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Dès qu’ils ont reçu le Saint-Esprit, le matin de la Pentecôte, les apôtres se mettent à prêcher. Que prêchent-ils ? Une seule chose : « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins » (Ac 2, 32). En d’autres termes, Jésus ressuscité des morts est le cœur de leur prédication. Tout le reste s’éclaire à cette lumière.

Les premiers destinataires de ce message ce sont les Juifs, puisque Jésus et la plupart des apôtres étaient des leurs et que le salut annoncé par Jésus est prioritairement destiné à Israël. Cependant, comme nous le montre la première lecture de ce jour, la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité va rapidement déborder les frontières d’Israël.

Pierre lui-même, le plus juif des apôtres, si hésitant à frayer avec les païens, est chronologiquement le premier, avant même l’apôtre Paul, à faire le pas, en visitant Corneille, centurion de l’armée romaine. Pour la première fois, dans la vie de l’Église primitive, la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité est annoncée à un païen par celui-là même qui est le premier des apôtres.

Son message, plus développé que d’autres, se résume en cinq points : Jésus de Nazareth : Dieu l’a consacré ; Dieu était avec lui ; Dieu l’a ressuscité ; Dieu lui a donné de se montrer vivant aux témoins que Dieu a choisis d’avance ; Dieu l’a choisi comme juge des vivants et des morts, ce qui revient à affirmer que Jésus est Dieu, puisqu’être juge, c’est la prérogative de Dieu.

La résurrection de Jésus est au centre du message. C’est elle en effet qui, avec sa passion et sa mort, sont les sources du salut pour « tout homme qui croit en lui ». Tout homme, c’est-à-dire non seulement les Juifs, mais encore tous ceux qui, comme le centurion Corneille et sa famille, reconnaissent en Jésus la source du pardon.

Ce bref discours marque un tournant dans la vie de l’Église primitive. Avec la prédication de Pierre à Corneille, l’Évangile est en train de passer aux païens. Et encore une fois, l’Évangile, c’est d’abord Jésus, mort et ressuscité.

Ce message n’a d’autre autorité que le témoignage des apôtres qui ont vu. Ils ont vu tout ce qui s’est passé : « Nous les apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des juifs et à Jérusalem… Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts ». Désormais les apôtres prennent la suite des prophètes de l’Ancien Testament : « C’est à Jésus que tous les prophètes rendent témoignage… Il nous a chargé d’annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l’a choisi comme Juge des vivants et des morts ».

Plus de deux mille ans après, l’Église n’a rien d’autre à dire que cela. C’est cette extraordinaire bonne nouvelle qu’elle vous annonce à nouveau ce matin, par ma bouche, amis téléspectateurs et fidèles rassemblés en cette cathédrale Saint-Étienne de Metz.

Notre foi n’a d’autre preuve que la foi des apôtres qui ont vu et qui nous ont transmis ce qu’ils ont vu.

Parler de preuve est d’ailleurs inexact si l’on comprend le mot uniquement en termes scientifiques. La foi en effet ne se démontre pas. Un témoignage se transmet et Dieu peut nous donner de croire en nous fondant sur ce témoignage.

Bernadette de Lourdes, il y a cent cinquante ans, disait du message reçu de ses apparitions : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais de vous le dire ». De même, l’Église annonce à temps et à contretemps la résurrection de Jésus qui est au cœur de son expérience et de sa foi, et elle laisse au travail de l’Esprit Saint d’ouvrir le cœur de ceux qui accueillent cette annonce, comme ce disciple, arrivé le premier au tombeau dont nous a parlé l’Évangile : « Il vit et il crut ».

Puissiez-vous être nombreux ce matin à voir et à croire ! C’est ce que je vous souhaite, à vous tous qui m’écoutez, en ce beau jour de Pâques. Joyeuses Pâques !

Références bibliques : Ac 10, 34a 37-43 ; ps 117 ; Col 3, 1-4 ; 1 co 5, 6-8 ; Jn 20, 1-9

Référence des chants :