Il y a tout juste un mois, avec un groupe de pèlerins du diocèse, nous découvrions Jérusalem, cette ville que depuis David, le monde ne cesse de chanter et, dans cette ville, se dresse le temple avec son esplanade : «Oui quelle joie quand on m’a dit : nous irons à la maison du Seigneur… maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem» Psaume 121.

Chartres n’est certes pas Jérusalem et cependant depuis des siècles, des millions de pèlerins arrêtent leurs pas à la vue de l’imposante silhouette… reprenant leur route, la vision se précise, les flèches s’élancent vers l’infini du ciel. La cathédrale semble jouer à cache-cache pour s’offrir enfin à la contemplation de tous ceux qui vont à sa rencontre. Elle nous accueille enfin pour que nous puissions déposer nos requêtes, nos supplications, nos louanges.

En écoutant à l’instant la lecture du livre de l’Apocalypse évoquant la vision de Jérusalem qui descendait du ciel pour s’offrir à notre regard, je me dis que cette cathédrale est le signe d’une rencontre : rencontre de Celui qui s’est fait Dieu parmi nous, de Celui qui nous a donné sa propre Mère pour mère… rencontre du pèlerin assoiffé d’Absolu qui se met en route. Pour mettre ses pas dans ceux qui, avant lui, se sont laissés guider par leur foi…loin de nous enfermer dans un seul plaisir esthétique, la cathédrale, à l’image de Marie, nous conduit à Celui qui est origine et fin de toute chose./p>

Je viens de vous parler de plaisir esthétique, si légitime et si profond soit-il, il ne faudrait cependant pas s’en contenter et la liturgie de ce jour nous invite à aller plus avant lorsque, parlant de Jérusalem, elle nous dit que la muraille de la cité repose sur les douze fondations portant les noms des douze apôtres…

Pour sa part, le livre des Actes des Apôtres que nous venons également d’entendre, nous décrit la construction de l’Église naissante dont l’acteur principal est l’Esprit Saint. Il est Celui qui remplit de son autorité ceux dont le rôle est d’affermir leurs frères, de les encourager dans leur vie de foi.

Pour comprendre cette construction de l’Église, les images ne nous manquent pas. Il y a cette image que les enfants ont utilisée durant la préparation à leur première communion et qui est une reprise d’un des plus anciens textes de la littérature chrétienne : image des grains de blé autrefois disséminés, ils meurent pour se multiplier, moulus ils se fondront en un même pain. ( «Comme ce pain rompu, d’abord dispersé sur les montagnes, a été recueilli pour devenir un, qu’ainsi ton Église soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton Royaume» (Didaché 9, 4.)

Il y a l’image des milliers d’artisans anonymes qui ont construit ce si bel édifice construit à la gloire de Marie et de son Fils.

Il y a l’image de ce tapis formé de plus de deux millions de points, travail de tant de brodeuses et de brodeurs anonymes.

Il y a surtout cette image vivante de ces jeunes qui pour la première fois vont communier au Corps du Christ. Ils sont signes pour nous d’une Église vivante, d’une Église qui communie à la vie même de Celui qui en est la tête, d’une Église qui se nourrit de la Parole de Vie, du pain de Vie.

À quelques jours de l’Ascension et de la Pentecôte, il est bon de réapprendre ce qu’est l’Église. Elle n’est pas une société qui rassemble les adeptes de je ne sais quelle idéologie. Elle est le lieu de la présence du Dieu d’Amour, du Dieu de communion d’Amour qui veut que nous soyons signes d’un Amour reçu de Dieu même, d’un Amour que nous voulons partager sans cesse à tous nos frères.

Références bibliques :

Référence des chants :