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C’est une grande joie qui nous inonde aujourd’hui. Joie de la rencontre de Marie et d’Élisabeth, et joie qu’elles ressentaient en leur sein. Joie de l’apôtre Paul et de sa communauté à Corinthe, car le Seigneur ressuscité fera lever les morts au dernier jour. Joie, enfin, chez l’évangéliste Jean, dans sa vision des derniers temps où les forces du mal seront vaincues. La joie qui résonne chez ces témoins de la foi est plus qu’un sentiment passager, bien plus profonde que tous les mots d’encouragement que nous connaissons et qui, belle et douce idéalisation sont destinés à nous remonter le moral. Cette joie a pour fondement la réalité nouvelle apportée par le Christ. Elle est le fruit de cette espérance indestructible que nous sommes destinés à vivre pleinement, éternellement.

Cet espoir contraste totalement avec notre manière de considérer la vie. La crainte d’une mort inéluctable nous habite. Notre quête de bonheur est aigrie par la souffrance qui nous entoure : injustice, violence, faim et catastrophes nourrissent nos craintes. Nous nous raccrochons au pauvre bonheur que nous rencontrons, nous acceptons la vulnérabilité et la fragilité de notre vie ou nous la fuyons. Est-ce là la vérité sur notre vie ? Devons-nous accepter dans la tristesse et l’impuissance, cette rude réalité comme notre sort ? Ou bien y a-t-il une autre réalité qui nous montre qui nous sommes vraiment et à quoi nous sommes destinés ?

Marie et Elizabeth sont les témoins de cette nouvelle réalité. Elles nous montrent que pour Dieu, rien n’est impossible, et que l’humainement possible ou impossible ne lui est pas une limite. Élisabeth, vieille et incapable de concevoir, attend un enfant par la puissance de Dieu : Jean, le Baptiste. Il ouvrira les yeux et les oreilles du peuple de Dieu pour qu’il reconnaisse le Messie, si longtemps attendu. Marie est jeune avec la vie devant elle, mais le Seigneur voit les choses différemment. Il souhaite que Marie voit la vie de tous les hommes devant elle, la vie nouvelle de la création nouvelle. Elle porte l’Homme Nouveau en elle. Son Fils accomplira ce qui avait été annoncé par les prophètes : les puissants seront jetés de leurs trônes, il élèvera les humbles, il comblera de biens les affamés et les riches, il les renverra les mains vides. La miséricorde de Dieu l’emportera. Marie le chante, de tout son cœur dans son Magnificat. Les paroles anciennes sont devenues actuelles, l’espérance est devenue réalité.

C’est de cette nouvelle réalité que nous vivons depuis notre baptême, dit Paul. Nous avons reçu l’Esprit Saint et le Christ est venu vivre en nous. Nous avons enlevé le manteau de la fragilité, du péché et la mort, pour revêtir celui de la Résurrection du Christ. Loin de toute crainte de la mort qui n’a plus aucune puissance sur nous. Comme le dit la prière eucharistique, nous passons de la mort à la vie nouvelle, où le Christ nous a préparé une place et où Marie et tous les saints nous ont précédés.

Vision des cieux et de la terre nouvelle où tout ce qui est ancien est dépassé : plus de faim, de mal, de guerre, de haine, d’injustice et de larmes. Cette vision a débuté dans le Christ.
Frères et sœurs, rien d’étonnant à ce que beaucoup viennent vers Marie pour lui confier les soucis de la vie. C’est à chaque fois une rencontre dans la joie, comme du temps d’Élisabeth. Qui se rend chez Marie, y trouve son Fils et la Nouvelle Vie qu’il offre !

Qui l’écoute, entend : « Faites ce qu’il vous dira », et trouve le courage de s’en remettre à Dieu. Qui regarde Marie, voit son propre avenir car comme elle, nous ne sommes pas voués à la mort mais promis à la Vie. Cette fête qui est la sienne est dès lors aussi la nôtre. Fêtons-la dans une joie sincère.

Références bibliques : Ap 11, 19a; 12, 1-6a.10ab; Ps. 44; 1 Co 15, 20-27; Lc 1, 39-56

Référence des chants :