Cette page d’Évangile est prodigieuse parce qu’elle raconte une guérison et quand un homme souffre moins, c’est une bénédiction et un soulagement. Jésus vient dire aux hommes que Dieu guérit, soigne et redonne une humanité plus belle à l’homme blessé.

Mais on pourrait tout autant s’étonner que Jésus n’ait guéri que cet homme, qu’un homme seul alors que tant souffrent. C’est bien souvent là que commence l’interrogation du croyant : Dieu guérit-il tout le monde ? Dieu peut-il guérir tout le monde ? Suivons donc ce sourd-muet qui a bien des choses à nous dire maintenant que Jésus lui a rendu la parole.

Jésus le rencontre dans la Décapole, à l’Est du lac de Tibériade, en revenant d’une terre non juive. Jésus s’est donc rendu sur une terre où la Parole de Dieu n’a pas été prononcée et où elle n’est pas connue. Sur cette terre, les habitants sont comme sourds à Dieu parce qu’on ne leur a pas appris Dieu. Et Jésus va donner la Parole à cet homme parce qu’il est sourd et muet. Il la lui donne dans les deux sens du terme : physiquement, il retrouve la parole et spirituellement, il trouve avec Jésus, la Parole de Dieu. Comme si, établissant la communication avec Dieu, il retrouvait l’outil pour communiquer avec les hommes. Quand Dieu donne sa Parole (verticalité), il nous donne aussi la parole (pour parler aux autres hommes). Comme les catéchumènes, ces hommes et ces femmes qui à un moment de leur vie ont entendu la Parole et ont été touchés par elle.
"Comment ? tu as rencontré Dieu ?" "Dieu t’a parlé vraiment ?"
"Oui, Dieu m’a touché. Par sa Parole justement. Et Dieu m’a redonné la parole, je ne peux plus me taire".

Ces deux rites que nous venons de vivre au début de la messe sont la mise en oeuvre liturgique de l’histoire de ces catéchumènes : recevoir sur leur corps le signe de la croix du Christ et en recevoir la compréhension par la Parole reçue : le Livre des Écritures.

Jésus a donc choisi cette personne, ce sourd-muet, parce qu’il représente d’autres personnes. Il nous représente d’une certaine manière quand nous sommes sourds à la Parole, quand nous la mettons volontairement de côté. Il représente aussi ceux qui se suffisent à eux-mêmes sans communiquer ni avec les autres ni avec Dieu : Des personnes socialement et spirituellement sourdes et muettes.

Mais d’ailleurs on ne dit pas exactement que cet homme est muet, on dit qu’il est mal parlant. Un homme qui ne parle pas à Dieu est un mal-parlant parce qu’il n’utilise pas toutes ces capacités de communication. Sans communication avec Dieu, il lui manque cette donnée essentielle qui le définit comme un homme : la spiritualité.

Jésus va procéder en quatre temps.

  • D’abord, Il le met à l’écart : hors la foule, hors sensationnel. Il y a quelque chose de sacré dans l’acte qu’il va faire. Cette intimité montre peut être ce besoin de se sentir aimé pour soi. N’est ce pas ça qui finalement transforme un mal-croyant en croyant comme un mal-parlant en parlant. La foi, ce n’est pas croire comme dans une théorie que Dieu existe, c’est croire que j’existe pour Lui, que je suis quelqu’un d’unique pour Lui, que ma vie l’intéresse.
  • Puis Jésus lève les yeux au Ciel : il prie. Toute délivrance est une prière. Toute action du Christ commence dans la prière. Jésus prie pour nous. Jésus prie pour que nos oreilles s’ouvrent. Il n’est jamais trop tard dans une vie pour entendre Dieu. Sa Parole nous est même donnée pour cela.
  • Puis il gémit : comme s’il souffrait Lui-même, comme s’il payait de sa personne. Le Christ est-il déjà en train de donner sa vie ? Pour redonner aux hommes la communication avec son Père, le Fils doit-il donner sa vie ?
  • Et enfin, Il lui dit : "ouvre-toi". Il ouvre cet homme à Dieu. Le prix à payer est son gémissement, son sacrifice. Avec cet homme guéri, ce sont tous les hommes qui peuvent à nouveau entendre la Parole. Dieu est définitivement accessible.

 

C’est exactement la grâce des catéchumènes. "Pourquoi eux, pourquoi pas un autre ?" Je ne sais pas, il faut le leur demander : Jacky, sur Paris, m’a dit un jour : "je ne sais pas pourquoi moi, mais je sais que je ne suis pas un élu, je suis un racheté, c’est complètement immérité de ma part".

C’est à cette guérison là que nous sommes appelés. Jésus-Christ n’est pas venu faire des miracles physiques dans nos vies comme si être Dieu consistait essentiellement à empêcher la nature d’agir. Le Fils de Dieu est venu nous ouvrir à sa Parole pour que celle ci fasse des miracles dans nos vies.

C’est un vrai miracle dans notre monde d’aimer sans se lasser ses semblables.

C’est un vrai miracle de pardonner, de vaincre ses raisons de se venger.

C’est un vrai miracle quand une personne, par amour du Christ, arrive à poser des actes qui dénouent des liens de la haine.

Oui, Dieu peut tout faire, vraiment tout, dans une vie qui s’ouvre à Lui.
" Ephata "

Références bibliques :

Référence des chants :

Vidéos liées

Recevez chaque
semaine vos newsletters :

Les différentes newsletters