Le baiser aux lépreux : Éloge de la joie intérieure
Regardez, frères et sœurs, l’homme qui brave la Loi en s’approchant de Jésus. Voyez ce lépreux qui au lieu de crier « Impur ! Impur ! », s’avance en suppliant : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Quelle foi !
Mai regardez aussi Jésus toucher le lépreux. Quel geste ! J’ai pu le voir faire par des religieuses soignant les lépreux, en Inde. Et je me souviens du baiser de saint François. Mais à l’époque, avec une loi aussi stricte (nous l’avons entendue dans la première lecture), quelle audace ! Jésus n’hésite pas, il laisse parler son cœur, il dépasse sa crainte d’être lui-même souillé physiquement et religieusement. La pureté divine est venue à la rencontre de nos impuretés, physiques peut-être, mais surtout morales ! Qui de nous, en effet, ne se sent pas, à certains jours, indigne de l’amour des autres et de celui de Dieu ?
Dieu touche l’homme au cœur
Qui ne connaît le plafond de la chapelle Sixtine, à Rome, ce chef d’œuvre de Michel-Ange. On y voit Dieu, lors de la création d’Adam, tendant la main vers lui, mais sans le toucher. Et voilà que, en Jésus, le désir divin de rejoindre l’homme se réalise, par-delà même les exclusions de la maladie, mais aussi des lois sociales et religieuses, par-delà toutes les barrières que nous avons mises entre lui et nous et entre nous.
Jésus est saisi de pitié. En grec, il est dit qu’il est remué au plus profond de ses entrailles, mot évoque la matrice maternelle. Il y a en effet, en chacun et chacune d’entre nous, du féminin, de l’émotion, le yin dirait les chinois. Jésus, par là, nous révèle Dieu son Père et notre Père, lui qui nous parle avec les accents d’une mère, ainsi que l’écrit Éric-Emmanuel Schmitt. Ce père qui nous aime comme une mère, disait le père Valensin.
Oui, Dieu veut rejoindre l’homme. Mais les humains s’ingénient à mettre des barrières. Jésus n’hésitera pas à les franchir. Il pratique la « transgression responsable », car pour lui la Loi n’est pas un absolu. Ce qui est premier, c’est l’être humain, à commencer par les exclus, les rejetés. Si Jésus transgresse la Loi, ce n’est pas pour ses avantages à lui, mais pour rejoindre l’autre. Il n’est pas un révolutionnaire qui « casse la baraque », mais quelqu’un qui œuvre à la pleine réalisation de la loi qui, précisément, a pour but de permettre aux hommes et aux femmes de vivre en communauté. Ce n’est pas pour rien qu’il renvoie le lépreux guéri aux prêtres.
Le temps des exclusions est loin d’être terminé ! Toute société en sécrète, et elles sont différentes d’une époque à l’autre. Leurs caractéristiques communes : on ne les voit pas ! Elles sont même parfois inscrites dans la loi. Jésus nous invite à la vigilance, sans naïveté. Il en sait le prix : lui qui a rejoint les exclus sera lui-même exclu. La malédiction qui tombait sur les lépreux tombera aussi sur lui : « Maudit celui qui meurt sur le bois de la croix », dit ailleurs la Bible.
Dans sa lettre aux Corinthiens, Paul présente ce Jésus comme son modèle. Comme lui, il veut s’adapter à tout le monde, sans chercher son intérêt personnel. Nous sommes si forts, parfois, pour nous tisser un cocon avec des lois, des coutumes ou de bonnes habitudes !
La guérison intérieure
Et pourquoi donc Jésus impose-t-il le secret ? Sans doute parce qu’il craint de devenir un guérisseur public spécialisé dans les maladies de la peau ou autres handicaps extérieurs. Or, c’est pour une guérison intérieure qu’il est venu, pour une purification du cœur. Et celle-ci peut s’opérer sans guérison extérieure. Les miracles de l’Évangile, en effet, même s’ils reposent sur des actions réelles de Jésus, sont toujours symboliques d’un cheminement intérieur.
Il y avait, dans la région, un sanctuaire bien connu. Les malades y venaient nombreux. On raconte que, ce jour-là, deux lépreux y vinrent. Le premier demanda tout simplement sa guérison et l’obtint. Quant au deuxième, il fit cette prière : « Seigneur Jésus, je ne te demande pas de me guérir, non, sauf si cela sert ta gloire. Je ne te demande pas non plus de garder mon mal… » Puis il ajouta: « Je voudrais simplement poser ma main sur ta main percée du clou de la croix! » Il posa alors sa main lépreuse sur la main du crucifié, paume contre paume.
Ce lépreux repartit avec sa lèpre. Mais sur son visage, une lumière rayonnait, qui n’était pas d’ici. Même sa laideur de lépreux en devenait belle. Les jours suivants, on le retrouva au bord du chemin, comme auparavant. Mais depuis lors, sa vie était illuminée de l’intérieur. Il lui suffisait de repenser à sa main contre celle percée du clou.
Un jour, un enfant passa par là. Il sanglotait. « Tu pleures, dit le lépreux. Tu as mal? » L’enfant répondit par un silence, puis vint se blottir contre le lépreux qui pleura avec lui. Sans un mot, il posa sa main, celle qui avait touché la main transpercée, sur celle de l’enfant, paume contre paume. Aussitôt le jeune visage se trouva éclairé de la joie qui illuminait à nouveau le visage du lépreux. Depuis lors, bien des gens sont venus poser leur main contre la sienne, paume contre paume. Ils recevaient dans le secret une joie selon leur souffrance. Chacun gardait sa blessure, mais elle devenait ouverture du cœur et passage de l’amour.
Que le Seigneur nous offre cette joie intérieure et qu’elle soit contagieuse bien plus que la lèpre. Ainsi, selon l’invitation de saint Paul, nous pourrons, quelle que soit notre souffrance, rendre gloire à Dieu en toutes choses.

Les chants

Chant d’entrée (Dir. JMG) : Tant qu’il fait jour – L 231-1 – Berthier – C/ 13 & 3 –
C/ Soliste et chorale unisson. R/ Chœur d’enfants unisson – reprise chorale en polyphonie + violons.
Kyrie (Dir. JMG) : p. 6 – Jésus berger de toute humanité
C/ 1 Chœur d’enfants doublé si possible par Petit chœur musé + violons – R/ Chorale en polyphonie.
C/ 2 Enfant soliste éventuellement doublé par Petit chœur musé + violons – R/ Chorale en polyphonie.
C/ 3 Chœur d’enfants doublés si possible par Petit chœur musé + violons – R/ Chorale en polyphonie.
Gloria (Dir. CD) : p. 23 – Gloria – Guillou –
R/ Chœur d’enfants unisson + violons – Reprise refrain par chorale en polyphonie + violons.
Psaume 101 (Dir. JMG) : N’oublie pas, Seigneur, le cri des malheureux – ZL 43-45 –
O. Willemin
R/ Chorale à l’unisson – reprise chorale en polyphonie – pas de violon.
V/ Petit chœur d’adultes polyphonique (Dir. CD) – pas de violon.
Acclamation à l’évangile (JMG) : p. 37 – U 295 – Alleluia de Saint-Augustin
Prélude à l’orgue (Plenum) – Refrain unisson chorale + violons – reprise chorale en polyphonie + violons.
V/ soliste sans violon – R/ chorale en polyphonie + violons.
Après l’évangile : Reprise de l’alleluia par chorale en polyphonie + violons.
Credo (CD) : p. 53 – Je crois en toi, Seigneur… – Berthier (court) – pas de violon.
Le célébrant commence par le 1er couplet – R/ Enfants unisson, reprise chorale en polyphonie.
Intentions (MAG) : Seigneur, notre paix, exauce-nous – Enfants unisson + violons, reprise chorale unisson – pas de violons.
Sanctus (CD) : p. 78 – Saint le Seigneur – Guillou
Prélude à l’orgue (Plenum) – Chorale en polyphonie + violons.
Anamnèse (MAG) : p. 93 – Venu en notre chair – C 72 – H. Veysseyre – Chorale (du PP au F) + violons.
Doxologie (MAG) : p. 102 – Lecot – pas de violon.
Notre Père (MAG) : p. 113 – Rimsky – chorale en polyphonie – pas de violon.
Doxologie (MAG): Rimsky – pas de violon.
Agnus (MAG) : Agneau de l’alliance nouvelle – A 240-1 – Berthier
C/ 1- Enfant soliste + violons – Contrechant soliste
C/ 2- Enfants solistes ( environ 7) + violons – Contrechant soliste
C/ 1- Choeur d’enfants soliste + violons – Contrechant soliste
Chant de communion (JMG): Tenons en éveil… – C 243-1 – Berthier – C/ 1, 2, 4 (Voir chef).
Alternance : soliste – chorale en polyphonie + violons – soliste – chorale en polyphonie + violons
Pour lui rendre… Chœur d’enfants (rythme plus lent) + violons.
R/ Chorale en polyphonie avec le Chœur d’enfants + violons.

Œuvres d’orgue

Après l’homélie : méditation
Choral: An Wasserflüssen Babylon – BWV 653 – J.S. Bach (1685-1750)
Offertoire
Variations sur un chant Breton – Paul Barras (1925-)
Organiste belge né à Chaumont-Gistoux le 29 juin 1925.
Il apprend la musique très jeune, en jouant du piano.
Non-voyant, il entre à l’âge de sept ans à l’Institut Royal des Aveugles de Woluwe-St-Lambert où, parallèlement à la formation générale, il reçoit un enseignement musical comprenant de nombreux cours : piano, violon, orgue, flûte, clarinette, chant, harmonie, contrepoint et chant grégorien.
Il entre ensuite à l’Institut Lemmens, où il est l’élève de Flor Peeters pour l’orgue, de Monseigneur Jules Van Nuffel pour le chant grégorien et Marinus De Jong pour le contrepoint.
Il fréquente ensuite le Conservatoire d’Anvers et y décroche un diplôme supérieur d’orgue. Il est aussi lauréat de nombreux concours internationaux.
Communion (Prélude et postlude au chant)
Thème, variations et fugue – Richard Frèteur (1907-1988)
Organiste belge né à Morlanwelz le 7 mai 1907.
Affecté dès l’enfance par un handicap visuel, il a été formé par l’Institut des Aveugles à Bruxelles, où il a appris entre autres le métier d’accordeur de pianos. C’est son père, lauréat de l’Institut Lemmens, qui l’a initié à l’orgue.
Sortie
Prélude et fugue en do mineur – Vincent Lübeck (1656-1740)

Références bibliques : Lv 13, 1-2.45-46; Ps. 101; 1 Co 10, 31-11,1; Mc 1, 40-45

Référence des chants :