Je fais un don

Jésus interroge les disciples pour savoir ce que les gens disent de lui. Ils répondent que les gens disent : tu es Jean-Baptiste, ou Élie, ou l’un des prophètes. Parce que ce sont des modèles qu’ils connaissent. C’est comme s’ils ne pouvaient pas imaginer autre chose. Mais Pierre a cette belle réponse : « Tu es le Christ ». Il a compris que Jésus est le Messie attendu pour sauver Israël.
Jésus explique alors qu’il doit souffrir, être rejeté, être tué puis ressusciter. Mais Pierre ne comprend pas. C’est comme si ce que Jésus annonce de sa passion prochaine, de sa mort et de sa résurrection n’entrait pas dans ses catégories.
La tentation, pour nous, c’est de réduire notre foi à notre mesure à nous, à notre manière de voir et de penser. Un peu comme Pierre qui reproche à Jésus de ne pas correspondre à l’image qu’il s’était faite du Messie, du Sauveur d’Israël.
Je vous donne des exemples :

­> On peut réduire la foi à notre expérience personnelle et dire : je n’ai jamais vu personne ressusciter alors je ne crois pas à la Résurrection. Je n’ai jamais vu de personne miraculée alors je ne crois pas aux miracles.
­> Un deuxième exemple : on peut réduire la foi à des émotions en disant : pendant la messe j’ai ressenti une sorte de joie, de bien-être, de plénitude ; alors c’était une belle messe. Puis une autre fois j’avais mal à la tête, les chants ne
m’ont pas plu, il faisait froid dans l’église ; alors cette messe était ratée. Je ne veux plus y retourner.
­> On peut aussi réduire notre foi à nos désirs. Par exemple, on prie pour avoir une bonne note. Ou on prie pour qu’un ami guérisse parce qu’il est à l’hôpital. Ou on prie pour que nos parents se réconcilient. Et puis cela n’arrive pas. Alors on se met en colère contre Dieu comme s’il fallait qu’il comble à tout prix nos attentes. Là encore, on essaye de le faire entrer dans nos cases.

Et c’est ce que Jésus essaye d’expliquer à Pierre : « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes ».

Notre vie chrétienne ne consiste pas à formater Dieu à notre image, pour qu’il nous ressemble, pour notre confort spirituel, pour que rien ne soit dérangé dans notre vie. Elle ne consiste pas à mettre Dieu à notre service.

Elle consiste à nous rendre disponible à Dieu, à nous ouvrir à la rencontre du Seigneur, avec tout ce que cela peut avoir d’inattendu, de dérangeant aussi. La vie chrétienne consiste à être des disciples.
Voilà pourquoi Jésus finit par dire : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».
Il n’est pas du tout en train de dire qu’il faut renoncer à ce que nous sommes, nos dons particuliers, avec ce qui constitue notre personnalité.
Il s’agit de renoncer à notre ego qui prétend mettre la main sur Dieu, qui prétend vivre sans Dieu ou alors avec un Dieu arrangé à sa mesure et à son usage personnel.

Pendant cette Année de la mission pour notre diocèse de Tarbes et Lourdes, je vous envoie en mission tout spécialement, vous les jeunes. Soyez de vrais témoins du Christ dans vos écoles, dans vos collèges, vos lycées, dans vos facultés.
Mais aussi dans vos clubs de sport, dans vos écoles de musique, dans toute votre vie associative, dans vos groupes d’amis et dans vos familles.
N’hésitez pas à dire, par vos paroles mais également par votre attitude, par vos décisions, par la manière dont vous regardez et aimez les autres, que le Christ fait partie de votre vie, qu’il est vivant et qu’il éclaire votre route.

N’hésitez pas, si on vous interroge, à montrer que vous ne l’avez pas mis dans vos cases, que vous n’avez pas construit un Dieu à votre image, mais que vous avez pris la route avec Jésus, que vous avancez dans la confiance sans toujours savoir où cela vous mènera.

N’hésitez pas à dire que notre foi c’est d’abord une écoute, un « oui » redit sans cesse, un chemin, un amour vécu. Et que le signe de cet amour donné et reçu c’est la Croix, cette Croix qui nous dit : « regarde l’amour dont tu es aimé de Dieu ; regarde l’amour dont tu es capable. Il n’y a que cet amour qui peut combler la soif de ton cœur ». Amen.

Références bibliques : Is 50, 5 à 9a ; Ps. 114 ; Jc 2, 14-18 ; Mc 8, 27-35

Référence des chants : Liste des chants de la messe à la grotte de Lourdes 13 septembre 2015