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 Eucharistie et Charité s’embrassent

Vous est-il déjà arrivé de tomber follement amoureux ? C’est fou comme notre cœur devient alors ingénieux et notre tendresse inventive ! Quand la distance nous sépare de l’être aimé, téléphone, fleurs, photos, sms, mails, comblent le creux de l’absence devenue insupportable.  Mais, même mille cadeaux ou attentions, ne peuvent remplacer le face à face de deux êtres qui s’unissent dans un baiser.

Ainsi Jésus, amoureux fou de l’humanité, la veille de sa mort, noue dans la cène une alliance de tendresse, culminant dans le don du pain et du vin. Prenez, buvez : c’est moi ! Comment reculer devant une telle invitation ? Et dire qu’il y a encore tant d’affamés qui se privent d’un tel festin ! Dommage que devant cet aliment divin, même entre chrétiens, au lieu de pouvoir le consommer ensemble dans l’action de grâce, nous nous querellons encore pour savoir ce qu’il est réellement. Quelle tristesse !

Cher ami, Tu cherches  Dieu ? Il est présent dans le pain consacré. Tu souhaites communier à sa mort et à sa résurrection ?  C’est lui qui vient se perdre en toi pour t’absorber entièrement en lui. Tu veux rencontrer Jésus Christ en personne ? Regarde autour de toi, il est aussi là dans le visage de ton frère.

En chaque église, Dieu veille jour et nuit dans l’attente de nouveaux rendez-vous avec toi. Au cœur de la ville bruyante, dans l’église de campagne presque abandonnée, dans la chapelle de l’hôpital ou de la maison de retraite, il est présent dans le silence, il écoute ta prière, il veut parler à ton cœur.

Oui, l’Eucharistie est la plus belle invention de l’amour de Jésus. Combien de temps passeras-tu près de lui, sans le reconnaitre dans ce pain quotidien au goût d’éternité ?  Sans besoin eucharistique, tu es sûrement évangéliquement malade !

Si tout à l’heure tu communies au corps du Seigneur, tu seras nécessairement renvoyé à la fin de la célébration vers les pauvres, les malades, les blessés de la vie, pour leur partager l’amour reçu. Rempli de la tendresse de Dieu, tu ne peux jamais te résigner à les voir affamés et misérables.

A bien y réfléchir, la Fête du St Sacrement réconcilie la présence de Dieu dans nos églises et la présence de Dieu dans la rue. Conduire aujourd’hui en procession dans les rues, le Seigneur Ressuscité, présent dans le pain consacré, n’est-ce pas rapprocher l’Eucharistie de la vie de l’homme ? C’est la mêler à la pâte humaine la plus quotidienne, pour qu’elle devienne un ferment  d’amour, au cœur même de toutes nos banalités.

A la fin de sa vie, le penseur Blaise Pascal, frappé par la maladie, ne pouvait plus communier, il lui était impossible d’avaler l’hostie. Il demanda alors à son aumônier de faire venir dans sa chambre un mendiant. Très faible, il lui offrit son propre lit, lui-même s’installant dans un vieux fauteuil. Il dit alors à l’homme d’Eglise « communier à l’hostie ou communier à un pauvre, c’est la même chose ».

Oui frères et sœurs, l’adoration nous invite à poser un regard de tendresse sur la personne faible, fragile, vulnérable ;  ne l’oublions pas, seul l’homme est sacré.  Avant de « donner sa chair à manger », Jésus a d’abord multiplié le pain et rassasié la foule tenaillée par la faim.

Eucharistie et Charité s’embrassent. Amen