Comme chaque année à l’approche de la fête du Christ-Roi (dimanche prochain), les textes nous placent face à des situations cataclysmiques, terrestres ou personnelles. Aujourd’hui, dans l’évangile, nous avons les deux. En même temps, Jésus nous invite à ne pas avoir peur. Là où il y a danger pour votre vie, il y a aussi abondance de grâces et de réconforts. En terme technique, on appelle cela paraclèse : abondance de joie dans les tribulations, les épreuves.
Dans l’évangile, tout part d’une remarque, somme toute ordinaire, sur la beauté du Temple. « Des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Si vous êtes un peu scientifique dans l’âme, vous pensez sans doute comme Lavoisier, que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Alors, intéressons-nous à la transformation que nous propose Jésus.

« Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. »
Quand j’étais à Rome, que je faisais visiter le forum, je pensais souvent à ce passage ou à celui de l’écroulement de la maison construite sur le sable. Le forum était merveilleux de marbres, d’ors, il était bâti sur rien : il ne reste qu’un tas de ruines. Jésus à travers l’image de la destruction du Temple, veut montrer à ses disciples que dans le monde, il y a des choses qui passent et d’autres qui demeurent. Même un édifice bien construit est appelé à disparaitre un jour, mais la foi de ceux qui l’on bâti demeure à travers les âges. L’amour de Dieu est gravé en eux, pas sur les pierres, sur du papier, un clavier ou un iPhone. Dieu édifie son Eglise avec des pierres vivantes, pas avec du marbre, des blocs de granit ou de la haute technologie. C’est en quelque sorte ce que nous sommes invités à vivre dans notre synode diocésain, se laisser éclairer par l’Esprit de l’intérieur pour bâtir l’Eglise diocésaine d’aujourd’hui et demain.
Dans cette édification de l’Eglise vivante, Jésus nous invite à ne pas avoir peur car si nous vivons en sa présence que pourrait-il nous arriver ? C’est ce que Newman disait à travers la phrase : « Passer de la crainte de lui déplaire au désir de lui plaire. » Alors, comment plaire à Dieu

« Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. »
Pour plaire à Dieu, il faut pouvoir édifier son intériorité. Souvent, quand on est déjà très occupé, investi comme vous l’êtes (on fait toujours beaucoup de choses), on a tendance à négliger son intériorité. Peut-être connaissez-vous cette anecdote de la vie de Mère Teresa. Ses sœurs de la Charité se plaignent de la quantité de travail, de visites toujours plus importantes et la hausse des demandes. Elles n’en peuvent plus, déjà qu’elles ne dorment que 5 à 6 h par nuit. Et la réponse de mère Teresa : « Eh bien, pour pouvoir répondre à toutes ses sollicitations, il va falloir que l’on prie une heure de plus. »
Plus nous sommes sollicités, plus pour résister, il faut avoir une âme en béton. On résiste aux attaques extérieures par le renforcement de notre intérieur. Plus je travaille, plus il faut que je prie ; plus je fais de choses, plus il faut que je prenne du temps avec Dieu. Plus je suis dans une situation compliquée, ou critiquée, plus il faut que je remette cela entre les mains de Dieu. Voilà la transformation que nous propose Jésus, laisser tomber les façades soumisses aux intempéries pour bâtir notre intérieur ouvert à l’éternel amour de Dieu.

Si pas même un cheveu ne sera perdu, alors qu’en sera-t-il de mon intériorité ? ! Aujourd’hui encore, les uns les autres, laissons-nous construire de l’intérieur. Confions à l’Esprit Saint le ciment et la truelle pour édifier une âme qui résistera aux tremblements de terre et aux épidémies passagères.

Références bibliques : Ml 3, 19-20; Ps. 97; 2 Th 3, 7-12; Lc 21, 5-19

Référence des chants :