Je fais un don

En ces mois d’été, mois de voyages, de rencontres, quoi de plus essentiel que l’accueil ?

Oui, quoi de plus fondamental, pour chacun de nous, qu’ une hospitalité bien vécue, où chacun y met du sien ?

De cette hospitalité, la Bible, aujourd’hui nous offre deux exemples : l’accueil par Abraham, de ses divins visiteurs à Mambré ; l’accueil par Marthe et Marie, de Jésus, leur divin maître, venu dans leur maison.

"Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour. Levant les yeux, il voit trois hommes qui se tenaient debout devant lui" nous raconte le Livre de la Genèse (18, 1).

Avec un empressement qui en dit long sur ses réflexes hospitaliers, Abraham court à leur rencontre, se prosterne et salue avec déférence celui qu’à travers les visiteurs, il reconnaît comme son Seigneur.

Il fait apporter l’eau et laver les pieds des visiteurs, leur offre de se reposer à l’ombre, fait confectionner les galettes de pain et invite à reprendre des forces. Il court ensuite au troupeau, y choisit un veau gros et tendre et le fait servir à ses hôtes. Il y ajoute le pain, le fromage et le lait. Quel accueil, quelle générosité, quelle attention à tous les besoins de ses visiteurs !

L’hospitalité d’Abraham aurait pu en rester là, à cette promptitude à répondre aux besoins essentiels de ses hôtes. Non seulement tout cela est fait et bien fait, mais s’y ajoute la présence attentive et gratuite du maître des lieux. Écartant toute autre activité, Abraham se tient près d’eux, sans rien dire, rempli d’une profonde attention. Ainsi offre-t-il et sa table et son cœur, ses biens matériels et son attention spirituelle. Au 15e siècle, le peintre Roublev immortalisa l’événement par la très célèbre "icône de la Trinité". Plus récemment, un autre grand peintre russe, Marc Chagall, représentera la scène en un autre émouvant tableau : on y voit les trois anges attablés, Sara apportant une coupe pour le repas, tandis qu’Abraham se tient debout derrière ses hôtes. Il est inactif mais très attentif, le visage étonné et grave, contemplant ses visiteurs qu’il reconnaît comme les messagers de Dieu. De fait, les anges demandent : "Où est Sara, ta femme ?","à l’intérieur de la tente" répond-il. Le voyageur reprend : "je reviendrai chez toi dans un an, et à ce moment-là, Sara ta femme, aura un fils !"

Quel merveilleux échange où celui qui offre l’hospitalité reçoit bien plus encore : la grâce divine par excellence, le don de la vie quand celle-ci ne semblait plus possible.

De cet événement si important, de cette admirable et féconde hospitalité, l’épître aux hébreux se souviendra, en rappelant aux chrétiens : "N’oubliez pas l’hospitalité, car c’est grâce à elle que quelques-uns, à leur insu, hébergèrent des anges !" (Héb 13)

Comme en écho à cette hospitalité d’Abraham, l’Évangile de ce jour nous rapporte celle de Marthe et Marie, à l’égard de Jésus.

Comme à Mambré, mêmes préoccupations matérielles pour bien recevoir l’hôte : "Marthe, précise saint Luc, était accaparée par les multiples occupations du service" ; même attention au visiteur de marque : " Marie, se tenant aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole".

Tout débutait bien, mais la jalousie se glissa dans l’esprit de Marthe et l’opposa à sa sœur Marie : "Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider" reproche Marthe. La réponse de Jésus ne se fit pas attendre, rappelant les enjeux d’une complète hospitalité, et invitant au spirituel au-delà du matériel : "Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée".

Quelle leçon pour les deux sœurs et pour nous-mêmes ! La réponse de Jésus à Marthe ne méprise pas le généreux dévouement, mais l’invite à ne pas mépriser sa propre sœur. L’accueil matériel est incomplet s’il manque l’écoute du cœur. Marthe faisait bien d’apprêter la maison en y mettant toute son ardeur. Mais elle y mit aussi, hélas, une possessive fierté qui l’autorisait, pensait-elle, à juger sa sœur inactive. Le don gratuit s’était transformé en appropriation et en jugement. L’erreur de Marthe, nous la faisons si souvent, dans la vie quotidienne… Dévoués, nous le sommes mais, parfois, au risque de la vanité : "je fais tellement, mais que font donc les autres !". En jugeant, nous n’aimons plus, nous nous enfermons dans une suffisance stérile.

La réponse de Jésus fut nette, coupant court à toute rivalité. Nul doute qu’en quittant la maison, Jésus remercia, sincèrement, l’une et l’autre des sœurs. La première pour son service matériel, la deuxième pour son écoute si précieuse, et les deux pour leur commune affection.

Sœurs et frères, puissions-nous offrir à toute personne accueillie, comme au Christ, et le dévouement de Marthe, et l’écoute de Marie. Puissions-nous offrir, sans rien opposer, notre cœur autant que nos mains, l’affection et la table, les fleurs avec le pain…

Depuis la venue de son fils, Dieu a élu hospitalité chez nous. Mesurons bien l’honneur qui nous est fait : Sans cesse, dans la prière, disons merci !

Maintenant, disposons nos cœurs à recevoir le Christ, dans cette eucharistie.
Et cette semaine, aux diverses tables où nous nous assoirons, prenons le temps de partager non seulement le pain et le vin, mais aussi ce qui habite nos pensées et nos cœurs : secrètement, Dieu y est présent !

Références bibliques : Gn 18, 1-10 ; Col 1, 24-28 ; Lc 10, 38-42

Référence des chants :

Moment

Cote

Titre

Paroles

Musique

Entrée

A 20 70

Dieu nous eveille à la foi

CFC

BARTHES

Pénitence

 

Kyrie en Fa majeur de Lourdes

LECOT

LECOT

Gloria

 

Gloria de Lourdes

AELF

LECOT

Psaume

 

Psaume du 16ème dimanche

cnpl

DEISS + LANGREE

Alléluia

 

« par la musique »

DP

SCHUTZ

P.U.

EMB 20 99

Notre père.

SCOUARNEC

SCOUARNEC

Sanctus

AL 183

Sanctus de la messe pour un dimanche

AELF

L. GUILLOU

Anamnèse

D 293

 

LECOT

G. KIRBYE

Doxologie

   

missel

 

Agnus

AL 192

 

AELF

J.M. VINCENT

Communion

D 308

Pour que nos coeurs

Richard Walther

SCOUARNEC

Fin

 

Odile réveille notre foi

Claude BERNARD

:mélodie populaire