. « Nous vous annonçons la Bonne nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : il a ressuscité Jésus ». ( Ac 13, 32-33 ). La fête de Pâques suit la semaine Sainte dans la liturgie chrétienne, qui s’achève par la mort de Jésus et sa mise au tombeau. La Résurrection de Jésus est la vérité culminante de la foi des chrétiens dans le Christ, crue et vécue comme vérité centrale par la première communauté chrétienne, établie par les documents du Nouveau Testament, prêchée comme partie essentielle du mystère pascal en même temps que la Croix (Catéchisme de l’Eglise Catholique). La messe de Pâques est célébrée en famille dans la joie par les chrétiens d’occident et d’Orient, qui se souhaitent de joyeuses fêtes. La recherche des oeufs de Pâques en chocolat relève, elle, d’une tradition folklorique culturelle.

Le troisième jour il est ressuscité des morts

Au matin de Pâques, des femmes puis quelques disciples se rendent au tombeau pour « achever d’embaumer le corps de Jésus » ( Mc 16,1; Lc24,1 ) déposé rapidement dans un linceul le vendredi soir, car le sabbat juif commençait et on ne pouvait plus travailler ni s’occuper des morts (cf Jn 19,31.42). Mais le sépulcre est vide, Jésus n’est plus là, son corps n’est plus là. Sa découverte par les disciples a été le premier pas vers la reconnaissance du fait de la Résurrection. C’est le cas des saintes femmes, d’abord (cf lc 24,3.22-23) puis de Pierre, (Lc 24-12). « le disciple que Jésus aimait » (Jn 20-2) affirme qu’en entrant dans le tombeau vide et en découvrant « les linges gisants » (Jn 20,6), « il vit et il cru » ( Jn 20,8). Le mystère de la résurrection du Christ est donc un évènement réel qui a eu des manifestations historiquement constatées comme l’atteste les évangiles du Nouveau Testament. L’apôtre Saint Paul, l’un des douze disciples de Jésus qui a participé à son dernier repas, décrit aux Corinthiens vers l’an 56 : « qu’il est ressuscité le troisième jour selon les écritures » (1Co 15, 3,4). Marie-Madeleine, puis des disciples verront Jésus ressuscité, dans différents lieux. Jésus n’a plus le même corps, on ne le reconnait pas tout de suite, pourtant c’est bien lui qui se manifeste plusieurs fois, à de très nombreuses personnes, et encore aujourd’hui. Non seulement pour Paul, mais aussi pour toute l’Eglise, la Résurrection est au coeur du message chrétien. Mais dès les premières évangélisations, la foi en Christ réveillé d’entre les morts, a rencontré dans les communautés chrétiennes des objections qui sont encore celles d’aujourd’hui.

Pâques : la Résurrection comme évènement transcendant : 

Pâques est au cœur de la foi chrétienne. Elle est accomplissement des promesses de l’Ancien Testament (Lc 24, 26-27). Elle confirme la divinité de Jésus. Il y a un double aspect dans le mystère Pascal : par sa mort, il libère l’homme du péché, par sa Résurrection il lui ouvre l’accès à une nouvelle vie. Elle consiste en la victoire sur la mort du péché (Ep.2-4,5). Elle s’est faite pas l’oeuvre de Dieu le Père et par l’oeuvre de l’Esprit sur le Fils ; elle est donc l’oeuvre de la Sainte Trinité. Enfin, la Résurrection du Christ est principe et source de la Résurrection future de l’homme. Dans l’attente de cet accomplissement, le Christ vit dans le coeur de ses fidèles. C’est le coeur de la Foi et de l’Espérance chrétienne.

Saint Paul dans 1Co 15 raconte que la Résurrection n’est pas juste une sorte de croyance, mais qu’elle a bel et bien eu lieu devant témoins. La foi de la première communauté d’hommes croyants est fondée sur le témoignage d’hommes concrets, connus des chrétiens, et pour la plupart, vivant encore parmi eux. Ces « témoins de la Résurrection du Christ » (Ac 1,22) sont avant tout Pierre et les douze, mais pas seulement eux : Paul parle clairement de plus de 500 personnes auxquelles Jésus est apparu en une seule fois, en plus de Jacques et de tous les apôtres (co 15,4-8). Devant ces témoignages, le Catéchisme de l’Eglise catholique estime « qu’il est impossible de ne pas reconnaitre la Résurrection comme un fait historique ». La foi des disciple a été soumise à l’épreuve radicale de la mort de leur maître ; la secousse fut si grande qu’ils ne crurent pas aussitôt à la nouvelle de la Résurrection. Les Evangiles nous présentent les disciples « abattus », loin d’une exaltation mystique; Thomas connaitra la même épreuve du doute (Jn 20,24-27).

Donc la Résurrection est bien née non de la crédulité des apôtres mais de leur expérience de la réalité de Jésus ressuscité, qui établit ensuite des rapports directs avec eux à travers le toucher, le partage du repas, ( Ascension ) mais les mène surtout à constater que son corps ressuscité est celui qui a été martyrisé et crucifié, il porte encore les traces de la Passion du christ. ( St Luc 24,40 , St Jean 20)

La Résurrection confirme donc la divinité de Jésus : Jésus n’est pas simplement revenu à une vie terrestre comme cela avait été le cas de Lazare ( Jn 11-44). Elle est liée au mystère de l’incarnation du fils de Dieu. Elle en est l’accomplissement.

Ces journées pascales engagent chacun des apôtres, et Pierre particulièrement dans la construction d’une ère nouvelle. Comme témoins du Ressuscité ils demeurent les pierres de fondation de son Eglise. La Résurrection accomplit l’adoption filiale car les hommes deviennent frères du Christ, par don de la grâce. Cette filiation adoptive procure une participation réelle de l’homme à la vie du Christ, comme Jésus appelle ses disciples après sa résurrection : « allez annoncer à mes frères » (Mt 28-10, Jean 20-17).

Textes et citations en lien avec Pâques

« Le Christ est ressuscité des morts,
Par sa mort, il a vaincu la mort,
Aux morts il a donné la vie. »
(Liturgie byzantine, Tropaire de Pâques)

La Résurrection dans le texte de Saint Paul ( 1Co 15 )

Elle est l’accomplissement des promesses de l’Ancien testament : Lc 24,26-27.44-48
et de Jésus lui-même durant sa vie terrestre :  Mt 28,6 ; Mc 16,7 ; lc 24,6-7,
« selon les écritures » (1Co 15, 3-4 et le symbole de Nicée-Constantinople )
Act 13, 32.34, Paume 2.7
« Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis (…) de même que tous meurent en Adam, tous revivront dans le Christ ( 1 Co 15, 20-22).

 

Domitille BLANC TAVERNIER