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« Voulez-vous partir vous aussi ? »
Il est bon d’entendre Jésus nous appeler à la liberté, car Dieu nous donne la vie pour vivre librement. Jésus n’impose pas l’amour par force ou par chantage. Il nous laisse libres de partir ou de rester, car la foi qui est confiance exige la liberté ; et, bien sûr, la liberté d’accueillir le corps du Christ livré pour nourrir notre joie de vivre.
Manger la chair de Jésus, le Vivant et l’homme libre, nous communique sa propre vie et sa liberté. Mais ce cadeau de Dieu nous fait peur et nous refusons le don de la vie et de la liberté en disant nous aussi : « Ce qu’il dit est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter. » Et la foule abandonne Jésus seul avec les apôtres.

Alors Jésus nous place devant un choix.
« Voulez-vous partir vous aussi ? »
La réponse de Pierre est aussi un peu la nôtre.
« Vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »
Vers qui aller ? Malgré nos doutes, nos résistances, nos souffrances, il s’agit de trouver la source de la vie. Et cette source est quelqu’un qui nous parle : Jésus a les paroles de la vie que donne le Père.
« C’est l’esprit qui fait vivre. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » Nous savons qu’il y a des mots qui tuent. Mais la parole de vie est semence de vie et de joie au cœur des tristesses et de la mort. Elle est esprit de liberté, souffle qui ranime et ouvre l’avenir.

À la suite de Jésus, l’Église doit proposer la parole de liberté, la susciter et l’éduquer. Sans liberté, aucun sacrement ne peut être reçu. Et être libre ça s’apprend.
Tertullien, grand théologien d’Afrique du Nord au IIIe siècle, affirme : « On ne naît pas chrétien, on le devient. ». On le devient en choisissant Jésus qui nous dit : « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » Et le Père le donne à tous.
La foi n’est pas un héritage automatique à la naissance, avec des parents ou des grands parents chrétiens. Elle est reçue comme une proposition à accepter ou refuser personnellement à l’adolescence, à l’âge adulte ou à l’heure de la mort. Et tous les ans, à la veillée pascale, chacun peut répondre librement à l’appel du Christ.

Ce matin nous rencontrons ici les saintes Marie-Jacobé (tante de Jésus) et Marie-Salomé (mère de Jacques et de Jean) qui, chassées de Palestine, se sont mises en marche dans une barque sans gouvernail et sans voile, nous dit la légende imagée. Elles auraient échoué ici avec leur servante, Sara.
Ces femmes courageuses n’ont pas quitté Jésus et ont osé le suivre jusqu’à sa mort et sa résurrection, qu’elles seront les premières à annoncer.
Parmi les tempêtes et les dangers, leur petite barque dit la force de la foi et de la liberté qui, à la suite du Ressuscité, font vivre en traversant l’impossible et la mort.

« Voulez-vous partir vous aussi ?
Vers qui pourrions-nous aller, tu as les paroles de la vie éternelle.
Nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »
Nous croyons. La foi est confiance du cœur aimant.
Nous savons. La raison est à l’œuvre dans la foi, car elle a le droit et le devoir de chercher à comprendre ce que le cœur accepte.
C’est l’intelligence de la foi pour suivre Jésus en pleine liberté.
Aussi, avec Pierre, redisons à Jésus le Christ : « nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu, le Vivant qui nous donne la vie ».

Références bibliques : Jos 24, 1-18 ; Ep 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69

Référence des chants :