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Cela se passe au cours d’un repas où Jésus est invité, alors qu’il est en route vers Jérusalem pour sa Passion. L’Evangile parle souvent des repas de Jésus et des repas de noces qu’il aime commenter en paraboles.
 Le repas est un moment important. Il résume même la vie car il est le rendez-vous du pain et de la parole qui nourrissent le corps. Corps de relations d’amitié et de fraternité.
 La vie devrait être un festin de la joie partagée. Mais nous savons tous que les repas de famille ou d’amis peuvent devenir des repas de haine qui tuent. Et nous savons aussi que le monde se déchire et s’affame. Tous les jours des enfants et des vieillards, des hommes et des femmes meurent de faim. Faim de nourriture, faim d’aimer et d’être aimé. Faim de vivre. La vie n’est plus un festin mais un champ de bataille.
 De cet enfer, Jésus nous libère.
 Car, en disant de ne pas prendre les premières places il ne donne pas que de simples conseils de politesse. Il nous parle de la vie. La vie est un repas de noces où nous sommes tous invités. Invités à vivre de la parole qui fait corps, jusque dans la traversée de la mort, parce qu’appelés à être enfants de Dieu.
 Oui, invités.
 La joie de vivre ne se prend pas de force ; elle se reçoit comme un cadeau. Et c’est cela s’abaisser : ouvrir son coeur pour accueillir l’invitation à la vie… la vie qui se donne et se partage comme un repas de fête.
 Et voilà que Jésus nous révèle que c’est Dieu qui donne la vie et qu’il nous y invite comme à un repas de noces !
 Le repas signifie que la vie est un don de Dieu, pour tous.
 Personne ne peut donc éliminer les petits, prendre la première place ou la plus grosse part parce qu’il se croit seul ou le meilleur.
 Partager la parole de vie, et d’abord avec les plus proches, c’est s’abaisser. S’abaisser au rang de frère qui reçoit du Dieu unique et Père la même vie que les autres. Et ne pas vouloir être le premier ni avoir le dernier mot, c’est servir la joie de tous, c’est s’abaisser pour que la vie soit un festin de noces.
 Car c’est au quotidien que Dieu épouse l’humanité pour élever chacun au rang de Dieu.
 Nous l’oublions. Alors, Jésus nous le rappelle et le réalise par le repas qu’il offre. Pour réveiller en nous le désir de vivre, il célèbre les noces de Dieu avec nous en se mettant à la dernière place et, ainsi, rejoindre les derniers des hommes. La veille de sa mort, à son dernier repas, il nous lave les pieds pour nous remettre debout sur le chemin de la vie et nous offre le sang de l’Alliance.
 Parole et corps livrés pour ces noces de sang.
 L’eucharistie signifie que le festin de la vie est à l’oeuvre et que déjà s’y réalisent les noces éternelles où Dieu, comme un époux de coeur vient servir notre joie.
 La mort et la résurrection de Jésus est l’heure unique où s’abaisse à notre rencontre pour nous relever et nous élever à sa vie.
 L’Evangile et l’Ecriture du don de la vie de Dieu à tous. Parce que Jésus écrit cette invitation avec son sang, l’Evangile est livre de vie qui nous délivre de toutes les morts. Parole vivante chantant la vie qui se donne jusque dans le pardon et la mort.
 Tout écrivain s’en approche quand il traverse l’épreuve de l’abaissement qui fait parler vrai et n’être qu’un parmi d’autres au festin de la vie.
 Au banquet de Jésus, nous sommes tous invités si nous nous abaissons pour y entrer et le partager comme pain rompu pour le monde.
 Oui, heureux, nous, amis de près ou de loin et vous tous, frères inconnus, pauvres estropiés et blessés de la vie ! Jésus nous invite tous aux noces de la vie.
 " Heureux les invités au repas du Seigneur. "…
 Oui… "je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. "
 

Références bibliques :

Référence des chants :