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Sous les acclamations, Jésus entre à Jérusalem. « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Que cette louange soit nôtre.
Dans la maison du lépreux, Jésus accueille le beau geste d’une femme dite pécheresse. Esclaves de notre péché, nous sommes aussi capables de beauté. Recevons la grâce des gestes beaux. Jésus est lucide, il annonce : « Tous vous allez succomber, l’un de vous me livrera. » Entendons cet avertissement lancé à notre conscience.

Entouré de ses apôtres, Jésus accomplit la pâque d’Israël. Il se donne en nourriture. Qu’il nous prépare à recevoir sa Vie. A Gethsémani, triste à en mourir, Jésus implore la prière de ses amis. La puissance effroyable du Mauvais l’enserre. Laissé seul par ses apôtres endormis, il ploie sous le poids de nos actes destructeurs. Jésus prie. Abba, je veux ce que tu veux, leur salut. Il prie pour nous. Accueillons en nous sa prière. Jésus est face aux autorités religieuses. Le Dieu d’Abraham est-il le Dieu Père de Jésus ? Mélange de faux témoignage, d’incompréhension, d’endurcissement intérieur. Jésus témoigne : je suis le Fils du Dieu béni. Il est condamné pour cause de vérité proclamée et de bien accompli. Laissons-nous toucher par la nouveauté de Jésus.

Pendant ce temps, voici Simon-Pierre. Il a dit : « Je ne te renierai pas. » Maintenant il dit : « Je ne connais pas cet homme. » Désastre de nos lâchetés. Puissance aussi, plus tard, du pardon de Jésus. Aujourd’hui, laissons nos présomptions, Seigneur donne-nous d’annoncer ton Nom.

Face au monde politique inquiet de son pouvoir, dominateur, Jésus se tait. Grandeur de ce silence. La foule est manipulée. L’Hosanna, clamé tout à l’heure avec joie, devient : « A mort, crucifie-le ! » Pour raison de maintien de l’ordre, Jésus, reconnu Innocent, est condamné à mort. Comment combattons-nous l’injustice ? Frappé, humilié, Jésus n’a plus figure humaine. Doux, vulnérable, tout-puissant. Lorsque nous frappons notre frère, le regard de Jésus, rencontre notre aveuglement. Accueillons ce regard, aimons ce visage du Vivant qui en mourant, vaincra la mort. L’Innocent porte la croix qu’un bandit aurait dû porter. Simon de Cyrène est réquisitionné. Que Jésus nous réquisitionne nous aussi, pour que nous participions qu’il nous associe à son offrande.

Jésus est crucifié. Il entend les moqueries, il subit la dérision, cette arme dévastatrice. Osons combattre la dérision. Jésus crie. Son cri exprime la prière du Fils qui offre sa vie pour le salut de tous. « Abandonné » par son Père, il « s’abandonne » entre les mains de son Père. Ce cri de Jésus peut transfigurer toutes nos détresses. Qu’il nous donne de nous confier à la Miséricorde de son Père.

Jésus expire. Son souffle vient sur le monde, souffle qui régénère, qui fortifie, l’Esprit Saint. Architecte et ouvrier du Peuple nouveau, il se manifestera publiquement à la Pentecôte. En cet instant, recevons l’Esprit saint.
Habitué des crucifixions, pas des crucifiés, le centurion voit Jésus mourir. Il est saisi. La Passion de Jésus est la grande école de la foi. « Vraiment cet homme était Fils de Dieu. »

Face à Jésus, il y a Marie. Entre Jésus et Marie, il y a nous, comme dans cette église, symbole de notre existence à chacun. L’espérance de Marie dans la nuit du calvaire, brille aussi dans la nuit de nos vies. Accueillons sa présence, elle chemine avec nous. Dans le fracas de ce monde douloureux, entrons dans le silence, écoutons la parole prononcée spécialement pour chacun de nous par Jésus. Dans le secret, recevons l’espérance : vraiment tu es le Dieu qui nous sauve. Gloire à toi.

Références bibliques : Jn 12, 12-16 ; Is 50, 4-7 ; Ps. 21 ; Ph 2, 6-11 ; Mc 14-15 (lecture brève, 15, 1-39)

Référence des chants : Liste des chants de la messe à Venasque le 29 mars 2015