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Dans notre paroisse Sainte-Bernadette de Montpellier, nous avons l’habitude de faire un apéro jus de fruits chaque dimanche soir après la messe étudiante. Cette tradition n’existait pas dans ma paroisse précédente. À la sortie de la messe, les paroissiens me saluaient gentiment un par un, et rentraient souvent chez eux rapidement.

Un jour, j’ai proposé un apéro à la sortie de la messe, en précisant : « Je vous invite à faire "cin cin" avec une personne de l’assemblée que vous ne connaissez pas. » Le dimanche suivant, une paroissienne d’un certain âge vient me voir toute émue en tenant une dame par le bras : « Mon Père, cela fait dix ans que je viens à la messe ici, toujours assise sur la gauche. Et cela fait dix ans que je vois cette dame toujours assise sur la droite, et nous ne nous étions jamais parlé. Mais ça y est, grâce à l’apéro "cin cin", nous avons fait connaissance ! »

À partir de l’Évangile de ce jour, je vous propose de réfléchir tout d’abord à ce qui peut faire obstacle à la communion, puis d’envisager ce qui peut au contraire la favoriser.

Si la marque de Jésus est la communion, la marque de Satan est la division. Nous ne pouvons pas énumérer ici tout ce qui déchire nos familles, nos communautés, nos paroisses car, malheureusement, la liste serait trop longue. Mais retenons au moins une indication que Jésus nous apporte dans l’Évangile de ce jour : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre lui sa faute. » Il a bien dit : « va lui parler seul à seul » ! Or la plus part du temps, nous n’osons pas parler directement à la personne, mais nous nous empressons de trouver des oreilles attentives qui nous confortent dans nos jugements : « Vraiment ce que fait ou dit cette personne, c’est inacceptable ! » Ces critiques dans le dos font obstacle à la communion. Prenons la décision d’arrêter nos commérages et de parler directement à notre frère « seul à seul ». Faisons-le dans un esprit de douceur. Si nous sommes nous-mêmes capables d’accueillir les corrections et les remarques des autres, nous serons certainement capables de reprendre notre frère avec amour.

Venons-en à notre second point : qu’est ce qui peut favoriser la communion ? Là aussi, nous ne pouvons pas dresser une liste car le Saint Esprit est heureusement très imaginatif en ce domaine. Mais il me semble que Jésus nous donne dans cet Évangile une indication précieuse : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Notre vie spirituelle est normalement rythmée par notre assemblée dominicale qui réunit la plus part du temps plusieurs dizaines voire centaines de personnes. Il est très difficile d’échanger en profondeur avec autant de monde, même avec un apéro tous les dimanches ! C’est pourquoi les pasteurs de l’Église encouragent les chrétiens à se réunir au moins une fois par mois en petits groupes d’une dizaine de personnes maximum : les Équipes Notre-Dame, le MCR, les équipes du Rosaire, les groupes de partage bibliques… Ces rencontres favorisent la connaissance mutuelle et ravivent notre vie de prière.

Parmi vous, chers téléspectateurs, certains n’ont pas la possibilité d’intégrer un tel groupe, mais vous trouvez un lien de communion à travers la messe télévisée. Je m’adresse à tous les autres : si vous n’avez pas d’empêchement, peut-être pouvez-vous essayer d’intégrer un groupe cette année ou même de le créer. Les fruits de communion rejailliront sur votre vie spirituelle et sur toute votre paroisse.

Éviter les commérages et intégrer un petit groupe, voilà deux résolutions qui peuvent sans doute nous faire grandir dans la communion fraternelle. Pour nous décider à faire le pas, laissons raisonner en nous l’exclamation du Pape dans la joie de l’Évangile : « Ne nous laissons pas voler l’idéal de l’amour fraternel ! »

Références bibliques : Ez 33, 7-9 ; Ps. 94 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20

Référence des chants : Liste des chants de la messe au Raincy du 7 septembre 2014