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Grâce à un traitement de faveur de la part d’Hérode, il peut voir ses disciples, et il les envoie enquêter : " Allez rapporter à Jean ce que vous voyez et entendez : les aveugles voient, les boiteux marchent etc…. "
 Que faut-il comprendre de cette réponse ? Que Jésus nous invite à lire les écritures pour donner sens à notre vie ? Ou, que sa venue va éclairer les écritures ? C’est une piste de réflexion, que nous pourrions entamer… Mais, ce matin, je voudrais voir avec vous, comment l’exemple de Jean-Baptiste peut nous aider à guider notre vie, nos choix, notre mission de baptisé.

D’abord, regardons : il vit au désert, s’habille de vêtements simples et se nourrit tout aussi simplement. Il vit une période charnière entre l’ancien et le nouveau testament. La mission qu’il engage, c’est de préparer la venue du Seigneur, en écoutant, en disant ce qu’il pense ; nous l’avons entendu dimanche dernier, même violemment. Mais, en aucun moment, il se prend pour le chemin ou l’homme de l’accomplissement : il se met au service.

Période charnière ?
 N’y sommes-nous pas, face aux changements rapides de la société ? toujours plus d’indifférence, d’individualisme ; toujours plus vite, toujours plus de moyens…

Nous autres, baptisés, enfermés dans cette prison de toujours plus, nous nous posons la question de Dieu. Quel est-il ce Dieu qui se met à l’écoute au service des autres et qui annonce : " Je suis le chemin, la vérité et la vie " ?
 A l’exemple de Jean-Baptiste, notre mission ne serait-elle pas, non pas de révéler le Christ, mais d’orienter vers lui, d’indiquer la direction, d’écouter, de conduire à lui ; de participer par notre proximité auprès des hommes à l’attente de sa venue dans le coeur de chacun ?
 L’attente profonde, le temps de l’attente ? Profitons de ce temps proposé par le calendrier liturgique pour être plus attentif à l’attente de chacun.

Derrière cet homme avide de besoins financiers, de reconnaissance matérielle, se cache peut-être une attente de vérité, de confiance ? Cet autre qui refuse de communiquer est peut-être en recherche d’écoute et de compréhension ? Que dire de celui qui semble indifférent à tout : qu’il cherche un vrai sens à donner à sa vie ?
 Derrière tous ces jeunes " en mal de notre société " se cachent, et je les ai entendus, de profondes attentes de justice, de reconnaissance, de solidarité….
 Attente aussi, au coeur de notre Eglise. A cause de notre fonction ou de notre ministère, prenons le temps de discerner les attentes de tous les acteurs qui veulent vivre la coresponsabilité, ils se sentent appelés à vivre ensemble la même mission.

A travers toutes ces attentes, nous le voyons bien, nous sommes appelés comme Jean-Baptiste à essayer de faire reconnaître à tout homme, le sens qu’il donne à sa vie, la profondeur spirituelle dont il est porteur : s’il le souhaite !
 Car même si c’est important, le sens de la vie n’est pas seulement de produire, de consommer, de rechercher le pouvoir ; mais bien de se mettre au service de l’autre, d’aimer et d’être aimé. Il s’agit en rencontrant les autres de les aimer comme Jésus les aime, ave pour seul désir, de leur révéler l’Amour du Père.

C’est peut-être cela aujourd’hui notre mission : non pas transmettre la foi, mais aider à la recherche, à la découverte de Dieu ; préparer le chemin et aider à sa venue dans le coeur de chacun. Acceptons nous aussi, comme Jean-Baptiste, des périodes d’interrogations : " Oui Seigneur, es-tu celui qui doit venir ? "
 

Références bibliques :

Référence des chants :