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Frères et sœurs, Jésus est un fin observateur de la nature et des personnes. Tout l’Évangile en témoigne. Il se sert volontiers des réalités de ce monde pour nous transmettre un message spirituel, capital pour notre condition de disciples.

C’est là tout le sens des paraboles. Celle du blé et de l’ivraie, que nous venons d’entendre, véhicule une belle leçon de patience. Instinctivement, nous sommes plutôt portés à faire un tri arbitraire entre les bons et les méchants et à user d’impatience. Jésus veut aujourd’hui élargir notre esprit et nous faire épouser sa façon de voir les choses. Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu disait : « Mes pensées ne sont pas vos pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins. » Jésus voit plus loin et plus profond que nous.

Aujourd’hui, l’ivraie côtoie le blé, mais « laissez-les pousser ensemble ». Car Dieu espère en l’homme qui a toujours la possibilité de se convertir. Aux premiers chrétiens qui croyaient à l’imminence du retour du Christ, l’apôtre Pierre disait : « Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis comme certains l’accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse mais que tous arrivent au repentir » (2 P 3,9). Et saint Pierre-Chrysologue, dans un de ses sermons, disait : « L’ivraie d’aujourd’hui peut demain se changer en blé ; celui qui jusqu’à présent s’est montré pécheur, désormais se joindra aux justes. Si la patience de Dieu ne venait en aide à l’ivraie, l’Église ne possèderait ni l’évangéliste Matthieu : il fallait le prendre parmi les publicains, ni l’apôtre Paul : il fallait le prendre parmi les persécuteurs. »

Finalement, dans cette parabole, Jésus veut nous renvoyer à notre propre condition de pécheurs. En tout homme, en tout croyant, le champ est mêlé. Jésus nous invite à un examen de conscience. « Regarde donc au plus profond de ton cœur et tu constateras que tu n’es pas seulement un champ de blé. » L’Église des purs n’existe pas. Le bien et le mal se côtoient en chacun d’entre nous. Nous devrions plutôt remercier le Seigneur pour sa miséricorde, pour la possibilité qu’il nous donne de nous améliorer sans cesse, de progresser vers une vie toujours plus évangélique.

Notre conversion aux valeurs du Royaume n’est jamais achevée. Mais la grâce de Dieu ne nous manquera jamais. C’est elle qu’il faut solliciter, c’est sur elle qu’il faut bâtir notre vie de disciples. Frères et sœurs, que la Vierge Marie, que nous prions en ce sanctuaire sous les vocables de Notre-Dame Auxiliatrice et Notre-Dame de l’Espérance, nous y aide.

Références bibliques : Sg 12, 13.16-19 ; Ps 85 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13, 24-43

Référence des chants :