Ma famille, éparpillée aux quatre coins du pays, a souvent le nez en l’air. La nuit, nous guettons le passage d’une étoile brillante, pas tout à fait comme les autres : la station spatiale internationale. Je ne sais pas si Thomas Pesquet regardait la messe, quand il était là-haut, mais j’imagine qu’il sait que le passage régulier de cette petite lumière au-dessus de nos têtes a quelque chose d’apaisant pour nous autres ici-bas. 

Mais aujourd’hui, Jésus nous dit que tout cela va tomber. Tant pis pour ceux qui cherchent un réconfort dans les étoiles, qui semblaient éternelles. Alors, si même ces astres disparaîtront, où donc trouver des repères solides, des réalités qui durent, dans un monde où tout paraît prêt à s’effondrer ? Plutôt que de chercher ce qui tient bon dans le ciel, le Seigneur nous invite aujourd’hui à le trouver bien plus proche de nous : Ce qui résiste à l’usure du temps et aux crises les plus graves, c’est la vie des hommes et des femmes, et la parole de Dieu.

A ceux qui pensent encore que notre destin est fixé par les étoiles, le prophète Daniel nous a rappelé il y a un instant, qu’elles disparaîtront, mais que les élus de Dieu prendront leur place. Ils « brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais ». Ce ne sont pas les œuvres bonnes qui survivront à leurs auteurs. Ce sont les auteurs eux-mêmes, qui survivront à leurs œuvres. Une vie bonne est gage d’éternité. Parmi toutes les créatures que l’on peut trouver sur la terre, l’être humain est capable de la plus grande perfection. Eh oui, l’être humain ! Bien sûr, nous pouvons le pire, ça tout le monde le sait. Mais Jésus nous rappelle que nous sommes aussi et surtout, faits pour le meilleur. Et je lui rends grâce de nous le rappeler aujourd’hui, justement, ou la tentation du désespoir est si forte. 

Bien sûr, par lui-même, l’homme n’atteint pas la perfection, mais Jésus « a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie. » Il a le pouvoir de rendre parfaits nos pauvres efforts, nos humbles combats, nos frêles fidélités. L’homme ou la femme ainsi rendus saints, qui persévèrent dans l’amour auront plus de longévité que la plus vieille étoile. Ils pourront tomber vingt fois, mille fois peut-être en chemin, s’ils s’en remettent à Dieu pour demander pardon et s’amender ils n’en resteront pas moins saints, éternellement. « Ils se trouveront inscrit pour toujours dans le Livre » dont parlait le prophète Daniel.

Quel est ce livre ? C’est le livre de vie qui recense le nom des sauvés. Mais c’est aussi le livre de la Parole de Dieu. Si tu veux toi aussi briller éternellement, lis la Parole dans la Bible, et cherches-y ton nom. Parce que chacun peut se reconnaître dans les histoires racontées par la Bible. Dans les histoires d’amour comme dans celles de trahison, dans les exploits comme dans les chutes, dans les naissances et dans les morts. Il y a là, pour tous, un message à cueillir. Page après page, chacun peut trouver dans le Livre le reflet de son visage, la clef de son existence. Parce que c’est toujours Jésus qui nous parle au travers la Bible or, «sa parole ne passera jamais ». Voilà donc pour nous la voie sûre qui nous fera vivre toujours : lire la Parole et apprendre par elle les chemins de la vie. 

En ces temps incertains la parole de Dieu en est un repère sûr. La Parole que l’Eglise interprète, prêche et tente de vivre. La Parole que nous lirons sous le figuier dont parle Jésus lorsque sortent ses feuilles, pour nous donner de l’ombre. On ne lit pas bien à la lueur des étoiles de la nostalgie ou de la peur. C’est en plein jour qu’on peut lire, éclairé par notre intelligence, affermi dans l’espérance de ce que nous sommes appelés à la perfection. J’invite donc ceux qui disent, avec ou sans raison, que tout fiche le camp et que tout s’écroule de s’accrocher à la bible, comme à un noble rempart. Plongez dans le livre. Ce n’est pas une manière de faire le gros dos et d’abandonner le monde, ses combats, ses réformes. Non. La Parole nous redresse, pour préparer la route à celui qui vient. Elle nous convoque à l’action. Au travail !