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Frères et sœurs, « réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez heureux pour elle, tous ceux qui l’aiment. Prenez part à sa joie ! » Nous avons entendu le prophète Isaïe s’exprimer ainsi au sujet de Jérusalem, la ville de Dieu, l’image de la communauté.

Aujourd’hui, et dans les prochains jours, Jérusalem se situera pour notre diocèse et pour l’ensemble de l’Eurorégion, à Tongres ; la plus ancienne ville de notre pays avec sa basilique et sa procession romaine, mais aussi sa première église au nord des Alpes dédiée à Marie. Aujourd’hui donc et dans les jours qui suivent, quelques centaines de milliers de personnes monteront vers cette ville, comme ils sont allés autrefois à Jérusalem.
Que se passe-t-il dans cette ville ? Des groupes de toutes les générations racontent avec des chants et de la musique, et avec une puissance contenue, la vie de Marie. À partir de Marie, ils racontent avec une joie tranquille l’histoire de Jésus, le Serviteur, si longtemps attendu, déjà du temps d’Isaïe et qui, finalement, est le Sauveur. Il a partagé notre vie et porté notre croix, mais il a été élevé par le Père.

Raconter la vie de Jésus à partir de Marie est, dans l’histoire du christianisme, presque naturel. Cela va de soi. Les Pères de l’Église, déjà, ont appelé le mystère de Marie « buisson ardent », le lieu de rencontre avec Dieu pour les chercheurs de sens dans la vie et de la foi.

Ces 18emes Fêtes du couronnement chantent Marie comme « l’image du bonheur. » Elle est image de bonheur parce qu’elle nous montre Jésus, le fruit mûr de la vigne de l’ancienne Alliance, si fortement exprimée dans l’image miraculeuse de la patronne de notre diocèse. Elle est l’image du bonheur parce que par son « oui », elle rend possible notre « Oui » dans la joie : avec elle, nous chantons « Magnificat ». Elle est image du bonheur parce que, depuis des temps immémoriaux, elle est appelée « Causa nostrae laetitiae » à Tongres, c’est-à-dire « Cause de notre joie ».

Notre diocèse, le plus jeune de notre pays se dirige vers le jubilé de son 50e anniversaire. Cinquante ans… c’est si peu en comparaison avec l’histoire d’Israël et de nombreux diocèses dans notre pays. Mais nous voulons, avec ce jubilé du 50e anniversaire, entrer encore plus explicitement dans la grande histoire du peuple d’Israël, qui a été appelé à partir de la miséricorde de Dieu à être un seul peuple, un peuple de pèlerins, comme François l’a dit si bien.

Nous aussi, nous marchons dans le sillage des 72 disciples de l’Évangile de ce dimanche, sur le chemin du Peuple de Dieu. Nous faisons comme Moïse et Marie, à partir du feu de la rencontre avec Dieu dans le buisson ardent. Nous savons que notre vie est un chemin sinueux, une route à travers les collines et les vallées, parfois en exil, parfois comme des agneaux au milieu des loups. Mais nous connaissons le but final. « Le Royaume de Dieu est proche », dit l’Évangile de ce jour. Notre vie est dirigée vers le Christ, lumière du monde. À partir de lui, nous pouvons marcher sur les serpents et les scorpions. À partir du Christ, nous pouvons être heureux quelles que soient les circonstances. Puisse-t-il être notre chemin et nous, son peuple pèlerin. Puisse Marie, image du bonheur et de notre destin, nous y précéder. Amen.

Références bibliques : Isaïe 66, 10-14c ; Ps. 65 ; Saint Paul aux Galates 6, 14-18 ; Luc, 10, 1-12.17-20

Référence des chants :