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« Le pardon, une puissance de résurrection »

Frères et sœurs bien-aimés de Dieu. Christ est ressuscité !

Au soir de Pâques, les disciples sont rassemblés, mais les portes de la maison où ils se tiennent sont verrouillées. La peur les tenaille, peur pour leur vie, peur de subir le sort de leur maitre. Jésus leur a dit avant sa passion : « on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom ». (Lc 21,12.)

La peur de l’inconnu, les hésitations, le doute sont à l’œuvre en eux. Les portes du Cénacle mais aussi celles de leur cœur sont fermées à double tour. La foi du disciple bien aimé, le témoignage de Marie-Madeleine n’ont pas suffi pour les faire sortir de leur désarroi, de leur tristesse, voire de leur culpabilité devant la débâcle qu’ils ont connue. Le souvenir de leur fuite, du reniement, de l’abandon du maitre les habite.

Jésus vint ! C’est bien Lui. En son corps marqué par les plaies il donne à voir la puissance de la résurrection. Ressuscité Jésus rejoint la peur et la culpabilité des disciples comme il a rejoint la tristesse et la quête de Marie-Madeleine ainsi que le découragement et la perte d’espérance des disciples d’Emmaüs. Visage du Père miséricordieux,  Jésus ressuscité n’est pas  indifférent à ce qui arrive à ses disciples. Le cœur attentif à ce qui leur fait mal, Il vient et les apaise.

Aucun reproche, comme nous le faisons souvent en forme de : « je vous l’avais bien dit », mais une parole qui fait la paix : « La paix soit avec vous ». Les disciples passent alors de la peur et de la culpabilité à la joie. La pierre de leur cœur est brisée. Les voici suscités par le Seigneur ressuscité. Son regard ne les condamnent pas, il les relève et révèle à leur propre regard et au regard des autres que leurs vies ne sont pas des impasses. Un passage, une Pâque est possible. Leurs vies, nos vies peuvent toujours changer.

Jésus ressuscité transforme l’existence des disciples. Les voici remis debout, illuminés. Hier comme aujourd’hui, Jésus Ressuscité transforme nos vies comme Il a suscité la vie des baptisés de Pâques : 35 dans le diocèse de Chartres, 4503 en France et combien dans le monde ? Ils éprouvent depuis une semaine la joie d’être sauvé, la joie de vivre de l’Esprit, la joie du pardon des péchés qui relève, la joie d’une vie nouvelle dans le Christ. Avec eux et avec l’apôtre Pierre nous pouvons bénir « le Père de notre Seigneur Jésus-Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaitre pour une vivante espérance ». (1 P, 1,3)

Mais ce n’est pas tout. Restaurés dans notre dignité humaine et nos relations fraternelles par le regard du Christ Ressuscité, non seulement notre vie change, mais nous sommes entraînés dans ce regard miséricordieux de Dieu. Jésus demande à ses disciples de poursuivre sa mission : « comme le Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie ».

Jésus les envoie dans le souffle de l’Esprit, car cette mission est le service d’une vie nouvelle, le service d’une nouvelle création. Il les envoie en leur insufflant son esprit comme Dieu insuffle son esprit à l’homme dans le livre de la Genèse (Gn 2,7) ou sur les os desséchés dans le livre d’Ézéchiel (Ez 27) – le même verbe grec  est ici utilisé.

Jésus recrée ses disciples pour servir la puissance de la résurrection dans le pardon des péchés. Il envoie ses disciples témoigner de la miséricorde de Dieu dont ils ont été les premiers bénéficiaires.  La miséricorde de Dieu est contagieuse ! « A qui vous remettrez les péchés, ils seront remis ».

Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, pardonnés de Dieu, le pardon est remis entre nos mains comme une force de résurrection. Le Seigneur la confie à ses apôtres, et à ceux dont Il fait les  ministres du sacrement de pénitence et de réconciliation. Le Seigneur la confie à chacun de nous, « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

Cette puissance de résurrection qu’est le pardon vécu ouvre aussi à de nouveaux modes de vie comme dans la première communauté chrétienne. Dans le pardon donné et reçu, dans les réconciliations même partielles que nous vivons, nous expérimentons la puissance et la joie de la résurrection qui maintiennent ouvertes les portes de nos vies sur une vivante espérance, un  à – venir de Dieu « qui est l’aboutissement de notre foi ».

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » En ce premier jour de la semaine où nous célébrons la résurrection du Seigneur Jésus, rendons grâce au Seigneur du don de la foi, « rendons-grâce au Seigneur : il est bon. Eternelle est sa miséricorde ! Amen