HOMELIE

Frères et Sœurs, Amis en Christ,

J’admire la ténacité pleine d’imagination de ce paralysé. Rien ne va l’arrêter pour approcher Jésus. Et pourtant les obstacles ne manquaient pas. La popularité de Jésus bloquait l’accès aux portes. Je l’imagine seul, dans la cohue de cette foule, indifférente à sa détresse. Il réussit pourtant à convaincre quatre copains pour monter le coup pittoresque de la terrasse. Ces hommes ne s’embarrassent pas de convenances. Ni une, ni deux, ils hissent le paralysé sur le toit, enlèvent le torchis et font descendre le brancard au milieu des gens qui se bousculent pour lui faire de la place.
Ils avaient un objectif : la guérison ; une idée fixe et folle : le miracle ; un seul moyen : parvenir à Jésus. Et les voilà devant lui. Mes amis il fallait le faire !

Ces hommes me font d’abord penser aux hospitaliers et brancardiers qui accompagnent les malades et les personnes handicapées à Lourdes. J’admire, chaque année, leur ingéniosité et leur disponibilité pour les amener aux pieds de la grotte de Massabielle.
Mais comment ne pas évoquer aussi, à travers les quatre amis de ce paralytique la délicatesse et la tendresse déployées par les équipes d’aumônerie, la compétence et les prouesses médicales réalisées par ces soignants, femmes et hommes en blouse blanche, que je côtoie quotidiennement dans mon hôpital. Sans compter, jour et nuit, ils mettent leur génie au service de l’homme souffrant pour soulager, apaiser, soigner et guérir. Mais quand leurs mains de soignants restent impuissantes face à tant de détresse, leur vocation de « frère universel » les pousse aussi à conduire les malades jusqu’au cœur de Dieu qui seul peut fracasser, dans l’ultime recours, les paralysies et maladies incurables.
Frères et sœurs, dans l’Évangile d’aujourd’hui, devant la folle espérance du paralysé et de ses amis, Jésus que dit-il, que fait-il ? Oh mais surprise !

« Voyant leur foi. » Il parle au paralytique de ses péchés. À priori, c’est la douche froide. Celui-là ne va-t-il point le guérir ? Ce n’est pas la guérison espérée, c’est le pardon. Il désirait marcher, il présentait son corps à délivrer et c’est son cœur qui est libéré.
Cependant, il faut toujours qu’il se trouve des « rabat-joie », des cœurs barricadés, des détecteurs de blasphèmes, de scandales, d’hérésies. Frères et sœurs, quelle opposition entre d’un côté, les compagnons du paralysé, partisans d’initiatives hardies, amis de « l’accélérateur », les yeux rivés vers l’avenir et de l’autre, les scribes, familiers du « frein », le regard figé vers le passé.

« Voyant leur foi. » Il ne suffit pas de claironner le credo le plus orthodoxe pour se situer dans la vérité. Il ne faut pas beaucoup d’effort pour répéter des professions de foi tirées du répertoire officiel, sans pour autant y adhérer avec cœur et conviction. Toute autre est la foi de nos brancardiers, ils accueillent avec bienveillance les nouveautés qu’introduit, au sein de leur peuple, ce Jésus de Nazareth. Ils ne se sont pas engagés du bout de leurs lèvres mais ils ont posé un acte d’amour pour le paralytique.

« Voyant leur foi », frères et sœurs, Jésus se laisse attendrir. Il n’est pas un guérisseur, il est notre Sauveur. Avant de redonner vie à ce corps ankylosé, il s’est attaqué à la pire des paralysies, celle du péché. Admirable humanité du Christ. Tout ce qui est humain peut s’abriter sous son regard de tendresse, y compris nos membres infirmes, nos yeux éteints et nos plaies incurables.

Ami, toi qui es cabossé par la maladie, toi qui es cloué sur ton lit d’hôpital, toi qui cherche peut-être un sens à ta vie, à la fin de cette eucharistie tu te retrouveras à nouveau seul face à tes questions et sans doute face à ton angoisse. Mais je suis sûr, que toi aussi, sur ta route, tu as rencontré les brancardiers de l’Évangile, ces signes d’espérance qui te sont offerts, dans le quotidien, à travers les autres. Laisse-toi pétrir, façonner, modeler par leur amour. Nul ne connaît leur nom, mais n’oublie pas : ils sont la courroie de transmission de l’Évangile, ils sont tes perce-neige de l’amour dans ta grisaille.

Amen.

LES CHANTS

 

Cote

Titre

Paroles

Musique

Entrée

K 128

Eglise du Seigneur

J.-P Lécot

Air ancien / J.-P Lécot

Pénitence

G 310-1

Jésus, berger de toute humanité

Didier Rimaud / CNPL

CNPL; Jacques Berthier

Gloria

C 242-1

Gloire à Dieu dans le ciel

Didier Rimaud / CNPL

CNPL; Jacques Berthier

Psaume

 

Guéris mon âme, Seigneur, car j’ai péché contre toi

J.Gelineau

A.Langrée

Acclamation

U 13-64

Alleluia, lumière du Royaume

Claude Bernard

Michel Wackenheim

P.U.

E 25

Seigneur entends la prière qui monte de nos cœurs

Servel

Servel

Offrande

 

Un Père saint, notre Dieu

 

Paul BOISTEL

Sanctus

AL 137

Messe de la réconciliation

M. Wackenheim

M. Wackenheim

Anamnèse

C 72

Venu en notre chair

Jean-Louis Barrois

Henri Veysseyre

Doxologie

C 13.18

Amen , Amen, gloire et louange à notre Dieu

D. Rimaud

J. Berthier

Agnus

AL 137

Agneau de Dieu

M. Wackenheim

M. Wackenheim

Communion

 

Nous voici, Seigneur, à la table

Jean-Marie Vincent

Alain Langrée

Chant final

T 163 / SM 205

Le sel de la paix

Pierre-Michel Gambarelli

Jean-Pierre Kempf

Références bibliques :

Référence des chants :