Chaque année, c’est la même chose : alors que nous nous mobilisons pour fêter l’anniversaire de Jésus, sa naissance que la tradition a fixé au 25 décembre, l’Église nous fait entendre un évangile qui nous tourne non pas vers le passé, mais vers l’avenir. Jésus parle de sa venue, de son dernier avènement comme nous le disons, mais nous n’en connaissons ni le jour ni l’heure et, pire encore, nous serons de toutes les façons surpris, car cette venue arrivera quand nous n’y penserons pas. Quelle drôle d’affaire ! Comme si, faire mémoire de la naissance de Jésus devait nous conduire à envisager notre avenir : l’histoire que nous écrivons, sous un nouveau jour.

D’ailleurs, vous l’aurez remarqué, la Parole de Dieu que nous avons entendue s’est adressée à nous directement, à l’impératif : veillez, tenez-vous prêts, sortez de votre sommeil, revêtez le Seigneur, venez, montons, marchons, allons dans la joie… Vous entendez ? Impossible d’échapper à une mise en route. Nous n’avons pas le choix : en sortant de cette église, ou en éteignant notre téléviseur ou ordinateur, nous devrons nous mettre en marche, bouger, partir… Mais pour aller où, me direz-vous ? Pour aller à la rencontre du Seigneur ! Mais par quel chemin passer ? Où mettre nos pas pour avancer ? Oh, plusieurs directions sont possibles. Car il n’y a pas qu’une seule route qui mène à Dieu.

Il y a, par exemple, la route représentée sur la fresque du chœur de cette église dédiée à saint Louis. C’est la route de la justice qui permet aux petits de ne pas se faire écraser par les puissants. La prière d’ouverture de la messe nous a fait demander « d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur. » Chacun d’entre nous peut trouver comment faire un pas de plus en matière de justice, ne serait-ce qu’en étant moins injuste dans ses paroles, ses jugements, ses comportements, ses à priori…

Il y a aussi le chemin qui passe par la rencontre des peuples étrangers. Isaïe nous l’a rappelé : toutes les nations afflueront vers le Seigneur. Alors, dès ce dimanche, à nous de faire quelques pas avec les étrangers qui vivent près de chez nous. C’est une belle manière de tracer un chemin sûr qui conduit vers Dieu.

Dans sa lettre aux chrétiens de Rome, saint Paul ouvre une autre piste, celle du « combat de la lumière ». Le mot « combat » peut nous surprendre. Et d’une certaine manière, c’est bien qu’il nous choque. Pourquoi ? Parce que saint Paul appelle jalousies et disputes entre chrétiens, ces zones d’ombre que nous avons parfois du mal à regarder en face. Comme par exemple la coexistence de sensibilités ecclésiales différentes dans une même paroisse, ou encore la difficulté à donner toute leur place à des nouveaux venus qui bousculent des habitudes bien ancrées. Si nous voulons faire barrage à ces jalousies ou disputes, c’est certainement tout un parcours du combattant qui nous attend : faire la paix avec soi-même et avec les autres. En un mot : se réconcilier.

N’oublions pas la bonne nouvelle de Noël : ce « combat de la lumière », Jésus l’a déjà gagné pour nous. N’est-il pas né, n’a-t-il pas vu le jour, en pleine nuit ? Et la date choisie pour sa naissance, n’est-elle pas le jour où la lumière commence à l’emporter sur les ténèbres ?

Il nous appartient d’emprunter, dès maintenant, les chemins qui mènent au jour. Rendre justice, accueillir les étrangers, faire la paix : allez, courage, en marche ! Le Seigneur vient. Ne soyons pas surpris. Nous ne pourrons plus dire : « nous ne savions pas vers où marcher. »

Références bibliques : Is 2, 1-5 ; Ps 121 ; Rm 13, 11-14 ; Mt 24, 37-44

Référence des chants : Liste des chants de la messe à Vincennes 01 12 13