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Chers frères et sœurs,

 

Ce matin nous formons une communauté très particulière, une grande famille. Nous sommes là tous ensemble, devant notre écran, dans cette église de Pleurtuit.

Et nous sommes ensemble, car tous nous sommes tournés vers la Croix de Jésus ; car tous nous sommes pris dans la même histoire que nous venons d’entendre : le récit de la mort violente de Jésus, humilié, abandonné, crucifié. Tous nous regardons cette croix sur laquelle on a planté le Fils de Dieu.

 

Je me souviens du baptême d’un enfant dans cette église, il y a deux ans à peu près. Plusieurs membres de la famille n’étaient pas chrétiens, ne connaissaient pas la foi chrétienne. A la fin de la cérémonie, une jeune fille… 25 ans environs… s’est approchée de moi. Elle était comme happée, absorbée par la croix de Jésus, derrière moi, et par la fresque qui l’entoure.

 

Et tout simplement elle m’a demandé : mais qui sont ces personnages ? Et cette scène qu’est-ce que ça représente ?

 

Et lorsque j’ai commencé à lui expliquer que c’était Dieu lui-même qui était là, sur la croix, humilié, bafoué, offrant sa vie pour nous, j’ai senti en elle, comme en moi, une grande émotion. Elle entendait pour la première fois, avec un cœur vierge, cette annonce incroyable, cette révélation de l’amour fou de Dieu, les yeux grands ouverts. Et de mon côté je redécouvrais émerveillé la beauté et la puissance de la foi chrétienne.

 

Devant la croix nous ouvrons les yeux sur Dieu, nous voyons le vrai visage de Dieu.

 

Dans l’évangile de Saint Marc que nous venons d’entendre, au moment où Jésus meurt crucifié, deux événements se produisent : le rideau du sanctuaire se déchire et le centurion romain proclame « Vraiment cet homme était le fils de Dieu ».

Le rideau du sanctuaire se déchire. Il s’agit du rideau, dans le temple de Jérusalem, qui cachait le lieu où Dieu habitait, le lieu que les hommes ne pouvaient voir, dans lequel ils ne pouvaient pénétrer. Lorsque nous voyons Jésus crucifié, le rideau se déchire. Désormais nous voyons Dieu, désormais nous avons accès à lui  pour toujours, nos yeux s’ouvrent, et notre bouche aussi peut s’ouvrir pour proclamer comme le centurion romain « Vraiment cet homme était le fils de Dieu ».

 

 

Dans un instant, c’est ce que va vivre Marine. Elle  sera baptisée dans une semaine, lors de la nuit de Pâques, mais aujourd’hui elle va vivre les deux derniers rites préparatoires au baptême :  le rite de l’effatah et le rite de la reddition du symbole des apôtres.

Je vais tracer avec mon doigt la croix du Christ sur ses oreilles et sur sa bouche en redisant la parole de Jésus : « Effatah », c’est-à-dire « ouvre-toi » en araméen. Ensuite, avec nous, elle pourra professer le symbole des apôtres, proclamer la foi de l’Eglise les yeux et le cœur grand ouvert à ce visage de Dieu que Jésus nous révèle sur la croix.

 

Demandons simplement pour elle et pour nous, au début de cette semaine qui nous prépare  à Pâques,  cette grâce toute simple : Que nos yeux s’ouvrent en regardant la croix de Jésus ! Que notre bouche s’ouvre pour proclamer notre foi, pour lui redire notre confiance et notre amour en retour de son immense amour.

 

Maintenant, chacun de vous, là où vous êtes, devant votre écran, dans cette église, si vous le souhaitez, vous pouvez tout simplement, dans une attitude d’ouverture, en ouvrant par exemple vos mains sur vos genoux, en fixant les yeux sur la croix, en regardant Jésus, répéter en silence, à voix basse, dans votre cœur, la prière que je formule à présent :

 

Jésus Tu es le Fils de Dieu

 

Merci pour ton amour immense

 

Merci d’avoir ouvert tes bras sur la croix pour moi

 

Ouvre mes yeux pour accueillir ton regard

 

Je dépose ma vie devant toi

 

Merci de porter sur la croix mon péché,

 

Merci de porter sur la croix ma souffrance,

 

Merci de porter sur la croix mon humiliation

 

Merci d’y déposer ton amour, ton pardon et ton salut

 

Ta croix est ma lumière

 

Ta croix est mon espérance

 

Ta croix est mon trésor

 

Jésus tu es le Fils de Dieu