« Jésus parlait à ses disciples de sa venue… » Voici frères et sœurs, comment l’Evangile nous permet de comprendre le temps de l’Avent qui s’ouvre ce dimanche : temps de la venue du Seigneur, l’Avènement. Bien sûr nous avons, à l’horizon de quelques semaines, la fête de Noël et déjà nos villes et maisons revêtent leurs habits de lumière pour célébrer cette fête toujours joyeuse qu’est une naissance ! Il nous faut réapprendre à célébrer chrétiennement ce jour de joie, puisque c’est bien Jésus, le Fils unique du Père, qui est venu humblement dans notre monde, épousant notre condition humaine, pour que nous le recevions. Nous sommes bien loin de la surconsommation et de la beuverie que semble nous imposer une société qui oublie ses racines. Jésus est venu en ce monde pour nous donner Dieu : quelle joie !

L’Avent nous redit qu’au cœur de notre foi, il y a bien une attente… L’attente, non pas de son retour comme si le monde était un éternel recommencement imparfait en vue d’un idéal rêvé ; nous sommes dans l’attente, comme nous le proclamons en chaque Eucharistie, de sa venue dans la gloire ! Celui que nous attendons, c’est bien celui qui est né une fois pour toutes, à un moment de notre histoire, « au temps de l’empereur Auguste… », en un lieu donné de notre vaste monde, « à Bethléem de Judée… ». Celui qui passait en faisant le bien… qui a été mis à mort… qui est ressuscité et a été vu par plus de 500 hommes à la fois. Ce ressuscité est désormais assis à la droite du Père et nous attendons sa venue, pour qu’à notre tour, nous ayons part à la gloire éternelle de Dieu ! Il est le Fils de l’Homme qui ne cesse de nous attirer à lui.

L’Avent nous redit l’espérance de la vie chrétienne. Notre vie, toute vie humaine, a un sens puisqu’elle est faite pour sa gloire ! Ainsi, chaque année, le calendrier liturgique nous aide à sortir de notre assoupissement, qui vient de la lassitude, de la fatigue et du poids de notre quotidien, qui bien souvent nous submerge. Oui, aujourd’hui comme au temps de Noé : on mange, on boit, on se marie… Mais nous le savons bien, ces réalités terrestres ne peuvent combler le désir profond de nos cœurs. Dieu veut pour nous la vie et la vie en plénitude !

« Sortir de notre sommeil » comme nous y invite l’apôtre Paul, c’est refuser la fatalité, le prêt à penser, les activités des ténèbres, pour oser, au nom de notre foi, la « vérité qui nous rend libre » ; c’est se laisser conduire par la Parole de Dieu, méditée avec toute l’Eglise, pour avancer humblement vers la lumière. Celui que nous attendons ne cesse de venir au-devant de nous ! Il ne cherche pas à nous piéger par surprise. Le chrétien est un veilleur dans ce monde qui, à juste raison, à peur des ténèbres de la mort qui avancent sous bien des formes. Le chrétien est capable de repérer et de protéger la lumière si fragile et parfois vacillante, mais qui jamais ne s’éteint car cette lumière c’est la beauté de la vie en ses débuts, en son éclatant rayonnement, en son ultime souffle. La vie, ne peut jamais être l’ennemie de l’homme car elle est don de Dieu. L’Avent nous redit que notre vie, toute vie est appelé à la gloire !

Chaque année dans cette chapelle, comme en d’autres lieux de notre diocèse, ce sont plus de 300 couples qui participent aux rencontres de préparation spirituelle à la naissance et à chaque session, dans l’échange entre ces futures mamans et futurs papas, revient cette analogie entre ce temps de l’Avent et ce qu’ils vivent : attendre un enfant c’est déjà l’accueillir. C’est bousculer ses habitudes pour protéger la vie naissante… C’est réorienter ses priorités… C’est redécouvrir l’amour entre l’homme et la femme… C’est s’émerveiller d’un cadeau extraordinaire. De même, frères et sœurs, pour nous tous : Attendre le Seigneur, c’est déjà l’accueillir en disposant notre cœur par la conversion, en partageant la joie par l’humble témoignage, en préparant la rencontre en protégeant la vie toujours offerte !

Rendons grâce et soyons dans la joie : « Le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. »

Références bibliques : Is 2, 1-5; Ps. 121; Rm 13, 11-14; Mt 24, 37-44

Référence des chants :