Le dimanche de Pâques, les chrétiens fêtent la Résurrection du Christ comme point d’orgue de la Semaine sainte. Fête mobile sur le calendrier, elle a lieu le dimanche qui suit la pleine lune de l’équinoxe de printemps du 21 mars. Mais que célèbre-t-on réellement à Pâques ? Pourquoi cette fête est-elle si importante pour les chrétiens ? Quelles sont ses origines ?


C'est quoi Pâques pour les chrétiens ?

 
Le dimanche de Pâques, les chrétiens célèbrent la Résurrection de Jésus. La fête de Pâques survient juste après la Semaine sainte, qui s’achève par la mort de Jésus et sa mise au tombeau. 
 

« Nous vous annonçons la Bonne nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : il a ressuscité Jésus » (Ac 13, 32-33)

 
Pour les chrétiens, la Résurrection de Jésus est la vérité culminante de leur foi dans le Christ. Elle symbolise la victoire de la vie sur la mort et l’entrée, pour tout chrétien, dans une nouvelle ère. Les catholiques la célèbrent lors d’une messe. La recherche des œufs de Pâques en chocolat relève, elle, d’une tradition folklorique culturelle.
 

Quelle est la différence entre Pâque et Pâques ?

 
« Pâques » vient de l’hébreu pesah, signifiant « passage », et qui a été traduit en grec (paskha) et en latin (pascha). 
 
La Pâque juive (au singulier) commémore le passage du peuple hébreu à travers la mer, alors qu’il est poursuivi par l’armée de Pharaon. Selon le père Yves Combeau, dans l’imaginaire biblique, la mer symbolise la mort. La Passion, la mort et la résurrection de Jésus se déroulent pendant la fête juive. Il fait alors son propre passage, de la mort vers la vie.
 
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L’ajout d’un « s » à la fin de Pâques sert donc à différencier la Pâque juive de celle chrétienne. Cette différence permet aussi d’évoquer les différents moments commémorés, dans le christianisme, à ce moment de l’année : la Cène, la Passion, la mort du Christ puis sa Résurrection.
 

Aux origines de Pâques

 

Récit de la Résurrection du Christ 


Trois jours après la mort de Jésus, des femmes puis quelques disciples se rendent au tombeau pour « achever d’embaumer le corps de Jésus » (Mc 16, 1; Lc 24, 1). En effet, celui-ci avait été déposé rapidement dans un linceul le vendredi soir, car le sabbat juif commençait et on ne pouvait plus travailler ni s’occuper des morts (Jn 19, 31-42). Mais ils voient que quelqu’un a roulé la lourde pierre : le tombeau est vide.

Ses amis, les Apôtres et Marie, sa mère, tous ensemble font éclater leur joie dans Jérusalem : « Jésus le crucifié, Dieu l’a ressuscité, il est vivant. » (Mt 28, 1-10).
Ces témoins courent chercher Pierre et Jean qui constatent eux aussi que le tombeau est vide (Jn 20, 1-10). Jean, dans son Évangile, note qu’ils trouvent posé à terre dans le tombeau les linges qui couvraient le corps. Pour Jean, c’est à la fois un indice et un signe. En effet, si on avait volé le corps, on aurait pris les linges qui recouvraient le cadavre, donc ce n’est pas un vol. Ensuite, les linges de la mort sont restés dans le tombeau, mais lui, Jésus n’est pas là. Alors Jean comprend que ce que Jésus avait annoncé ; « il vit et il crut » (Jn 20, 8) : Jésus est vainqueur de la mort. 


Le témoignage des apôtres


Saint Paul (1Co 15) raconte que la Résurrection n’est pas juste une sorte de croyance, mais qu’elle a bel et bien eu lieu devant témoins. La foi de la première communauté de croyants est fondée sur le témoignage d’hommes et de femmes, connus des chrétiens et, pour la plupart, vivant encore parmi eux. 

Parmi ces « témoins de la Résurrection du Christ », Marie-Madeleine est la première à qui Jésus est apparu, devant le tombeau vide. Apparaissant également aux apôtres, Paul précise qu’en réalité plus de 500 personnes auraient vu Jésus. Par exemple, deux disciples partant vers Emmaüs le reconnaissent pendant leur repas, à la fraction du pain (Lc 24, 13-35). 

Comment reconnaissent-ils que c'est bien lui ? Jésus les mène surtout à constater que son corps ressuscité est celui qui a été martyrisé et crucifié, il porte encore les traces de la Passion du Christ (Lc 24, 40 ; Jn 20).

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Diffuser la Bonne nouvelle


Ces journées pascales engagent chacun des apôtres, et Pierre particulièrement, dans la construction d’une ère nouvelle. Comme témoins du Ressuscité ils demeurent les pierres de fondation de son Église. La Résurrection accomplit l’adoption filiale car les hommes deviennent frères du Christ, par don de la grâce. Cette filiation adoptive procure une participation réelle de l’homme à la vie du Christ, comme Jésus appelle ses disciples après sa Résurrection : « Allez annoncer à mes frères » (Mt 28-10, Jean 20-17).


Le mystère pascal


Pâques est au cœur de la foi chrétienne. Elle est l’accomplissement des promesses de l’Ancien Testament (Lc 24, 26-27) et elle confirme la divinité de Jésus. Jésus n’est pas simplement revenu à une vie terrestre comme cela avait été le cas de Lazare (Jn 11-44). Elle est liée au mystère de l’Incarnation du fils de Dieu. 

Il y a un double aspect dans le mystère pascal : par sa mort, Jésus libère l’homme du péché, par sa Résurrection il lui ouvre l’accès à une nouvelle vie. Elle consiste en la victoire sur la mort du péché (Ep 2-4, 5). Elle s’est faite par l’œuvre de Dieu le Père et par l’œuvre de l’Esprit sur le Fils ; elle est donc l’œuvre de la Sainte Trinité. Enfin, la Résurrection du Christ est principe et source de la Résurrection future de l’homme. Dans l’attente de cet accomplissement, le Christ vit dans le cœur de ses fidèles. C’est le cœur de la Foi et de l’Espérance chrétienne.
 
 
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