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Aujourd’hui, dans une atmosphère de Noël, l’Eglise célèbre la famille de Jésus, Marie et Joseph. Dieu aime la famille, car le Fils de Dieu, comme homme, a voulu être membre d’une famille humaine. Dieu aime la famille, car elle lui ressemble. Notre Dieu est Sainte Trinité. Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont liés par l’amour. C’est pourquoi l’amour est la plus belle trace de Dieu dans le cœur humain. La famille devient une image, bien qu’encore très inaccomplie, de la vie qui est en Dieu.

La Sainte famille est en même temps unique et toute normale, soumise à toutes les lois humaines et aux adversités de la vie. La famille de Jésus était menacée dès son début même. La naissance à Bethléem a lieu dans des circonstances d’une pauvreté marquée. La famille de Nazareth était tout de suite obligée de s’enfuir, car Hérode cherchait l’enfant. Ce qui pouvait être éprouvant pour la Sainte famille se manifeste dans l’évènement qui montre Jésus à douze ans en train de discuter dans le temple avec les docteurs de la Loi.

L’Evangile d’aujourd’hui présente la famille de Nazareth en pèlerinage. Selon la coutume, Jésus, Marie et Joseph montèrent à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Pour la Sainte famille aussi, il était nécessaire de laisser les soucis habituels et d’interrompre les travaux quotidiens pour se mettre en route ensemble. Ces moments où les activités quotidiennes cessent pour qu’on puisse être ensemble et renouveler la beauté de la communion familiale sont très importants pour toute famille.

Ils montèrent à Jérusalem, dit l’Evangile. Tous sont orientés vers un but plus élevé. Il est nécessaire de s’arrêter pour se regarder dans les yeux, mais plus nécessaire encore de regarder ensemble dans la même direction. La direction c’est Jérusalem : ils montèrent à Jérusalem. Aujourd’hui, Jérusalem signifie tout ce qui parle du mystère caché, de la beauté immaculée, de la justice sans ombre, de l’amour offert gratuitement, de la joie de la confiance, de l’espérance de la vie, de la victoire sur la mort. Il faut se mettre en route et monter à Jérusalem. Chers jeunes, vous êtes capables et appelés à un long pèlerinage qui vous introduit dans le mystère de Dieu. Il est significatif que le pèlerinage à Jérusalem ait duré plus longtemps pour Jésus que pour Marie et Joseph.

« Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » (Luc 2, 49). Le pèlerinage à Jérusalem était nécessaire pour faire connaître comment Dieu se trouve au coeur de la vie humaine. Jésus est en premier lieu le Fils unique de Dieu. Marie et Joseph « ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire » (Luc 2, 50), mais lui « redescendit avec eux et revint à Nazareth, et il leur était soumis » (Luc 2,51). A Nazareth Jésus s’est consacré aux devoirs quotidiens de la vie familiale, en sachant que l’intime de son coeur appartient au Père qui est aux cieux, et cela, le père sur la terre comme la mère sur la terre doivent le respecter. Nous accomplissons la volonté du Père qui est aux cieux quand nous aimons l’autre tel qu’il est et non pas tel que nous aimerions qu’il soit; quand nous l’aimons avec tous ses dons et vertus, comme avec ses faiblesses et blessures.

Avec la scène de l’enfant Jésus à douze ans, l’évangéliste Luc nous montre comment aujourd’hui aussi, les familles doivent passer par des expériences d’incompréhension et d’incertitude. La communion familiale ne grandit que si ses membres se confient ensemble au Mystère qui les dépasse. Noël nous invite à ne pas nous enfermer en nous-mêmes mais à accueillir jour après jour le mystère de Dieu.

Chacun porte un mystère dans son coeur. Marie médite le mystère de son Fils en repassant en son coeur tout ce qu’elle a vécu. « Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes ! » (1 Jean 3, 1). Gardons dans notre coeur ce mystère de Dieu et « quoi que nous lui demandions nous le recevons de lui, parce que nous faisons ce qui lui est agréable » (1 Jean 3, 22).

Références bibliques : 1S 1, 20-28 ; Ps 83 ; 1 Jn 3, 1-24 ; Lc 2, 41-52

Référence des chants :