« L’ampleur de la présence de l’Esprit de Dieu »

Quelle joie de pouvoir fêter chaque année la Pentecôte. Au risque sinon, d’oublier l’Esprit Saint. Car où, et quand le rencontrons-nous – si ce n’est dans l’Église ? Bien sûr, lors de la confirmation. L’Esprit Saint inonde nos cœurs, nous donnant la force de suivre Jésus de Nazareth dans nos vies, par beau temps comme par tempête.

En feuilletant la Bible, nous découvrons l’ampleur de la présence de l’Esprit de Dieu. Il y a littéralement trace de sa présence du début à la fin. Le deuxième verset du premier livre de la Bible, le livre de la Genèse, en parle déjà : l’Esprit Saint apparaît. Nous lisons : « et un souffle de Dieu agitait la surface des eaux ». (Gn 1,2)

A la fin du dernier chapitre du dernier livre de la bible, l’Apocalypse, l’Esprit est toujours là.  Nous lisons : « l’Esprit et l’Epouse disent : viens ! Et que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie ». (Ap 22,17) Et entre ces deux versets, entre le commencement et la fin, l’Esprit Saint est à peu près partout. On le retrouve avec Moïse et les prophètes, Jésus lui-même en parle et il est très présent aussi dans l’Eglise primitive. Dans ce livre de la Bible, le livre des actes des Apôtres, en en parle au moins quarante fois.

Mais plus encore que sa présence, c’est de son œuvre dont la Bible nous parle.

On dit de l’Esprit Saint que c’est Lui qui donne la vie. Il inspire les hommes, il leur accorde la force, il les encourage. Dans le Veni Creator Spiritus, il est nommé « consolator optime » : le consolateur suprême. En ce qui concerne les œuvres de l’Esprit, un élément particulier m’a frappé, une sorte de fil rouge à travers toutes ses œuvres. Il crée et recrée toujours un nouveau commencement. Il est là au début de la Genèse, là où commence la création. Mais il est aussi présent aux origines du peuple d’Israël, parce qu’il repose sur Moïse. (Nb 11,17) Dès le début de la vie de Jésus, nous apprenons que sa mère l’a conçu de l’Esprit Saint. (Lc 1,35) Et l’Esprit descend sur Lui lors de son baptême, qui marque le début de sa vie publique. (Lc 3,22) En outre, l’Esprit est également présent lors de la naissance de l’Eglise, quand il descend sur les disciples de Jésus, à la Pentecôte. (Ac 2,1-13) Une fois de plus il est là, quand il appelle Barnabé et Paul à Antioche pour entamer la mission parmi les Gentils. (Ac 13,2)

Là où est Jésus, là aussi est l’Esprit Saint. Jésus attestait qu’Il était lui-même le Royaume de Dieu, cette nouvelle société fondée sur la justice divine, la miséricorde et la charité mutuelle. Partout sur terre, où des hommes s’engagent pour les pauvres, les malades, les étrangers, les prisonniers, pour toute personne quelconque de la société, l’Esprit est au travail.

Paul fait référence à une deuxième piste qui mène à l’Esprit. Il écrit aux chrétiens de Galate que l’Esprit de Jésus porte ses fruits en chaque homme. Et il énumère ces fruits : « le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi ». (Ga 5, 22) L’Esprit peut sembler caché, il n’est jamais très loin. Est-ce cela que Jésus voulait dire en promettant d’envoyer l’Esprit à ses disciples, lors de son adieu ? « Et je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, qu’il demeure auprès de vous ; et il sera en vous ». (Jn 14, 16-17).

Je vous souhaite de tout cœur une fête de Pentecôte encourageante. Amen.