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L’Evangile vient de retentir ce dimanche dans notre belle basilique de Montligeon, sanctuaire dont la vocation première est la prière pour les âmes du purgatoire.
 Ce lieu où tant de pèlerins viennent, portant en eux ces questions essentielles de l’au-delà et les prières pour leurs frères et sœurs défunts. Face à de tels enjeux, la querelle à laquelle Jésus est une nouvelle fois confronté, dans l’Évangile de ce dimanche, semble dérisoire.
 Avec une grande clarté, Jésus parle des scribes et des pharisiens. Il leur reproche leur façon d’exercer leur fonction car ils écrasent et découragent ceux qu’ils devraient pourtant guider. D’où cet avertissement de Jésus :

–          ne vous faites pas donner le titre de Rabbi.

–          Ne donnez à personne sur terre le nom de Père.

–          Ne vous faites pas non plus appeler maîtres.

Comprenons bien le message de l’Évangile. Ce que Jésus reproche aux scribes et aux pharisiens, ce n’est ni leur fonction, ni leur titre, mais leur attitude : l’hypocrisie
 Jésus, lui-même, assumera en effet différents titres, il sera reconnu comme un grand rabbi, un grand prophète. Lors du lavement des pieds, il dira même : « Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. »
 Jésus tout au long de son ministère va dénoncer cette hypocrisie.
 Une telle insistance se comprend car l’hypocrisie discrédite absolument, à la fois la personne, mais aussi la fonction. Les exemples seraient hélas nombreux pour illustrer cette dérive.
 Comment porter crédit à quelqu’un dont l’enseignement est en contradiction avec sa conduite, dont le message ne correspond pas à son comportement concret ?

Frères et sœurs, cet Évangile n’est pas pour Jésus l’occasion de nous donner une simple leçon de morale, sur la modestie que nous risquons toujours d’oublier.

Bien plus profondément l’Évangile est une invitation à la contemplation du Christ lui-même.
 Le Christ qui, en sa personne, réalise la synthèse parfaite entre le message et le messager.
 Cette authenticité, cette humilité, ce sens du service, cette égalité profonde entre nous ; voilà le message de l’Évangile.
 Les saints en ont été à toutes les époques les témoins. La sainteté, voilà bien l’état dans lequel toutes ces questions de pouvoir, de préséances, sont parfaitement abolies. Cette fraternité nous l’espérons, nous nous efforçons maladroitement, souvent, de l’inaugurer.
 Le sanctuaire de Montligeon nous rappelle que Dieu nous promet ce temps où nous serons en communion parfaite avec Lui et entre nous ; c’est l’espérance vers laquelle nous marchons.
 Ce temps où pour rependre les paroles de Jésus, nous serons tous frères, nous n’aurons qu’un seul Père, où il n’y aura plus besoin de rabbis ou de maîtres.
 Le sanctuaire de Montligeon tourne notre regard vers la miséricorde de Dieu en considérant cette question du purgatoire.
 Ce sujet pose problème à certains chrétiens alors qu’il devrait tout au contraire nous réconforter. Le catéchisme de l’Église catholique en parle en des termes très simples : « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel. »
 Le purgatoire est présenté comme un temps d’attente, d’ultime préparation ; mais le plus important c’est cette assurance du salut éternel. Finalement croire au purgatoire c’est croire que ce que nous vivons sur terre ouvre à une perspective : celle de l’Amour. Croire au purgatoire c’est être renvoyé à nous-mêmes et à nos responsabilités, à cette question : Aimes-tu ?

Responsabilité aussi de prier pour ceux qui nous ont quittés.

Responsabilité fondamentale de vivre dès maintenant dans l’idéal de fraternité et de service que le Seigneur a inauguré pour nous.

À quelques jours de fêter la Toussaint et de vivre, le lendemain, la grande prière pour les défunts, demandons au Seigneur la grâce d’être disponibles et généreux dans la mise en œuvre de la réponse qu’il attend de nous.

Références bibliques : Ml 1, 14b-2, 1.2b.8-10 ; Ps.130 ; 1 Th 2, 7b-9.13 ; Mt 23, 1-12

Référence des chants :