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À l’invitation du pape François, j’ai ouvert la porte de la miséricorde. Puis, nous avons franchi le seuil et nous sommes entrés dans la cathédrale. Cette année, des milliers de pèlerins passeront par cette porte. Et de même dans le monde entier.

Cette démarche a beaucoup de sens. Personnellement, en franchissant la porte de la miséricorde, j’avais en mémoire de nombreux visages :
–    les victimes des attentats du 13 novembre dont plusieurs de notre Val-d’Oise ;
–    cette maman qui élève seule et difficilement ses deux enfants ;
–    ces prisonniers rencontrés à la Maison d’arrêt d’Osny tout près ;
–    Pierre, André, Mathilde, et bien d’autres qui galèrent, mais essayent de s’en sortir ;
–    ces parents qui ont un enfant handicapé ;
–    ce couple en difficulté ;
–    cette personne âgée qui souffre de solitude.

Notre humanité a besoin d’être sauvée. Elle a besoin que l’on prenne soin d’elle. Chacun de nous ressent en lui le besoin de réussir sa vie, mais chacun butte contre le mal. Le mal qui l’agresse et qui lui tombe dessus. Le mal dont il est complice et responsable. C’est un combat de tous les temps. Mais je vous l’affirme, frères et sœurs, Dieu veut notre bonheur. Et il s’y engage. Regardons justement ce qui nous est dit dans l’Évangile et qui nous est donné comme une bonne nouvelle.

À l’époque de Jésus, la société est tout aussi violente que la nôtre. Les gens cherchent une vie meilleure. Beaucoup connaissent la précarité et la maladie. Un certain nombre critiquent les élites politiques et religieuses de leur pays. Ces gens sont pris dans les contradictions de leur société et dans leurs propres tensions personnelles. Ils veulent s’en sortir et cherchent un sens à leur vie. Ils se tournent vers Jean-Baptiste qui a une parole forte et donne un beau témoignage de foi. Et ils lui posent cette question : « Que devons-nous faire ? »

Sa réponse est très éclairante. Il ne s’agit pas de fuir le monde dans lequel ils vivent. Il s’agit de changer son cœur, de partager avec son prochain, de vivre de manière simple et honnête. Nous aussi, en franchissant cette porte de la miséricorde, nous sommes invités à entrer avec tout ce qui fait notre vie, avec ses zones d’ombre et de lumière. Devant Dieu, l’important est d’être vrai et de se rendre disponible. L’important est de nous mettre en disposition pour accueillir les forces de vie et faire reculer les forces de mort.

Faisons confiance au Christ qui a mené ce combat et qui nous donne l’énergie pour faire ce choix. Suivons l’invitation de Jean-Baptiste qui nous dit de regarder vers Jésus. Comme on le dit familièrement, Jésus va « faire le ménage » ! Il va rétablir le droit et la justice. Et Luc d’affirmer que c’est une bonne nouvelle, promise par Dieu à son peuple depuis des siècles. Mais ce qui est intéressant, c’est la suite du récit. Jésus ne va pas faire le ménage n’importe comment ! S’il vient pour rétablir le droit et la justice et qu’il est exigeant, c’est en prenant le chemin du pardon et de la miséricorde.

Et il le fait en donnant sa vie jusqu’au bout de l’amour et du don de sa personne, tout en faisant confiance en son Père. Et cela change tout. Se savoir appelé à vivre quelque chose de beau et de grand, se savoir aimé avec ses contradictions et son péché, tel que je suis, jusqu’à être pardonné, c’est un vrai chemin de libération, une vraie source de paix et de joie, un réel bonheur.

Frères et sœurs, Jésus nous révèle le vrai visage du Père, à la fois exigeant et plein de miséricorde. N’ayons pas peur. Faisons-lui confiance. Ouvrons grand les portes de notre cœur à la miséricorde de Dieu. Amen.

Références bibliques : Lc 15, 1-7) ; extrait de la Bulle d’indiction du pape François ; So 3, 14-18a ; Cantique du prophète Isaïe Chapitre 12 versets 2 à 6 ; Ph 4, 4-7 ; Lc 3, 10-18

Référence des chants : Liste des chants de la messe à Pontoise 13 décembre 2015