Nous sommes aujourd’hui rendus à « l’achèvement » de l’année liturgique ! Cette fin n’est pas un terme en soi, elle est une ouverture, une proclamation de la royauté de Jésus. Célébrer la royauté de Jésus, c’est reconnaître la paternité de Dieu sur Jésus. En couronnant Jésus de sa gloire, le Père lui donne autorité sur tout l’univers ; il est donc donné de découvrir en Jésus qu’il y a un avenir et un devenir pour tout homme.

Ici, c’est Pilate qui nous livre l’identité de Jésus lorsqu’il le déclare Roi : « Alors, tu es roi ? » lui dit-il, et Jésus de lui répondre : « C’est toi qui dis que je suis roi. » Mais Pilate ne peut pas faire le contour de cette identité, il ne saisit pas le sens profond des mots qu’il emploie. La réponse de Jésus nous ouvre une autre perspective en témoignant qu’il est venu dans le « monde rendre témoignage à la Vérité. »

Parce que Jésus est ce Roi selon le cœur de Dieu, il est la vérité et dans sa passion il est confronté à trois attaques :
> D’abord, au temple de Jérusalem, il doit se confronter à la violence du religieux quand celui-ci n’honore plus la vérité. Et nous, exprimons-nous la vérité de la Foi de l’Église dans la charité ?
> Ensuite, devant les foules, il est exposé à la tyrannie de l’émotion. Quelquefois, nous nous emportons et l’émotion nous empêche d’agir avec raison.
> Enfin, devant Pilate, Jésus affronte la violence du pouvoir politique qui n’exerce plus la responsabilité qui est la sienne, à savoir exercer le droit et la justice. Et nous, défendons-nous le Christ innocent ?

Dans ce contexte, il n’y a plus de place que pour le mensonge et la violence, donc pour la tyrannie. Le Christ ne répond pas à la haine par la haine, il est l’homme libre par excellence, il est celui qui désarme le déchaînement de la haine par ces mots : « Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »

Jésus est ainsi la clef de lecture de toute existence humaine et tout s’éclaire dans, et par sa parole. Elle est une source de joie qui ne se tarit pas pour celui qui se laisse façonner par elle. La vérité nous rend libre. Et Jésus est libre, lui qui sait que ses choix et ses décisions engagent sa vie et par là même l’avenir de l’humanité. Il est donc le modèle de notre liberté ; bien plus, il est celui qui l’habite et la façonne. En effet, celui qui ne vit pas dans la Vérité altère son humanité. C’est pourquoi Jésus nous montre dans sa passion ce qu’est l’homme. L’accomplissement de la personne humaine se voit en Jésus qui va librement jusqu’au bout de la volonté de Dieu. Volonté d’un père qui conduit à aimer et servir davantage, c’est à dire à conquérir la part d’humanité qui est la nôtre.

La Vérité, ce n’est pas tout dire ou prétendre savoir. La vérité n’est pas une vague transparence, ni une idéologie ; elle est une attitude, une façon d’être, dans le refus fondamental de toute complicité, de toute compromission avec le mensonge et le déni. La vérité selon le cœur de Dieu ne détruit pas mais elle construit.

En rendant témoignage à la vérité, Jésus n’a d’autre désir que de désarmer le mal et la violence. Les assises de la royauté de Jésus sont la vérité et l’amour. Une royauté vécue dans la liberté qui conduit à aimer. Pour celui qui sait aimer et se laisser aimer, tout est achevé en Christ !

Et nous qui sommes baptisés, nous sommes donc prêtres, prophètes et rois. Dans cette eucharistie, demandons à Jésus de participer à sa royauté, afin de pouvoir rendre témoignage à la Vérité.

Références bibliques : Dn 7, 13-14 ; Ap 1, 5-8 ; Jn 18, 33-37

Référence des chants :