Est ce par hasard que l’Église commémore ses défunts en ce moment, lorsque l’automne se trouve au seuil de notre porte ? Les champs dans la nature nous ont livré leurs produits d’été et se trouvent désolé et nu. Les arbres ont perdu leurs feuillage en paraissent morts, sans vie dans un automne brumeux et rempli de brouillard. Tout parait inanimé, quoique chacun de nous sait bien que les champs ne sont pas morts, que dans le sous-sol grouille la vie, que les arbres sont bien vivants sous leur écorce. La nature nous révèle qu’elle n’est pas morte et vous voyez la « nouvelle vie » annoncer le prochain printemps. Il en va de même pour nos défunts, qui reposent dans le Seigneur, et que l’Église appelle des « saints ». Ils ne sont pas disparus dans le néant, mais reposent dans le Seigneur et portent en eux les prémices d’une nouvelle vie. Chez les saints la vie est aussi sous forme cachée ; il faut le voir avec les yeux de la foi.

Quels sont les saints dont on célèbre la fête en ce jour ? D’après les Écritures, Ils sont vêtus d’habits blancs en témoignage de joie, et portent des branches de palmier dans les mains, ils ont défié les épreuves. Quels sont parmi eux les grands « saints », nous pouvons nommer ici ? La Vierge Marie, saint Joseph, saint Pierre… et ainsi de suite ! Mais aussi des saints moins habituels, qui n’ont pas de nom connu, mais que l’Évangile cite ce jour. Les pauvres d’esprit, les doux, les miséricordieux, ceux qui font régner la paix, les persécutés. Pendant leur vie le monde n’a pas vu grand-chose de ce qu’ils ont réalisé, pas remarqué énormément de leurs prestations, et en ce jour l’Église nous invite aussi : à regardez intérieurement, vous pouvez uniquement voir avec les yeux de la foi, car la sainteté se trouve du côté intérieur.

Un jour probablement nous serons aussi appeler à participer à cette fête solennelle, dans notre foi en Dieu pour chaque instant de notre vie et au service de la communauté des hommes. Peut-être contestons-nous quelque peu intérieurement, disons-nous à haute voix que nous ne sommes pas encore prêts, mais je vous invite en conséquence : regardez-vous intérieurement, et quelque chose de saint y existe bien, quelque chose qui nous invite à faire le bien, qui nous invite à faire la volonté de Dieu, qui nous invite à tenir tête courageusement dans les moments d’épreuve et de difficultés. Nous pouvons le dire à haute voix : nous sommes parfois bien meilleurs que nous le supposons par moment, car l’esprit divin nous rend « saint » intérieurement.

La Toussaint nous invite à regarder par delà la rive. Les Juifs regardaient toujours derrière eux… en Égypte, jusqu’au jour ou Moïse leur dit : regardez devant vous, de l’autre côté de la berge, regardez la Terre Promise, traversez le désert, cela en vaut la peine ! Les martyrs de tous âges et tout temps tenaient aussi à la vie, mais dans les moments clefs d’épreuve de foi, c’est l’Esprit en eux qui invitait à regarder l’autre rive, tel saint Étienne qui annonce : « je vois les cieux s’ouvrir devant moi, et Jésus Christ à la droite du Père. »

Peut-être êtes-vous affligé par la perte d’un être cher, qui vous manque énormément. Dès lors, l’Église vous invite en ce jour : regardez aussi la rive d’en face. La mort n’a pas le dernier mot, c’est une porte qui donne accès à la vie éternelle. Pour qui, croit en Dieu, la mort est une nouvelle naissance, un moment douloureux afin de se réveiller dans un monde nouveau. Lorsque vous êtes confronté au fait, cela semble pénible, mais dès le seuil de la porte franchi, personne ne veut revenir en arrière, tel un enfant qui dès les premiers battements de cœur ne veut plus retourner sommeiller dans le ventre de sa mère.

Si vous avez les yeux de la Foi, vous remarquerez que nos morts vivent dans un pays où la souffrance, la douleur, les larmes, n’existent plus. C’est une pareille foi que j’aimerais souhaiter à chacun de vous en particulier ; une foi en Jésus, qui dit : « Je suis la Résurrection et la Vie, celui qui est mort dans la foi vit en moi, il est vivant ! »

Références bibliques : Ap 7, 2…14 ; Ps 23 ; 1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12

Référence des chants :