Je fais un don

Il y a des petits riens qui changent la vie, s’ils sont l’expression d’une amitié sincère ou d’un amour vrai : des regards qui bouleversent, des mots qui redonnent confiance : « Bonjour », « merci », « pardon ». Dire « je t’aime », dire « mon ami »… Un sourire, une poignée de main, un baiser…

L’évangile de ce jour nous transporte au Temple de Jérusalem où Jésus se trouve avec ses disciples au terme d’une longue route. Les affrontements avec les autorités religieuses ont été rudes : Jésus sera bientôt arrêté et condamné : il le sait. Le voici, là, assis, qui regarde les gens qui déposent leurs offrandes dans le trésor.

Dans la foule, il remarque quelqu’un et un geste parmi d’autres : une femme, une pauvre veuve dont l’offrande touche son coeur. Jésus y reconnaît son propre destin : cette femme, qui n’a plus aucun appui humain, aucune ressource, dépose deux piécettes, mais elle donne tout ce qu’elle a pour vivre !

Jésus n’admire pas les gens riches qui versent de grosses sommes. Ce qui compte pour lui c’est autre chose. Les riches donnent de leur superflu, et ne prennent aucun risque. Cette femme veuve, au contraire, prend un risque vital, comme autrefois celle de Sarepta dont nous parlait la première lecture. Des femmes seules, ayant perdu leur mari et les revenus de son travail, et aussi la considération.

Des femmes démunies de protection, dépouillées par les Lévites, les percepteurs de l’impôt. Cette femme remarquée par Jésus représente la condition humaine dans sa fragilité et sa pauvreté.

Néanmoins, ces deux femmes font preuve d’une foi, d’une confiance exemplaire en Dieu. À travers le pain partagé et les piécettes offertes, ces femmes font le don de leur vie. Elles s’abandonnent à la Providence « qui prend soin de la veuve et de l’orphelin ».

Aujourd’hui encore, quels contrastes entre :

– D’un côté, la richesse des uns : compagnies pétrolières, grandes entreprises multinationales annonçant des bénéfices records, tout comme la réussite insolente de ces jeunes chefs d’entreprises appelées « start up », ou encore ces magasins de luxe où se pressent foule de gens aisés ;

– Et de l’autre côté, la grande pauvreté de millions de travailleurs en situation précaire et de chômeurs, érémistes et smicards !

En nous proposant cette femme veuve et sa générosité en exemple, Jésus ne nous pose-t-il pas quelques questions pour notre vie aujourd’hui ?

– Quelles décisions vitales prenons-nous qui s’inspirent d’un amour authentique de Dieu et de sa Parole ?

– Quelle est notre attitude face à l’argent et aux biens matériels que nous possédons ?

– Face à l’avenir, dans nos projets, quelle confiance réelle avons-nous en Dieu ?

Ce que font ces femmes veuves annonce l’acte pascal du Christ qui va donner sa vie sur la croix : dépouillé de tout, le Serviteur souffrant de Dieu, va offrir sa vie pour nous et pour la multitude.

Puissions-nous l’imiter à notre tour, en vrais disciples.

Références bibliques :

Référence des chants :