« Je vous prépare une place »

Cette page de l’Evangile nous remet en mémoire le dernier repas de Jésus avant la fête de Pâques. Jésus livre son testament. Eh bien, un testament n’est ouvert qu’après la mort de celui qui l’a dicté. Cela veut dire pour nous, frères et sœurs et vous tous téléspectateurs, que ces paroles de Jésus peuvent résonner profondément pour chaque génération et donc pour tous ceux qui veulent devenir ses disciples.

Jésus nous dit que le moment est venu pour lui d’aller au Ciel et nous promet que là, il nous préparera une place, pour nous qui voulons être ses disciples. Ce chemin nous paraît tellement un monde inconnu et pourtant nous devons nous y préparer dans une grande espérance face à une telle rencontre.

Jésus parle à ses apôtres de chemin et d’un chemin difficile, car le chemin de Jésus va passer par la mort. Nous-mêmes avons du mal, la plupart du temps, à comprendre le sens du chemin. Et beaucoup d’hommes et de femmes au cours des siècles peuvent embrasser beaucoup de sacrifices mais sans s’appuyer sur le Christ. Or le Christ nous montre qu’il est notre chemin et que c’est sur lui que nous pouvons marcher. Le chemin que nous faisons avec lui est marqué par la hauteur et la facilité, même s’il nous paraît au départ ardu, plein d’âpretés. Hauteur parce qu’il nous achemine vers son Père et notre Père, facilité parce qu’il a parcouru pour nous ce chemin et qu’il est Lui-même ce Chemin.

Pour mieux comprendre cela, je vous invite, en ce jour, frères et sœurs, à regarder quelques instants le chemin des ‘nouveaux saints’ que sont François et Jacinthe de Fatima, canonisés en ce jour dans cette ville du centre du Portugal où la Vierge Marie est apparue il y a exactement un siècle, à partir du 13 mai 1917. La Vierge Marie se présente dès le début en disant : « Je suis du Ciel ». Et les enfants par l’intermédiaire de Lucie, la troisième voyante, lui demandent quelle sera leur place au Ciel. La Vierge Marie annonce clairement à François et à Jacinthe qu’ils iront bientôt au Ciel, et qu’ils auront à souffrir, à offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs et pour la Paix dans le monde. La présence de cette dame céleste les imprègne d’une telle paix et d’une telle intensité qu’ils vont mûrir très vite spirituellement. Ils vont assumer avec une ardeur nouvelle leur lot quotidien de souffrances et d’incompréhensions y compris au sein de leurs familles. Leur ouverture de cœur et leur compassion vont être démultipliées. Et de fait, François meurt en 1919 et Jacinthe en 1920, alors que Lucie, qui deviendra bien des années plus tard sœur carmélite, aura un long chemin à parcourir jusqu’en 2005. Pendant cette longue période, le Cœur maternel de Marie sera son refuge, lui dira la Vierge Marie.

Deux enfants morts très vite et Lucie qui entrera dans la vie religieuse et quittera ainsi Fatima pour toujours et voilà que ce lieu s’imposera de lui-même comme un lieu majeur de prière pour la Paix dans le monde et un lieu qui nous invite à rejoindre le mode prophétique par lequel Dieu peut nous rejoindre dans nos profondeurs. Comment ? Comme les trois enfants de Fatima, nous recevons tous un appel à imiter le Christ, à le suivre. Car le Christ est notre chemin à tous. Et si la Vierge se manifeste, c’est parce que notre Mère du Ciel ne peut pas ne pas vouloir le bien de ses enfants. Elle veut nous éloigner du Mal ; elle vient nous réveiller de notre torpeur et de l’ignorance de notre péché. Elle nous dit que le Christ, l’Amour fait miséricorde pour le monde, n’est pas aimé, n’est pas reconnu. Et cela peut avoir des conséquences incalculables dans la vie de l’humanité. Jésus est notre chemin, il a parcouru le chemin qui nous rapproche de Dieu, notre Père et son Père.

Certes, il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père, mais les chrétiens, nous avons un grand, un immense trésor à partager, et pauvres de nous si nous ne le partageons pas. Notre place, ici-bas, est celle du service et du témoignage concret. Mais ce service, nous devons l’opérer au nom de Jésus afin qu’il porte du fruit pour le monde. « Hors de Moi, vous ne pouvez rien faire », dit Jésus, selon ce que rapport saint Jean dans son Evangile.

L’importance de Fatima pour l’Eglise et pour le monde c’est le fait que ce lieu a créé une grande capacité de réveil et de conversion rendant les cœurs disposés à accueillir la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu Sauveur. Il dépend de nous, avec urgence, de vivre avec Lui, en Lui, afin que le monde vive.

En tout, frères et sœurs, nous devons nous laisser entrainer par le Christ, dans une communion tellement profonde et joyeuse qu’il puisse faire passer en nous toute sa vie de ressuscité. Ainsi nous pourrons devenir les pierres vivantes et offrir toute notre vie au Seigneur, afin que nos vies puissent porter un fruit abondant comme celles de François, Jacinthe et Lucie.