Je fais un don

L’Évangile que nous venons d’entendre nous raconte l’histoire d’un miracle. Voilà un homme du nom de Jaïre, un chef de synagogue qui vient trouver Jésus pour qu’il sauve son enfant de 12 ans qui est en train de mourir. Il ne sait plus quoi faire. Il a tout essayé, il se sent impuissant alors il demande à Jésus de venir imposer les mains sur sa fille pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive.
Cela me rappelle l’histoire de Sibal lorsque je suis parti en Inde à Calcutta pour un voyage humanitaire dans le mouroir de Mère Teresa. Je me souviens de cet homme qui un jour a décidé d’arrêter de vivre, refusant de boire, de se nourrir. Je revois cet homme couché, les yeux fermés qui ne communiquait plus avec personne. Dans le mouroir, tout le monde essayait de lui parler, de lui donner à manger, mais plus les jours passaient, plus il devenait faible.
C’était vraiment affreux de voir cet homme mourir petit à petit. Chacun de nous se sentait impuissant devant lui.
Et voilà qu’un jour la sœur responsable du mouroir me demande de rester seul avec Sibal et de prier pour qu’il retrouve le désir de vivre et qu’il mange. J’étais persuadé qu’il allait mourir cependant j’ai obéi et je suis resté seul avec Sibal et j’ai prié. J’ai demandé au Seigneur de le sauver, qu’il sorte de son sommeil. Je ne me rappelle plus toutes les paroles prononcées mais je sais qu’à un moment j’ai dit à Sibal que le Seigneur l’aimait, qu’il voulait qu’il vive, qu’il croyait en lui. J’ai senti que Dieu était vraiment là avec nous. J’ai continué à prier, et voilà que des larmes ont coulé des yeux de Sibal. J’ai vraiment vécu ce moment comme un miracle. C’est la prière qui a permis à cet homme de sortir de sa souffrance, de son isolement, de sa solitude. Nous étions impuissants devant la souffrance de Sibal, et c’est par la prière, la confiance dans la force de l’amour de Dieu que Sibal est revenu à la vie.
Voyez, depuis cette histoire je comprends vraiment la parole de Jésus adressée à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement. » Toute la question pour nous c’est de croire, de faire confiance au Seigneur. La foi est ce don qui permet à l’homme de ne jamais désespérer car la vie est devant nous. Le Christ est mort et il est ressuscité et chacun de nous est appelé à ressusciter avec le Christ. C’est ce que nous célébrons à chaque eucharistie dans l’attente de son retour. Dieu nous aime et il ne supporte pas de voir souffrir ses enfants. Il veille sur nous et reste attentif aux cris de ceux qu’il aime. Par la foi en Jésus sauveur, la prière, les sacrements nous sommes reliés au Seigneur, remplis de son amour.
Je me rappelle ces paroles de Benoît XVI le jour où il a été choisi comme pape : « Nous ne sommes pas seuls. » Le Christ est là, il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est parce que nous croirons cela que nous vivrons de la vie éternelle.
Peut être que certains parmi vous s’interrogent : « J’ai prié pour la guérison de ma mère quand elle était malade, et elle est morte quand même. Dieu n’a donc rien fait ! » C’est là qu’il ne faut pas se tromper : avoir la foi ce n’est pas rêver de magie. Dieu est là et c’est lui qui nous conduit au travers de nos épreuves nous aidant à les vivre mieux, à les accepter. La foi c’est de croire que Dieu veut notre bonheur, même si nous ne comprenons pas, croire qu’il est là.
Avant de conclure, je voudrais m’adresser plus particulièrement à vous qui traversez de lourdes épreuves comme la maladie, le chômage, le divorce, la dépression… Vous qui êtes seuls devant votre poste de télévision, Dieu vous aime. Je prie pour que vous sentiez cette présence du Seigneur dans votre vie et que vous gardiez toujours le désir de vivre. Vivre dans la foi, vivre en aimant, vivre en espérant toujours. Alors vous serez heureux et vous trouverez en Dieu la vraie paix.

zarma fekole

Références bibliques : Sg 1, 13-15; 2, 23-24; Ps. 29; 2 Co 8, 7.9.13-15; Mc 5, 21-43;

Référence des chants :