Le Vent, le Feu, une Colombe : autant de symboles de l’Esprit Saint. Que nous disent-ils ? Sommes-nous à ce point habitués à imaginer le Saint-Esprit en ces termes que nous n’ayons rien de plus à en dire ? Que nous pensions avoir tout dit du mystère qu’est l’Esprit Saint ? Si c’est le cas, réfléchissons-y encore une fois. Il n’est pas facile de dire qui je suis, qui vous êtes. Il en va évidemment de même pour l’Esprit Saint. Mais faisons d’abord travailler notre imagination. C’est souvent une meilleure manière de nous demander qui est Dieu que de recourir à la philosophie ou à la logique.
Imaginons le vent, ou l’air. Comme l’Esprit, ils sont invisibles. Nous ne percevons ce qu’est le vent qu’à travers ses effets. Imaginons le vent qui passe à travers les arbres ; un papillon qui se laisse porter par la brise, ou l’encens qui nous rend visible l’air et ses mouvements. Souvenons-nous également que, dans la tradition juive, c’est le même mot qui signifie « vent », « souffle » et « esprit ».
Cela avait donc un sens pour Jésus que de répandre son souffle sur ses disciples, afin de leur transmettre son Esprit. C’est pourquoi le souffle créateur de l’Esprit planait sur les eaux de la création. De même, l’air que nous respirons et le souffle qui nous anime est comme l’Esprit de Dieu qui nous fait vivre. Nous pourrions peut-être écouter simplement notre respiration – l’air que nous aspirons à chaque instant, chaque jour. La plupart du temps, nous n’en avons pas conscience. C’est de la même manière que l’Esprit agit en nous, la plupart du temps sans que nous en soyons conscients. Respirons donc l’Esprit Saint. Viens, Esprit Saint !
Que dire du feu ? De la même manière que le vent, nous ne voyons le feu qu’à travers ses effets, à travers ce qu’il brûle. Le feu est aussi dangereux. De même, l’Esprit de Dieu peut brûler, il peut nous enflammer ! Le feu peut aussi purifier, en consumant toutes sortes d’impuretés dans un métal ou dans du verre. Je puis imaginer que les disciples de Jésus ont vu des langues de feu descendre sur leur tête, mais ils avaient aussi du feu dans leur coeur. Ce feu consumait tous les doutes et la peur qu’ils pouvaient avoir, et tout semblait rentrer dans l’ordre. Leur esprit redevenait clair et leurs yeux brillaient d’énergie – ils étaient transfigurés par la lumière et la chaleur du Feu de l’Esprit. Et comme vous le savez, le feu se répand rapidement – l’Esprit de Dieu s’allume ainsi à d’autres.
La Colombe… Ici, je me sens un peu dans l’embarras ! Bien que je sois un disciple de saint François d’Assise, je n’aime pas tellement voir des pigeons ou des colombes voleter autour de moi ! En un sens, si le vent et le feu sont invisibles, sauf par les effets qu’ils produisent, la colombe est un peu trop visible pour moi ! Mais il faut dire qu’il ne s’agit pas de se concentrer uniquement sur un oiseau ! Après tout, la colombe est un symbole ! Dans certaines cérémonies, nous lâchons des colombes pour symboliser la joie et la paix. J’imagine qu’il y aura des quantités de colombes blanches qui seront lâchées lors du Jubilé de l’an 2000 ! La blancheur des plumes de la colombe symbolise également la pureté.
Les colombes sont généralement très douces, et nous pouvons imaginer que Dieu est également plein de douceur avec nous. La colombe est aussi très fidèle vis-à-vis de son partenaire, et l’Esprit de Dieu est, lui aussi, fidèle. Le chant de la colombe est paisible et doux, comme la voix de Dieu dans notre coeur. La colombe peut être très familière, mais elle est aussi capable de s’élever très haut au-dessus de nous, de même que Dieu est tout proche et tellement au-delà de notre nature. La colombe a beaucoup de qualités que l’on qualifie de « féminines » : gentillesse, amour, calme, réconfort. Et l’Esprit Saint a justement été appelé « le visage féminin de Dieu ».
Quand tout cela a été dit, la meilleure expression de ce qu’est le Saint-Esprit, ce sont les effets qu’il produit dans ma vie et dans la vôtre. Je ne peux voir l’Esprit de mes yeux, mais je puis voir ce qui se passe quand des gens vivent selon l’Esprit. Quand ils deviennent capables de vivre dans l’espérance à travers les vicissitudes de la vie ; quand quelqu’un reste fidèle et responsable dans une relation, alors que bien d’autres dans la société où nous vivons leur disent qu’un tel engagement n’est pas si important : tout cela est un effet du Saint-Esprit. L’Esprit de Dieu est présent lorsque l’on continue à veiller sur quelqu’un que l’on aime, même si cet amour est caché et éprouvé par la lassitude et la solitude ; lorsqu’on est ravi par la beauté d’un paysage, d’une mélodie ou d’une oeuvre d’art ; lorsque quelqu’un consent à sa faiblesse et à sa mort ; lorsque notre coeur reste ouvert à l’amour du prochain, alors qu’il ne nous paraît pas aimable et qu’il nous est difficile de l’aimer ; lorsqu’on accepte un échec comme l’occasion d’un nouveau départ ; lorsque des gens font ce qui leur paraît bien, ou courent le risque d’être impopulaires, parce qu’ils savent que telle est la volonté de Dieu. Tout cela est fruit de l’Esprit.
Il en va de même de l’héroïsme et de la générosité de ceux qui viennent en aide à ceux qui souffrent de la guerre ou de l’oppression, qui travaillent à l’avènement de la paix dans notre monde : l’Esprit de Dieu est là aussi. Vous aussi vous pouvez faire cette expérience de savoir que l’Esprit de Dieu est présent, invisible mais tangible. Sachez donc reconnaître l’Esprit dans votre vie, dans la vie des autres, et honorez cet Esprit.
Jésus a dit : « L’Esprit souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de ceux qui sont nés de l’Esprit. » Respirons profondément ce souffle de l’Esprit. Viens, Esprit Saint !
Veni Sancte Spiritus ! Viens, Esprit Saint ! Ainsi débute une ancienne hymne de l’Église. Nous entendrons maintenant une version moderne de cette hymne, composée par le Père John McCann, un prêtre irlandais. Tandis que nous invoquerons ainsi l’Esprit, les enfants qui ont été confirmés cette année nous rappelleront quels sont les dons que nous pouvons demander pour nous et pour nos frères et soeurs.

Références bibliques :

Référence des chants :