"Descendre de la montagne"

Peut être vous est-il déjà arrivé, dans des circonstances quelque peu exceptionnelles, de découvrir sous un jour tout-à-fait nouveau un proche, que vous aviez pourtant l’impression de bien connaître jusqu’alors. Tel enfant, qui paraissait si timide, pose un acte de bravoure. Tel adolescent, que l’on jugeait si peu sûr de lui, développe des talents de grimpeur sur une paroi de montagne. Et vous de lui dire alors : « Vraiment, ce jour-là, tu étais transfiguré ! ».

Telle est l’expérience spirituelle qu’effectuent sur la montagne Pierre, Jacques et Jean, les trois compagnons les plus fidèles de Jésus, ceux qui sont de toutes les aventures, du bord du lac jusqu’à Gethsémani. Voici que ce jour-là, sur la hauteur, ils découvrent, de manière lumineuse, l’identité divine de celui qui, jusqu’alors, n’était que leur ami de tous les jours. Fabuleuse prise de conscience !

On imagine aisément la mise en scène qu’un réalisateur de cinéma pourrait effectuer aujourd’hui à partir d’un tel scénario si bien écrit. Quelques douces notes de musique accompagneraient les pas lents de ces quatre compagnons de route effectuant l’ascension. Et voici qu’au sommet, la lumière et le son s’intensifieraient et deux illustres vieillards feraient leur apparition. L’ambiance deviendrait alors paradisiaque, au point de vouloir souhaiter que le film s’arrête là.

Mais d’un coup l’obscurité surgit. La tension devient maximale. S’élève alors, au milieu d’un grondement de tonnerre, une voix forte, qui fait tressaillir l’ensemble des spectateurs : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! ». Tout le monde est alors suspendu aux lèvres de celui qui a été ainsi désigné. Que va-t-il nous dire de si important ? Quel message va-t-il nous délivrer ? Le suspens est à son comble.
Mais il ne se passe rien de tout cela. On ne voit plus que Jésus seul, homme parmi les hommes. Il ne prononce aucune parole forte, il ne délivre aucun message important. Il invite seulement ses amis à descendre de la montagne, et à ne rien dire de ce qu’ils ont vu. Quelle frustration !

Et pourtant, tel est le grand message de ce récit : une invitation à descendre de la montagne, pour partir à la rencontre des hommes, des femmes et des enfants de son temps. Et Jésus reprend alors avec ses amis la route de ses rencontres et de ses guérisons.

Écouter Jésus, ce n’est pas, comme certains voudraient nous le faire croire, s’isoler avec lui, en haut de la montagne, en oubliant le monde. C’est refuser la tentation de Pierre et de ses compagnons qui continuaient à vouloir s’installer dans un état de béatitude, en plantant la tente, en s’évadant de la société, en fuyant les rencontres.
Au contraire, écouter Jésus, c’est descendre de la montagne, c’est partir avec lui à la rencontre de ses contemporains, en particulier ceux dont la vie est rendue difficile par la maladie ou l’exclusion.
Écouter Jésus, c’est devenir un tisseur de lien… Un bâtisseur de rencontres…
En descendant de la montagne, Pierre, Jacques et Jean ont bien changé, comme deux millénaires plus tôt cela avait été le cas pour Abraham. En acceptant de sacrifier le caractère exclusif de sa relation avec son fils unique, Abraham peut alors devenir le père d’une nombreuse descendance. De même, en acceptant de sacrifier le caractère exclusif de leur relation avec Jésus, en refusant de le cantonner dans le passé avec Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean s’ouvrent à la dimension de la fraternité avec tous ceux qu’ils rencontrent avec lui sur la route.
Écouter le Père, c’est devenir, à la manière de Jésus, solidaires de tous ceux qui partagent la vie de ce monde. Combien alors le message contenu dans ce récit, dit de la Transfiguration, garde une actualité forte en cette période où notre société connaît une crise d’une gravité exceptionnelle !
Écouter Jésus, c’est partir avec lui à la rencontre des petites gens, dont la vie est devenue en ce temps si difficile pour beaucoup. Et si l’épreuve est au rendez-vous, la promesse de la résurrection, qui conclut ce récit, permet – même si nous continuons, comme Pierre et ses amis, à nous demander parfois ce qu’elle peut bien signifier – de la traverser sans sombrer dans la désespérance, puisque l’amour est toujours appelé à triompher de la mort.
Comme l’exprime avec force Paul, « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? ».
Alors, puisque nous voilà au seuil de notre deuxième semaine de Carême, continuons en confiance notre route vers Pâques… et puisse cette route ne pas consister en un chemin de fuite, mais en un chemin de rencontres… Refusons la tentation des paradis artificiels, mais soyons artisans de vraies rencontres. Et la joie du Christ habitera nos cœurs.

Amen !

Les chants

Moment

Cote

Titre

Paroles

Musique

Entrée

 

Dans le ciel d’Abraham

C. Morandeau

C. Morandeau

Pénitence

 

Messe de saint Boniface

AELF

M. Wittal

Psaume

 

Je marcherai en présence

   

Alléluia

A7

Gloire au Christ

Jean Servel

Robert Jef

Credo

       

P.U.

 

Accueille au creux de tes mains

Gafah

Gafah

Offrande

 

Musique de "Tu es le pain"

 

Gafah : arrangement orgue et piano : S. Seyer

Sanctus

 

Messe de saint Boniface

AELF

M. Wittal

Anamnèse

C 51

Ta mort, Seigneur

P. Cneude

P. Cneude

Doxologie

AL 197

De Lourdes

Lécot

Lécot

Notre Père

       

Agnus

 

Agneau de Dieu

AELF

Gafah

Communion

 

Chorale de la Transfiguration
suivie d’un arrangement orgue et piano de S. Seyer

 

A. Gouzes

Fin

K 226

Signes par milliers

C. Bernard

Akepsimas

Références bibliques : Gn 9, 8-15; Ps. 24; 1 P 3, 18-22; Mc 1, 12-15

Référence des chants :