Qu’est-ce que le mercredi des Cendres ?

Le mercredi des Cendres est le jour d’une célébration religieuse qui marque l’entrée des chrétiens en Carême. Du latin Dies cinerum (« jour des cendres »), il représente le premier jour de pénitence et de jeûne.

Lors de la messe célébrée ce jour-là, le prêtre bénit les cendres des rameaux brûlés l’année précédente, puis marque d’une croix de cendres le front des croyants. En même temps qu’il trace la croix, le prêtre cite « Souviens-toi que tu es poussière et que tu redeviendras poussière ». Il invite ainsi le fidèle à se souvenir de sa fragilité d’être humain et à se repentir.
 

Les origines du mercredi des Cendres

Dans l’Ancien Testament

À l’origine, ce rituel provient d’une ancienne pratique pénitentielle, appliquée par le peuple hébreu. On trouve plusieurs références à cette pratique dans l’Ancien Testament :
•    Genèse (2, 7) « Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. »
•    Jonas (3, 6) « La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. »
•    Jérémy (6, 26) « Ô fille de mon peuple, revêts-toi de sac et roule-toi dans la cendre ! Prends le deuil comme pour un fils unique. »


Chez les premiers chrétiens

À partir du IVe siècle, certaines églises appliquent ce rite afin de marquer le début d’un chemin de pénitence pour les personnes rendues coupables de péchés graves (apostasie, meurtre, hérésie, adultère). Recouvertes de cendres (et donc reconnaissables), celles-ci sont excommuniées temporairement de l’Église et doivent observer un temps de pénitence. Elles reçoivent ensuite l’absolution lors du Jeudi saint.

Jusqu’au Moyen-Âge, le rite d’imposition des cendres est public. Il concerne uniquement les pénitents qui doivent respecter une période de quarante jours et durant laquelle ils sont exclus de la communauté chrétienne, avant d’être réintégrés à Pâques.

À voir
  

Un rite devenu privé et personnel

À partir du XIe siècle, la pratique s’étend à l’ensemble des fidèles. Marqués au front par la croix de cendres, les croyants sont d’abord invités à se confesser puis à entreprendre un chemin personnel de repentance. Depuis la réforme liturgique instiguée par le Concile Vatican II, le rite prend une autre tournure : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15). Pendant toute la période du Carême, les chrétiens suivent une voie de conversion, de prière et de retour à Dieu.


Quand a lieu le mercredi des Cendres ?

C'est vers l’an 591 que le pape Grégoire Ier fixe le début du Carême au mercredi précédent le premier dimanche de la saison pascale. Fixé quarante-six jours avant Pâques, c’est toujours un mercredi. Il n’a donc jamais lieu à la même date et, en conséquence, il peut se dérouler entre le 4 février et le 10 mars. Il est toujours célébré le lendemain du Mardi gras. Cette année, il a lieu le 2 mars 2022.

Pour les Églises d’Orient, le début du Carême a lieu quarante-huit jours avant Pâques et commence lors du Lundi Pur.


Quel est le sens du mercredi des Cendres ?

Le geste de l’imposition des cendres est un signe extérieur vécu en communauté, c’est-à-dire en Église. La communauté des fidèles représente les membres d’un même corps, celui du Christ. Elle est aussi le lieu d’exercice de la vertu de charité. Tous, baptisés ou catéchumènes, se voient donc conviés à se souvenir ensemble de l’Alliance qui les unit à leur Créateur et Sauveur.

Le rite liturgique du mercredi des Cendres une invitation à l’espérance en la miséricorde de Dieu. Il représente une forme d’appel à se mettre à l’écoute de la Parole. C’est un peu comme un programme de conversion pour les quarante jours à venir.

À voir

Textes lus lors du mercredi des Cendres :
•    Invitation à se convertir - Première lecture :
« Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux […] » (Jl 2, 12-18)
•    Invitation à la pénitence - Psaume : « Pitié, Seigneur, car nous avons péché » (Ps 50, 3-4, 5-6ab, 1)