Il arrive trop souvent que des gens qui parlent une même langue ne se comprennent finalement pas. Ils parlent certes les uns aux autres, mais communiquent à des niveaux différents. Ces personnes ne se comprennent pas, parce qu’il leur manque une attention réciproque.

En cette fête de la Pentecôte, nous avons entendu dans la première lecture que le Saint-Esprit donne aux disciples la capacité de se faire comprendre. Ils ont fait l’expérience d’être compris. La Parole de Dieu est désormais entendue par des personnes dont ils ne soupçonnaient pas la capacité de compréhension. Ainsi, non seulement la langue joue un rôle, mais aussi le contexte culturel. Les disciples se sont entendus et se sont compris par le Saint-Esprit, qui a placé en chacun d’eux cette capacité de comprendre l’amour de Christ. Quelle expérience cela a dû être pour les disciples !

Chaque baptisé, chaque enfant de Dieu, est porteur du Saint-Esprit. En chacun de nous, se trouve cette faculté de regarder au-delà des frontières. En nous, se trouve la capacité de faire véritablement cette expérience de l’Amour de Dieu, et de le partager aux autres. C’est une mission énorme, et un objectif qui n’est pas encore atteint aujourd’hui. Car, malgré le fait que nous avons une base commune en Jésus Christ, nous sommes encore trop souvent divisés : dans nos paroisses et nos communautés religieuses, dans tous les pays et à travers les continents. Notre compréhension de l’autre —pourtant enracinée dans notre foi en Jésus Christ— est cependant obscurcie par nos propres intérêts, par nos choix politiques et souvent aussi par la peur.

La Pentecôte n’est-elle pas cette fête dans laquelle il nous est rappelé que les disciples de Jésus ont su surmonter leur peur ? Ils ont réalisé qu’aux yeux de Dieu, il n’est pas question d’ego, de « moi » ou de « toi », mais d’un « nous ». Le Saint-Esprit n’a-t’il pas donné aux disciples le pouvoir de franchir leurs propres murs et d’approcher les autres ouvertement, sur la simple base du commandement du Christ de nous aimer les uns les autres ?

Frères et sœurs, en cette période, nous commémorons de diverses manières, la fin d’une guerre qui a déchiré notre continent et causé une profonde misère. Il y a encore bien des divisions. Aujourd’hui, en tant que chrétiens animés par l’Esprit, puissions-nous travailler à combler les différences de langues et de cultures, construire des ponts entre nous et rechercher la force dans l’unité. Puissions-nous faire l’expérience maintenant d’être unis par l’Esprit, autour de la Table de l’Eucharistie ; d’être toutes et tous enfants de Dieu.
Et que la langue de l’amour de Dieu puisse résonner en nous pour toujours. Amen.