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Mes chers amis, mes chers frères et soeurs,

C’est dans la joie que nous accueillons Le Jour du Seigneur parmi nous, en cette journée de la Paix, célébrée à l’appel de Paul VI, Jean-Paul II, puis Benoît XVI, qui ont souhaité que cette journée soit consacrée à la paix mondiale. C’est avec joie aussi que nous accueillons toutes nos communautés chrétiennes : les communautés chrétiennes qui se trouvent en Occident et celles qui viennent en pèlerinage dans ce pays. Mais aujourd’hui plus qu’en d’autres jours, c’est cette solidarité vécue dans la prière, que nous voulons fêter ensemble, en ce jour de l’An.

Nous avons lu des textes qui proclament que Marie avait toujours retenu cette réalité dans son coeur. Au fond, toute la réalité divine. Elle avait le coeur pur, c’est pourquoi elle était en paix.

C’est la parole que Gabriel lui dit quand il vient à Nazareth, ici-même : « Salut à toi, Marie ; paix à toi, Marie !» Marie, en effet, a en elle-même réellement cette paix. Cette réalité de la paix s’inscrit dans son coeur. Dans le coeur de Joseph aussi, puisqu’il a eu connaissance de l’Annonciation. Dans le coeur de Jésus aussi, qui a vécu 30 ans dans ce village, aujourd’hui cette ville de Nazareth. Cette ville de Nazareth a vu le silence de Dieu, elle a vu l’accompagnement de la vérité de Dieu, elle a vu l’accompagnement de la profondeur de Dieu parmi les hommes.

Pourquoi Jésus a-t-il choisi 30 ans de vie en silence et en profondeur ? Parce qu’il était en paix. Et il était en paix avec lui-même, avec sa mission. Il était en paix avec Marie, il était en paix avec Joseph. Si nous vivons cette paix aujourd’hui, nous aurons des milliers de personnes autour de nous qui recevront la paix.

Ce n’est pas facile, surtout dans notre pays, de vivre la paix. Nous vivons dans un conflit depuis 100 ans. Un conflit qui engage tout l’humain, un conflit qui engage toute la réalité religieuse, spirituelle et humaine. Il ne s’agit pas de trouver des solutions au conflit, mais il s’agit de trouver des coeurs purs, des coeurs qui fassent la paix en eux-mêmes.

Aujourd’hui, dans ce conflit, il faut donc faire l’effort, non pas d’être simplement meilleur, mais véritablement de rester dans cette « circoncision » des coeurs. Aujourd’hui, nous ne fêtons pas simplement la circoncision de notre Seigneur Jésus Christ parce que c’est l’accomplissement d’un acte très important dans la vie juive que Jésus a accompli. Mais nous fêtons cette circoncision parce qu’il s’agit aussi, comme dit saint Paul, de circoncire nos coeurs. Il s’agit, tout en restant à l’intérieur de cette réalité, de l’éplucher, de faire sortir sans cesse cette réalité qui est en nous. Je veux parler de cet attachement, cet égoïsme, cette volonté de posséder. Car en règle générale, cette volonté de posséder reste au coeur de nos intentions quand nous pensons à faire la paix. Aussi, faire la paix, pour beaucoup de gens, beaucoup de pays et beaucoup de gouvernements, consiste en fait à préparer la guerre. Ils s’assoient, discutent de ce qu’ils ont, se montrent forts, et seulement après pensent qu’ils peuvent faire la paix !

Le Seigneur n’a pas choisi ce chemin. Il a choisi de venir dans les ténèbres de nos vies pour pouvoir là-bas, dans l’humilité, sans faire des comptes, enlever tout ce qui pouvait être en nous obstacle à la paix, et il continue de l’enlever. Ainsi, après avoir vécu à Nazareth dans le silence et la profondeur, le Seigneur est allé dans toutes les bourgades de la Galilée, et vers Jérusalem. Il y est allé comment ? Dans la simplicité, dans la pauvreté, ne retenant rien, regardant les gens dans les yeux, pour leur permettre de reconnaître qui ils sont.

Aujourd’hui pour faire la paix, il faut partir de cette unité du genre humain que le Seigneur nous accorde. Il ne faut pas partir des contradictions, des choses qui peuvent véritablement nous éloigner. Il ne faut pas même partir simplement de ce qui nous rassemble. Mais il faut partir de cette unité qui ne peut venir que par l’amour : « J’aime l’autre, j’aime mon ennemi », afin de partir dans cette réalité de l’amour divin qui me conduit vers l’unité du genre humain. C’est aujourd’hui ce dont nous avons besoin : c’est-à-dire véritablement aller dans ce chemin de l’humilité de la réalité de l’amour divin, pour pouvoir rencontrer l’autre. Aujourd’hui, dans ce pays : aller réellement vers l’autre. De même partout dans le monde, partout dans vos villes et villages, il faut partir vers l’autre. Le Chrétien est celui qui prend son bâton, non pour aller vers une terre étrangère, mais pour aller vers l’autre, l’aimer et être uni à lui.

C’est cela la paix à laquelle nous sommes appelés en ces jours-ci. C’est cela la paix que le Pape Benoît XVI nous invite à accueillir en étant attaché au Christ, en le prenant comme exemple. C’est ce que je vous souhaite tout au long de cette année.

Amen

Références bibliques :

Référence des chants :