La fête du Christ, Roi de l’univers clôture l’année liturgique et met un point d’orgue à cette année jubilaire de la Miséricorde divine.

Dans la prière du Jubilé, le pape François, avec l’appui des saintes écritures, nous présente Jésus, non seulement comme la « Porte des Brebis » (Jean 10, 7) mais aussi comme le « visage visible du Père miséricordieux. » Ainsi, il nous indique comment vivre au quotidien en « sujet » de ce Roi-Serviteur, dont la chartre est déclinée au travers des Béatitudes.

La royauté cosmique du Christ nous est présentée en ce jour d’une façon paradoxale par l’évangéliste saint Luc. Il est crucifié parmi les rebus de la société, et rejeté de tous. Comble de dérision ! Comme programme de gouvernement, il y a mieux !… diraient nos contemporains.

La royauté du Christ est aux antipodes de nos pratiques humaines du pouvoir et de l’autorité : il se met au service des petits, des laissés pour compte, comme des nantis de notre monde.

Il promeut à la même dignité, le paria et le prince. Il a une attention toute de miséricorde à celle qui est condamnée injustement tout en ayant une compassion sans mesure à la multitude des affamés et des sans-logis. S’il n’a pas une « pierre où reposer sa tête », il a pourtant grand souci de toute la création, dont il est le premier-né nous rappelle l’apôtre Paul (Col. 1, 12-20). À ce titre, il nous invite à chérir comme lui, « notre maison commune »… La terre et le cosmos qu’il a sanctifié par sa naissance en notre humanité.

Ce Roi de l’univers, crucifié, en est définitivement le principe salvateur. Par l’engagement des hommes et femmes de « bonne volonté » et le ministère de l’Église, dont le Christ-Roi est la Tête, notre monde et l’univers tout entier, malgré les maux qui l’accablent aujourd’hui, ne sera pas voué à la déchéance, mais au salut promis par le Seigneur, Roi de l’univers.

Au milieu des divisions, des migrations, des extrémismes de notre monde, le Christ-Roi se présente à toute l’humanité comme la Source de l’Unité, condition essentielle pour le devenir de la paix et la justice qui sont les signes patents de la présence du Royaume de Dieu au cœur de l’univers.

Le Royaume de ce Roi-Crucifié sera manifeste en nos vies comme au cœur du cosmos, dans la mesure où chacun de nous, chrétien, nous agissions de sorte que les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles soient véritablement notre programme de vie dans nos maisons et dans nos sociétés.

Le Christ, Roi de l’univers assis à la droite du Père, de son Esprit Saint consacre le monde et nous-mêmes de son onction, pour que nous réalisions que la Miséricorde divine n’est pas limitée à une année, fuse-t-elle jubilaire, mais qu’elle est comme Dieu…, « de toujours à toujours » nous dit le psalmiste.

Depuis la Nouvelle-Calédonie, en communion avec le pape François à Rome qui clôture en ce moment même cette année de grâce, puisse le Christ, Roi de l’univers, renouveler l’enthousiasme de son Corps qui est l’Église, afin qu’elle reste fidèle à sa mission d’annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, la liberté aux prisonniers et aux opprimes, la claire vision aux aveugles (Cf. prière du pape François pour le Jubilé).

Ce faisant, l’Église, comme son Roi-Serviteur, restera la Servante de ce monde en croissance qui va vers l’accomplissement du Règne de Dieu dans l’univers.

Amen.