Chers frères, chères soeurs,

Soyez les bienvenus – vous qui venez célébrer l’eucharistie dans cette église mais aussi vous qui êtres avec nous grâces à la transmission par la télévision… Merci au Jour du Seigneur pour cette messe et pour son aide depuis deux ans.

Je voudrais vous rendre attentifs à un danger que nous oublions souvent (n’ayez pas peur, je ne parlerai ni du virus d’ordinateur ni de quoi que ce soit de semblable). Je voudrais vous avertir que derrière les récits que nous connaissons à force de les réentendre souvent, derrière les choses dont nous faisons l’expérience encore et encore, derrière les mots – spécialement les mots étrangers – utilisés trop souvent, nous perdons fréquemment leur propre contenu et signification profonde. Je pense au récit évangélique d’aujourd’hui, à notre célébration eucharistique actuelle.

Je pense à ce danger qui nous menace que tout devient banal, superficiel. On dira : " Oui, cela nous le savons. " Et c’est précisément pour cela que nous tombons dans le piège.

Le diacre vient de dire : " L’évangile de notre Seigneur Jésus Christ… " Il a lu la Bonne Nouvelle, la Nouvelle pleine de joie. Et je me demande si cette Nouvelle – qui apporte la joie – a touché notre coeur ? Est-ce que notre coeur exulte vraiment ?

Le chant d’entrée que nous venons de chanter en parle : " La glorieuse résurrection du Christ, c’est en elle la joie, la consolation pour nous. " Est-ce vrai pour nous maintenant ? La prière d’ouverture dit : " Garde à ton peuple sa joie, Seigneur… " C’est cela que les chrétiens désirent toujours – et spécialement à Pâques : que le Seigneur nous garde la joie venant des réalités que nous vivons. Nous sommes rassemblés ici pour que nous entendions de nouveau la Bonne Nouvelle, que nous puissions nous réjouir de nouveau et dans la joie célébrer l’eucharistie – en rendant grâces avec joie.

Regardons de plus près comment avait agi sur les apôtres cette étonnante nouvelle des femmes et de deux disciples d’Emmaüs et, finalement, la rencontre bouleversante avec le Christ ressuscité. C’était un moment d’excitation extrême au milieu de la nuit : " Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. " Ils pouvaient par eux-mêmes Le toucher ! Quelle joie profonde – joie de la rencontre avec le Ressuscité. J’ai peur que nous, nous l’ayons écouté calmement, sans excitation. Pourquoi ? Parce que cet événement était pour nous peut-être dramatique mais appartenant au passé lointain, n’ayant aucun contact avec le présent.

Le Ressuscité était au milieu des apôtres en ce temps-là. Le coeur vivant de la bonne nouvelle, celui qui nous regarde, se trouve dans le fait que le contenu du récit évangélique décrit une situation modèle et qui annonce la joie pour aujourd’hui, pour ce moment présent : cet événement bouleversant du dimanche soir – comme nous le voyons dans les évangiles – est le début d’une réalité durable que nous pouvons toucher de nos doigts aujourd’hui : Celui qui était jadis au milieu des apôtres – Il est le même aujourd’hui au milieu de nous ! Il a dit pour tous les temps : " Là où deux ou trois se rassemblent en mon nom – au nom du Ressuscité – je suis au milieu d’eux " (Matthieu XVIII, 20).

Il nous est demandé de nous ouvrir à l’amour que l’Esprit de Jésus avait mis – et continue de mettre – dans nos coeurs, et de nous ouvrir les uns aux autres dans cet amour. Acceptons-nous les uns les autres dans le pardon et dans l’amour mutuel : jeunes et moins jeunes, pauvres et riches, laïques et prêtres, autochtones et étrangers, Tchèques et Gens de Voyage, Tchèques et Français. C’est le chemin, la porte vers une rencontre vivante aujourd’hui avec le Ressuscité – et qui nous rendra capable de toucher du doigt Sa présence.

Je vous demande de purifier vos coeurs de tout manque d’amour, de tout ce que vous avez les uns contre les autres afin que la joie nous remplisse et que nous puissions exulter comme le prophète Sophonie nous y appelle : " Réjouis-toi, fille de Sion, exulte, Israël, réjouis-toi et exulte de tout ton coeur, fille de Jérusalem ! " (Sophonie III, 14). Aujourd’hui, nous devons devenir des témoins de cette joie que nous éprouvons : " Vous en êtes les témoins ! " Aujourd’hui, le Saint-Père, à la rencontre oecuménique, nous rappelle les témoins de la foi, témoins de la puissance divine, témoins de la Résurrection. Cela était et est possible uniquement dans la joie de la rencontre vivante avec le Ressuscité. Je vous souhaite et je prie avec le prophète Néhémie : " Que la Joie du Seigneur soit votre force ! ".

Références bibliques :

Référence des chants :