La Bible est un ensemble de textes de transmission de la foi pour les juifs, et les chrétiens. Véritable création littéraire variée par son contenu et le nombre d’auteurs. la Bible est composée, en majeure partie, des « Saintes Écritures » (Rm 1,2) du peuple juif, que les chrétiens appellent « l’Ancien Testament » et d’un second ensemble d’écrits nommé « Nouveau Testament » qui expriment leur foi au Christ Jésus.

Les Saintes écritures reprennent les paroles et témoignages écrits des hommes de Dieu, inspirés par le Saint-Esprit. L’Ancien Testament a été rédigé entre le IIIe siècle av. J.-C et le IIe siècle av. J.-C et le Nouveau Testament, jusqu’au début du IIe siècle.

Certaines Bibles portent une validation officielle de l’Eglise catholique : l’imprimatur. La Bible de Louis Segond reste la traduction française la plus diffusée au monde. Cette traduction publiée pour la première fois en 1880 a été assez vite adoptée par l’ensemble du protestantisme francophone, toutes tendances confondues. Aujourd’hui encore, il s’en diffuse chaque année plus de 300 000 exemplaires.

La Bible est la parole même de Dieu

Les chrétiens considèrent que la Bible est la parole même de Dieu, qui peut entrer en communication directe avec eux. La Bibleraconte raconte l’histoire de l’alliance que Dieu a scellée avec les hommes, celle d’une relation faite de fidélité et de reniement de Dieu par l’homme, et propose à chaque chrétien de suivre ce long cheminement vers la liberté et l’amour. Pour les chrétiens, cette histoire a lieu en deux temps au cours du 1er et du 2e siècle de notre ère. Par la Bible, la Parole de Dieu s’est faite parole humaine, mais il faut toujours une médiation pour la comprendre. Elle est susceptible d’interprétation.

L’Ancien Testament et le Nouveau Testament

La Bible chrétienne est composée de deux parties, l’Ancien Testament, et le Nouveau Testament. l’Ancien Testament reprend la Bible Hébraïque, et le Nouveau Testament, commun à la plupart des Eglises chrétiennes, regroupe les écrits relatifs à la vie et les paroles de Jésus-Christ, rapportées par ses disciples.

L’Ancien Testament, se décompose en trois grandes parties : la Torah ( la Loi – le Pentateuque ), les livres prophétiques, et les Ecrits. La première partie inclut le Pentateuque qui comprend la Genèse, l’Exode (Ex),  le Lévitique (Lv), les Nombres (Nb) et enfin le Deutéronome (Dt). La deuxième partie porte sur les livres prophétiques. Enfin, la troisième partie de l’Ancien Testament comprend les livres poétiques.

Le Nouveau Testament se divise en plusieurs groupes de livres ; les quatre Evangiles canoniques de Matthieu, Marc, Luc et Jean, les Actes des Apôtres, les 14 épîtres dont certaines sont attribués à Paul, et d’autres épîtres attribuées à d’autres disciples Pierre, Jacques, Jean et Jude et enfin, de l’Apocalypse.

Origine de la Bible

Le mot « bible » vient du grec ancien biblos dont le substantif au pluriel signifie « les livres », soulignant son caractère multiple. La chronologie de l’histoire des livres bibliques est axée autour  de l’histoire du peuple d’Israël.

Les évangiles sont rédigés au fil de la progression des premiers chrétiens, en Judée, en Syrie, en Grèce, en Asie Mineure… La période de rédaction est donc très brève : trois générations au maximum, au plus tard au début du IIe siècle.

La Bible chrétienne, connait plusieurs canons, ou ensembles de livres défendus par des communautés différentes, selon les époques et les confessions. Au 2e siècle avant notre ère, les juifs établis à Alexandrie  réalisent une traduction d’hébreu en grec des canons de la Bible hébraïque, appelée Tanakh, reconnue par le judaïsme. Les récits actuels, datés du VIe ou Ve siècle av. J.-C., ont pour but de « former » la conscience religieuse du peuple d’Israël, choisi par Yhwh (le Seigneur). La légende raconte que cette traduction a été réalise par 72 savants en 72 jours, d’où son nom de Septante. La Septante accentue dans les textes biblique l’attente messianique (un envoyé de Dieu qui viendra pour rétablir la justice) et l’attente eschatologique (une intervention magistrale de Dieu à la fin des temps qui met fin à l’empire du mal).

Les premiers chrétiens ont utilisé ce texte grec de la Bible qui préparait le terrain de leur conviction principale : Jésus de Nazareth est le Messie annoncé par les prophètes et attendu par les juifs.

Le canon de la ou Septante, ou Bible grecque a été popularisée par St Jérôme de Stridon, qui réalise en 380 une traduction en latin pour l’Eglise d’occident, la Vulgate. Elle est reconnue comme une version « authentique » de la Bible lors du Concile de Trente en 1546.

Dans l’église d’Orient pour laquelle la langue sacerdotale est le grec, la Septante est restée le texte de référence pour les traductions. Lors de la Réforme au 16e siècle, les Protestants, Luther pour l’Allemagne, Olivétan pour la France et la Suisse, traduisent les livres, en souhaitant retourner aux sources des Ecritures plutôt que de s’en tenir au latin. Les réformateurs font une distinction, plaçant les livres tardifs du judaïsme, qu’ils ne reconnaissent pas comme inspirés par les juifs, à la fin de l’Ancien Testament sous le noms de « Livres apocryphes », mot grec qui signifie « caché ». L’Eglise catholique, elle, reconnait lors du Concile de Trente le canon de la Septante qui incorpore ces textes d’avant l’ère chrétienne. qu’elle considère comme un deuxième canon, à coté de l’ancien canon hébraïque. D’où le nom de « deutérocanoniques » qu’elle donne à cette collection de livres grecs.

Dans les années 1970, le Vatican et les Sociétés bibliques s’accordent pour regrouper les livres deutérocanoniques dans une section particulière à la jonction de l’Ancien et du Nouveau Testament. En français la Bible TOB (Traduction Œcuménique de la Bible) inaugure ce principe.

Le récit de la Bible

Le Pentateuque décrit de grands épisodes qui symbolisent la puissance de Dieu tels que la création du monde ( Genèse ), la foi d’Abraham, la vocation de Moïse, la libération d’Égypte, le don des Dix commandements.

Les livres historiques dessinent une histoire du peuple d’Israël depuis l’entrée en Terre promise d’Abraham avec son clan araméen, jusqu’à la fin de la période grecque (2e s. avant J.-C.). Il décrit David, puis Salomon proclamés roi à Babylone, avec la construction d’un Temple en l’honneur de Yhwh ( le Seigneur). Les livres poétiques racontent notamment la vie de Judith et Esther et inspirent des modèles politiques aux chrétiens. Ils sont des témoignages de la manifestation du salut de Dieu.

La figure de sagesse du roi Salomon domine les livres poétiques et sapientiaux. Les chrétiens y trouvent des consignes de sagesse sur la vie quotidienne, l’amour, la souffrance et la mort et les mots pour exprimer leurs propres  prières (Psaumes).

Une même promesse de salut après le malheur traverse tous les Livres prophétiques qui se cristallisent autour de la figure mystérieuse du Messie, avec les prophètes Isaïe, Jérémie Ezéchiel, ou Zacharie et Daniel considéré comme un prophète  uniquement par les chrétiens.

Le Nouveau Testament déploie le salut de Dieu annoncé par les prophètes et réalisé en Jésus-Christ. Il raconte la vie de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, jusqu’à sa mort puis sa résurrection. Les évangiles sont écrits à partir des années 70, lorsque les apôtres disparaissent et que la mémoire menace de se perdre. L’é évangile  de Matthieu ou l’Apocalypse baignent dans la culture juive, alors que l’évangile de Luc et les épîtres de Paul sont ouverts au monde gréco-romain. C’est que pour les chrétiens, il y a des voix multiples pour dire l’évangile du salut, tant sa richesse est grande.

Mais tous les livres du Nouveau Testament sont traversés par la même conviction, le même évangile (Bonne nouvelle) : Jésus est le Christ, Messie d’Israël, Fils de Dieu, sauveur de tous les humains.

Domitille BLANC TAVERNIER