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Jésus l’avait promis : « Je vais vous préparer une place et lorsque je reviendrai, je vous prendrai avec moi, afin que vous soyez là où je suis. » C’est ce que fait Jésus avec Marie. Il l’élève, en son âme et en son corps, dans la demeure qu’il lui a préparée auprès du Père. Pourtant il n’est pas encore revenu alors pourquoi cette hâte ? C’est l’ultime miséricorde du Père pour celle qui a toujours été en communion avec son Seigneur. Une communion de vie, où, dès le départ, son Immaculée Conception, la Croix était présente. Car, voyez-vous, rien n’a été si facile pour Marie.

Elle porte le Sauveur dans son sein, mais sans être mariée. Elle met au monde son Dieu, mais dans le froid d’une étable. Elle doit fuir dans un pays étranger et savoir que des enfants ont été tués par Hérode. Elle élève Jésus, mais en acceptant qu’il lui dise, comme au recouvrement : « Ne savais-tu pas que je dois être aux affaires de mon Père ? » Elle se réjouit de la fécondité de la vie apostolique de Jésus, mais souffre des incompréhensions et des rejets dont il est victime. Aux heures de la Passion, elle reste debout, toujours fidèle, portant toute la foi de l’Église jusqu’à la résurrection et la Pentecôte. Que de « Mystères » Marie a portés dans son cœur ! Aucun ne l’a révoltée, ne l’a éloignée de Dieu. Chacun l’a poussée à méditer, à prier, à s’abandonner entre les mains de son Seigneur. Car la vie de Marie a d’abord été une vie de foi et de confiance en la Parole de Dieu, une vie d’espérance en la victoire de l’Amour sur le Mal, une vie de charité où l’amour commandait toutes ses actions comme au jour de la Visitation. C’est ainsi que les « oui » successifs de Marie ont changé le cours de l’humanité.

Accueillant sans réserve la volonté du Père, elle a reflété la gloire de Dieu mais de manière si discrète qu’on pouvait passer sans la remarquer. Aujourd’hui, le Père se souvient de sa promesse et il fait monter Marie au Ciel. La gloire de Dieu resplendit en elle, en son âme et en son corps. Dieu la donne désormais comme Mère à tous ses disciples, à chacun de nous. Et c’est bien ainsi que nous la prions et qu’elle nous répond dans les mystères du Rosaire. À l’Annonciation, elle te dit : « Accueille la Parole pour qu’elle prenne chair en toi. » À la visitation, elle te dit : « Ne garde pas pour toi les trésors que tu as reçus. » À Cana, elle te dit : « Fais tout ce qu’il te dira. » À la Cène, elle te dit : « Offre ta vie avec Jésus. » À la Croix, elle te dit : « Dans l’adversité, ne perds pas courage, reste uni à Jésus. » Au cénacle, elle te dit : « Ouvre ton cœur et ton intelligence à l’Esprit Saint. » Et à l’Assomption, elle te dit : « Le ciel est ta vocation, le bonheur auquel tu es appelé. Il n’est pas celui que le monde te promet, mais il te remplira d’une joie que nul ne peut enlever ! » Frères et sœurs, c’est ça le Rosaire.

Prière de Marie qui, après avoir donné naissance à Jésus en ce monde, veut lui donner naissance dans notre vie et nous soutenir dans nos combats contre le mal.

Prière de Marie qui nous apprend à ne pas avoir peur de notre petitesse, de notre fragilité, qui nous apprend à nous approcher du Père qui veut nous donner son pardon.

Prière de Marie qui nous engendre à la vie de la foi, de l’espérance et de la charité en nous montrant le vrai bonheur, celui d’une vie qui se reçoit de Dieu et qui retourne à lui.

Alors sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour ceux qui s’en remettent à Jésus, aujourd’hui, par la télévision. Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Et qu’ensemble nous reprenions le Magnificat. Amen.