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La Mission

 

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Cette parole de Jésus que nous venons d’entendre résonne encore du commentaire que le Pape Benoît XVI a donné à Paris, au palais de l’Elysée, sur « la saine distinction entre la sphère politique et la sphère religieuse ». Pourtant en ce dimanche des Missions et des 350 ans des Missions Étrangères de Paris, permettez-moi de m’arrêter seulement sur la seconde affirmation de Jésus : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». Mes frères missionnaires, vous ne cherchez qu’une chose : donner la vie de Dieu ! Que Dieu vive partout et en tous ! C’est pour cela, comme dit saint Paul, que « votre charité se donne de la peine ».

 

Un an après votre fondation en 1658, les responsables de l’Église donnaient ces instructions aux premiers missionnaires, François Pallu et Pierre Lambert de la Motte qui partaient vers les peuples d’Asie : « Quoi de plus absurde que de transporter chez les Chinois la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? N’introduisez pas chez eux nos pays, mais la foi, cette foi qui ne repousse ni ne blesse les rites, ni les usages d’aucun peuple, pourvu qu’ils ne soient pas détestables, mais bien au contraire veut qu’on les garde et les protège. »

 

Vous êtes, mes frères, au service de la foi ! C’est le Christ que vous annoncez, lui le seul Sauveur qui peut donner sens, joie, paix à tout homme sur cette terre : il est la source de votre passion pour les peuples qui vous sont confiés, pour leurs langues, leurs cultures, leurs traditions. Vos fondateurs écrivent : « Le missionnaire a pour devoir d’étudier le caractère des peuples chez lesquels il doit jeter et faire germer la semence de l’Évangile. »

 

Dès l’origine, une mission claire vous est fixée. Le Pape vous demande de former « des prêtres qui puissent être un jour, dans ces pays, de solides colonnes de l’Église naissante.» C’est ce que vous avez fait, posant en Asie toutes les bases pour que l’Église du Christ puisse naître, pour qu’elle soit animée progressivement et totalement par les chrétiens d’Asie eux-mêmes. Vous fondez. 4300 prêtres – envoyés comme un don par les diocèses de France – ont œuvré ainsi depuis 350 ans. Votre rôle a été déterminant et la reconnaissance des Églises d’Asie et de l’Océan Indien est immense. Vous le savez aussi : combien d’Instituts Missionnaires, oeuvrant aussi en Asie ou sur d’autres continents, ont, comme vous, semé la Parole. Leur charité s’est donnée de la peine.

 

Vous avez fondé. Et maintenant ? Jean-Paul II, à plusieurs reprises, affirme : « Les Instituts missionnaires demeurent absolument nécessaires. » Un jeune prêtre de chez vous, envoyé récemment au Cambodge, témoigne : « On a pu croire la mission des Missions Étrangères terminée avec la création d’Églises locales. Mais l’évangélisation de l’Asie ne fait que commencer ! Les années qui viennent seront passionnantes à vivre. »

 

Pour être missionnaire, il faut avoir été fasciné par le Christ mais aussi fasciné par les hommes, par d’autres cultures, d’autres civilisations. Il faut consentir à être décentré pour découvrir le Christ vivant là-bas en ces terres. Un autre missionnaire ajoute : « C’est décapant ! Il faut chaque jour trouver des forces dans Celui qui est la vie. » C’est ainsi que le missionnaire est lui-même un chercheur de Dieu, il est lui-même évangélisé par le Christ présent en ces terres étrangères. L’évangélisation se fait ainsi dans les deux sens. Le témoignage des Églises d’Asie devient pour nous, ici, source de dynamisme. Merci ! Votre mission est toujours « d’établir un pont » entre nos Églises au service de l’évangélisation de tous les hommes.

 

Dimanche des missions. Aujourd’hui sont béatifiés à Lisieux, Louis et Zélie Martin, un couple, parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne des missions. « Le Bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du ciel que de la terre », écrit-elle. Oui, c’est du ciel que l’on voit le mieux la terre, qu’on la porte pour que le salut l’emplisse tout entière. Thérèse était en harmonie profonde avec l’un de vos confrères, Théophane Vénard, mort martyr au Vietnam le 2 février 1861 à l’âge de 31 ans. Thérèse, 24 ans, regardait son image : « Chaque fois que je regarde Théophane, il semble me guetter du coin de l’œil d’un air à moitié malin ! »

 

Laissons-nous regarder par le Seigneur, avec tendresse, humour, simplicité. Il semble nous dire : « Viens, suis-moi ! » Certains partent en Asie, en Afrique ou ailleurs. D’autres restent en France. C’est le Seigneur qui appelle. Il donne à chacun, là où il est, la mission d’annoncer l’Évangile.

Références bibliques : Is 45, 1.4-6a ; PS 95 ; 1Th 1, 1-5 ; Mt 22, 15-21

Référence des chants :