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Quand saint Louis-Marie de Montfort terminait sa mission, il faisait dresser, comme ici, la croix du Christ. Que voulait-il dire ? Que veut-il nous dire, nous qui rencontrons ces calvaires sur nos routes ? L’Evangile d’aujourd’hui nous éclaire, spécialement cette histoire du berger délaissant 99 brebis, pour rechercher la brebis perdue. Le Dieu que prêche avec fougue saint Louis-Marie, le Christ Jésus a pris la route, s’est dépouillé, pour nous sauver.

Oui, Dieu prend la route. Souvent, lorsqu’il est question de la foi, à l’occasion d’un événement familial, baptême ou deuil, nous entendons de nos proches : « Je suis en recherche ! » La parabole de la brebis perdue nous pousse à dire : savez-vous que Dieu le premier part à votre recherche ? Le grand désir de Dieu, c’est d’entrer en relation, de partir à notre recherche aussi loin que nous soyons perdus, perdus à cause du non-sens d’une maladie, perdus dans un quartier sans âme, perdus sans nous en rendre en compte, dans le mensonge d’une vie double, le désespoir ou la confusion. Le Seigneur part à notre recherche et s’approche, car l’amour ne supporte pas la distance. La distance, c’est le péché de la richesse ; la proximité, c’est le propre de l’amour. Saint Louis-Marie, ce marcheur infatigable, prêche un Dieu marcheur : Dieu ne reste pas dans son ciel, indifférent à nos malheurs, mais il nous rejoint sur nos routes, à la croisée des chemins. Comme le berger de la parabole qui s’est dessaisi de ses 99 brebis, le Fils unique se dépouille, il s’abaisse, il partage notre vie, nos souffrances, nos épreuves, jusqu’à la mort.

Le voilà le vrai pasteur, que « publicains et pécheurs viennent tous écouter ». Qu’est-ce qui les attire en Jésus ? Le bon prédicateur, le maître de sagesse ? Plus que cela ! « Cet homme nous respecte », disent-ils. Il n’a aucun mépris pour nous, les brebis perdues. Il nous aime et nous le prouve : il vient à nous, il nous parle, il donne sa vie. Saint Louis-Marie, homme au cœur de feu, attirera comme le Christ et à sa suite, les foules des petits et des sans-voix, et érigera le Calvaire : sur cette terre, un homme a aimé comme aucun homme ; pour retrouver la brebis perdue, il a aimé jusqu’à pardonner, à tout donner, à se donner : c’est le Fils de Dieu.

Alors, le berger de la parabole dit à ses amis : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis ! » Ma brebis. Quel lien du berger à sa brebis ! Jésus n’est pas venu, en survolant, en regardant de loin des foules anonymes, il est venu pour des personnes. Il n’est pas venu « faire du chiffre », comme on dirait aujourd’hui. Il est venu pour une personne qui a un nom et un visage : Matthieu, Zachée, Marie-Madeleine, Pierre, Jean, Paul, tous ceux qui croisent son regard sur le chemin de croix, hier et aujourd’hui, Véronique, Simon, toi et moi. Car, pour lui, chaque personne, vieillard ou enfant, sans travail ou sans toit, chacun compte. Chacun est irremplaçable.

C’est cet esprit du Christ, esprit de l’Evangile qui habite aujourd’hui les « amis de la Croix » du Christ, comme le disait Saint Louis-Marie. Frères et sœurs des congrégations montfortaines, en étant présents dans les régions les plus reculées de notre planète, en vous faisant proches des personnes malades ou des jeunes, vous êtes signe de l’attention de Dieu pour tous. La croix du Christ est plantée comme un message éternel ; par elle, le Christ s’adresse à chacun : « Je suis venu pour la brebis perdue. J’ai donné ma vie pour toi. » Amen.

Références bibliques : EX 32, 7-11.13-14; Ps. 50; 1 Tm 1, 12-17; Lc 15, 1-32

Référence des chants :