Lorsque Jésus cherche à nous faire comprendre qui est Dieu, il aime bien inventer des histoires que dans l’Évangile on appelle des "paraboles".

Tant mieux ! Nous tous, nous aimons bien les histoires. Aujourd’hui Jésus raconte une histoire qui nous parle de vigne. À Saumur, la vigne on connaît et l’on sait ce que cela représente de travail, tout au long de l’année, pour obtenir de beaux fruits.

Dans la parabole de ce matin, Jésus nous apprend qu’un propriétaire a donné sa vigne en "fermage" : Ce qui signifie qu’il a confié sa propriété à des vignerons qui vont travailler pour lui, moyennant un salaire. Mais le propriétaire n’a pas abandonné sa propriété, il espère bien qu’elle va lui rapporter !

Voici donc que nous apprenons une première chose sur Dieu : il est un peu comme le propriétaire, le propriétaire du monde. Il confie le monde aux hommes, et il faut que cela rapporte. Dieu nous confie des talents à tous, l’un est très fort en maths, une autre sait tout faire de ses mains, un troisième sait écouter et consoler. Eh bien ! Ces talents doivent servir à la joie de Dieu : à nous de faire en sorte que ces talents ne soient pas cachés mais qu’ils rapportent de beaux fruits.

Puis très vite, dans l’histoire que nous raconte Jésus, nous découvrons une deuxième chose sur Dieu : le pardon, son incroyable pardon.

Voyez plutôt la suite de l’histoire : le propriétaire envoie ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. C’est un déchaînement incroyable de violence : les serviteurs sont frappés ou lapidés, c’est-à-dire mis à mort à coup de pierres. De nos jours, nous aurions envoyé la police ! Mais le propriétaire envoie d’autres serviteurs : ils subissent la même violence que les premiers. Suite de l’histoire, certains d’entre vous se disent peut-être : « il est fou, ce propriétaire, voilà qu’il envoie son propre fils ! » Arrive ce qui devait arriver, le fils est mis à mort.

Et voici que Jésus teste ceux qui l’écoutent, souvenons-nous qu’ils sont des chefs de prêtres et des pharisiens, c’est-à-dire des hommes qui connaissent bien la loi. « Que fera le maître de la vigne à ces vignerons ? » demande Jésus. Vous auriez peut-être répondu comme eux : « ces misérables, il les fera périr, il les mettra à mort, comme des misérables ! »

Dites, est-ce que nous comprenons bien que cette parabole est comme l’histoire de la relation entre Dieu, le "propriétaire du monde" et nous, les "vignerons pour Dieu", chargés de faire que le monde soit beau et qu’il porte des fruits en abondance ? Dieu a envoyé des serviteurs sans compter. Dieu a envoyé son propre fils, Jésus, et les hommes l’ont mis à mort. Et Dieu ne cherche pas à se venger. Dieu pardonne. Dieu cherche encore à nous tourner vers lui. Il cherche sans cesse de nouveaux vignerons qui acceptent de travailler avec lui. À ceux qui ne veulent pas marcher avec Dieu Jésus dit : "Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit."

Et à ce moment-là je me pose une question, et tu peux te la poser avec moi : quels fruits est-ce que je désire porter ? Quels fruits est-ce que je peux aider les autres à porter ? Dieu ne désespère pas des hommes, pourquoi est-ce que je désespérerais de moi-même ou bien des autres ?

Maintenant j’en viens à la fin de la parabole de l’Évangile : Les personnes qui font face à Jésus lui ont dit qu’ils souhaitaient la mort des mauvais vignerons et Jésus leur parle en utilisant une autre image, une image d’architecture. La pierre rejetée par les bâtisseurs peut devenir une pierre angulaire. Autrement dit, une pierre que certains ont mise de côté, croyant qu’elle n’était pas bonne, un autre sera capable de l’utiliser, d’en faire une pierre angulaire, la pierre d’un angle où se concentrent les pressions et qui fait tenir toute une partie d’un édifice !

À mon tour de raconter une autre histoire : je me souviens de ce garçon d’un groupe scout, un peu mou, pas très doué et qui était facilement moqué par tous les autres. On organise un camp d’été à vélo. On l’a aidé à se préparer avant le camp : il acquiert une compétence et du matériel. Pendant le camp il est devenu le spécialiste incontesté de l’entretien et des crevaisons. Parce qu’on s’est dit : "Cessons de nous moquer, essayons de l’encourager", il est devenu une pierre angulaire.

Est-ce que tu crois que tes copains ou tes copines peuvent porter du fruit, même s’ils ne sont pas tes grands amis ? Plutôt que de dénoncer ce qui ne va pas chez eux, peux-tu apporter des soins, de l’engrais en quelque sorte ? Jésus lui ne te lâche jamais, alors ne laisse pas tomber les autres !

Références bibliques :

Référence des chants :