Confettis, déguisements carnavalesques et bugnes délicieusement saupoudrées de sucre glace…nous sommes bien à Mardi gras ! Ce jour de fête, où tous les excès sont permis, précède l’entrée en Carême. Mais que signifie « Mardi gras » ? Pourquoi se déguise-t-on et pourquoi avons-nous la coutume de manger des beignets ? Retour sur les origines de cette fête haute en couleurs.  

Qu’est-ce que Mardi gras ?

Mardi gras est un jour de fête, associé à Carnaval, et qui s’inscrit dans une tradition ancienne d’inversion de l’ordre du monde. Pour les catholiques, c'est le jour qui précède le mercredi des Cendres, marquant le début du Carême.

Avant d’entrer en Carême et de « faire maigre » pendant les quarante jours suivants, il est donc coutume de se déguiser et de festoyer en mangeant, notamment, des mets sucrés et gras.
 

Quel jour fête-t-on Mardi gras ?

Mardi gras est une fête mobile. Elle se célèbre 47 jours avant le dimanche de Pâques et sa date varie chaque année entre le 3 février et le 9 mars. Cette année, elle a lieu le mardi 1er mars 2022.

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Du Carême à Pâques
 

Les origines de la fête du Mardi gras

Des fêtes païennes d’inversion de l’ordre du monde…

La fête du Mardi gras tire son origine des rites agraires antiques qui avaient pour objectif, vers la nouvelle année, de renverser l’ordre du monde afin de le rééquilibrer. Des Sacées babyloniennes aux Saturnales romaines, pendant quelques jours, l’ordre social était symboliquement inversé. Les esclaves jouissaient d’une liberté temporaire, étaient servis par leurs maitres, et de grands banquets étaient organisés où l’on festoyait abondamment.
 

…à une fête religieuse

À partir du IVe siècle, les Pères de l’Église commencent à définir un calendrier, ponctué de fêtes liturgiques chrétiennes, comme Noël ou celle de l’Épiphanie. Le Carême est également instauré à cette époque. Cette période demande aux baptisés de se priver de certains aliments, comme les œufs et la viande, pendant les quarante jours qui précèdent Pâques. Du latin carne levare (qui donnera carnaval), on leur demande ainsi d’ôter ou de supprimer la viande.

L’entrée en carême débute un mercredi, celui « des Cendres ». C’est donc la veille de ce jour-là que tous font bombance, et donc « gras », avant de se restreindre et de « faire maigre ». Les chrétiens organisent alors des grands rassemblements festifs et cuisinent à partir d’ingrédients qui risquent de se perdre lors des six semaines de pénitence, comme les œufs et les matières grasses. Ceci a donné, au fil des siècles, des recettes de beignets, bugnes, crêpes et autres gourmandises.

Au Moyen-âge, cette période de jeûne était très strictement observée. Aujourd’hui, la tradition veut que les chrétiens « fassent maigre » principalement les vendredis de Carême en préférant, ce jour-là, le poisson à la viande dans leurs assiettes. La pratique du jeûne est plutôt observée lors du Vendredi Saint, c’est-à-dire le jour qui précède celui de la veillée pascale, ou fête de la résurrection. Chez les chrétiens orthodoxes le jeûne est pratiqué avec assiduité.
 

Carnaval : pourquoi se déguise-t-on à Mardi gras ?

Mardi gras est souvent associé au Carnaval, sorte de fête jumelle si l’on peut dire. Les enfants s’y déguisent et les adultes s’y travestissent car, ce jour-là, « tout est permis ».

Au IVe siècle, les calendes de janvier – dernier îlot païen dans l’Empire chrétien – sont des fêtes publiques et très populaires. Il est fréquent de voir des maîtres jouer aux dés avec leurs esclaves mais, surtout, d’observer des parades où défilent des personnes portant des masques d’animaux. À partir du Xe siècle, la tradition populaire du carnaval s’affirme et s’étend même au clergé, lors de la fête des Fous, dont les membres se déguisent et renversent leurs rôles. Ces jeux et mises en scène théâtrales s’érigent en cortèges dans les villes. Les déguisements effacent les différences de classes sociales et de genres. Le caractère transgressif de cette fête est même renforcé par l’adoption des masques au Carnaval de Venise car, en préservant l’anonymat des participants, elle rend plus permissifs les excès.

Cette fête est tolérée par l’Église car celle-ci perçoit le besoin vital de vivre, pour la population, des moments d’exutoire avant de retourner à une spiritualité plus intense. Ces journées de carnaval, qui ont leur apogée à Mardi gras, représentent une période cathartique, favorisant la canalisation de tensions qui règnent dans la société.
 

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