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Quelle actualité dans les paroles de ce vieux livre de l’Exode écrit il y a plus de vingt-cinq siècles ! « Tu ne maltraiteras pas et tu n’opprimeras pas l’immigré qui réside chez toi… tu ne demanderas pas d’intérêts au pauvre à qui tu prêtes de l’argent… » Situation bien actuelle dans notre monde où des populations entières quittent leur pays pour fuir la pauvreté ou la guerre… Situation bien actuelle des nations les plus pauvres ployant sous de lourdes dettes que leurs créanciers ont bien du mal à leur remettre. L’exil, l’injustice, la difficulté de partager sont, hier comme aujourd’hui, toujours d’actualité.

Surprenant aussi ce qui nous est dit de Dieu : Dieu est attentif à la veuve, à l’orphelin, au pauvre… autant de personnes qui à l’époque – et peut-être encore aujourd’hui – étaient oubliées, laissées de côté dans la société. Ce sont elles que Dieu écoute, elles à qui Dieu répond quand elles crient vers Lui. Et si Dieu se met en colère, c’est quand est bafouée la dignité de l’homme, aussi humble soit-il, aussi petit soit-il. Dans ce texte, Dieu se révèle comme un Dieu qui aime la justice et le droit, un Dieu qui veut le bonheur de tout homme et de tous les hommes, surtout de ceux et de celles qui en sont généralement exclus… un bonheur qui ne peut pas se construire sans solidarité ni partage. C’est finalement ce que les prophètes n’ont cessé d’annoncer tout au long de la Bible, souvent même au prix de leur vie, car il n’est pas facile de rappeler à temps et à contretemps qu’aimer Dieu et aimer son prochain sont indissociables. Impossible avec la Bible de dire que l’on aime Dieu si l’on refuse ou si l’on oublie l’autre…

Tout cela me fait penser à ce jeune d’environ 20 ans que j’ai rencontré il y a quelques semaines. Un jeune, très généreux, cherchant à faire quelque chose de sa vie, à lui donner du sens. Il participe à toutes sortes d’activités, et donne pas mal de son temps pour les autres. Au cours d’une conversation où nous parlions de la religion, de la foi, il me dit un peu brutalement : « Moi, j’essaye d’aider les autres, c’est ma manière à moi de croire. » Puis, après un petit temps de silence, un peu gêné, comme pour une confidence, il ajoute : « Aimer c’est pas toujours facile… mais c’est un peu comme Jésus, il faut y croire. »

« C’est un peu comme Jésus, il faut y croire. » Derrière ces simples mots, un peu maladroits comme lorsqu’on essaye de dire des choses importantes, ce jeune disait à sa manière qu’apprendre à aimer les autres, ça ne peut pas se faire sans quelque part faire confiance – sans y croire – comme Jésus y a cru c’est-à-dire comme Jésus, finalement, a fait confiance à Dieu.

De fait, pour Jésus le Christ, aimer son prochain est inséparable d’une confiance – d’une foi – profonde en un Dieu qui aime tous les hommes comme un père aime ses enfants. Ce qui anime Jésus, c’est cette confiance, cette foi en ce Dieu, père de tendresse et de compassion. Amour de Dieu… amour des autres… voilà ce qui le conduit jusqu’à donner sa vie. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. »

Regardez la croix… l’amour de Dieu et l’amour du prochain y sont inséparablement unis… Regardez la croix… ces bras tendus vers le ciel comme un cri de confiance en un Dieu qui n’est qu’amour et qui se donne… Regardez la croix… ces bras largement ouverts sur le monde et embrassant l’humanité… toute l’humanité appelée à vivre une fraternité nouvelle où les barrières et les murs de haine seront détruits. Regardez la croix… seul demeure l’amour de Dieu et du prochain.

Voilà la Bonne Nouvelle que nous trace Jésus, voilà ce qu’annoncent depuis bientôt deux mille ans les disciples du Christ, voilà la Mission : annoncer l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ et l’amour du prochain comme chemin pour une humanité réconciliée, pour un monde plus juste et plus fraternel, pour un monde où la veuve, l’orphelin et le pauvre aient leur place. Amen.

Références bibliques :

Référence des chants :