Il y a cinq ans aujourd’hui, il n’y avait pas de cathédrale pour célébrer la messe du matin de Noël. Cinq ans plus tard, nous avons de nouveau notre cathédrale. Quand je suis arrivé dans le diocèse d’Ardagh et de Clonmacnoise, il y a un peu plus d’un an, je n’en savais que très peu au sujet de la cathédrale Saint-Mel, sinon qu’un énorme projet de construction était en cours. Depuis, j’ai appris combien cette cathédrale comptait pour les gens du diocèse et en particulier pour ceux de Longford. C’est leur église locale ; ils en sont fiers et ils y tiennent beaucoup. C’est là qu’ils assistent à la messe, s’agenouillent pour prier et c’est là qu’est célébrée la plupart des moments importants de la vie, personnelle, familiale et communautaire. Il y a eu un sentiment d’attente croissant au fur à mesure que cette semaine approchait. Les portes sont ouvertes et nous sommes de retour.

En arrivant à Longford, j’ai rejoint un petit comité dédié au « Projet cathédrale ». J’ai pu observer le processus de planification, les différentes étapes de la construction et les nombreux problèmes qu’il fallait résoudre. C’était, en coulisse, un engagement pour la reconstruction de cette grande église.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, saint Jean nous offre un regard sur les coulisses de l’histoire de Noël. Il nous donne un aperçu du dessein de Dieu qui a conduit aux événements de Noël que nous célébrons. Il n’y a aucune mention de l’histoire de Noël : pas de Bethléem, pas d’étable ou d’étoile, pas de bergers ou d’anges, pas de Marie, de Joseph ou de bébé dans la crèche. C’est un peu comme regarder la table de la cuisine avant le dîner de Noël. Saint Jean nous fait vraiment observer l’histoire de Noël du point de vue de Dieu. Nous pouvons nous émerveiller face à la détermination de Dieu à partager sa vie divine avec chacun de nous.

La Parole de Dieu s’est fait chair et a habité parmi nous en Jésus Christ. Ce n’est pas un post-scriptum ou un « plan B », c’est la volonté de Dieu depuis le commencement. Le Fils de Dieu est venu parmi nous, en Jésus de Nazareth, pour nous montrer le chemin. Il est venu parmi nous pour vivre et mourir, et pour être ressuscité des morts. Il est venu parmi nous pour transformer notre relation avec Dieu et pour partager sa vie. Tout cela fait partie du dessein de Dieu pour nous ; c’est cela que nous célébrons aujourd’hui.

La Parole de Dieu apporte la lumière, « une lumière qui brille dans les ténèbres, une lumière que les ténèbres n’ont pas arrêtée ». Dieu compte sur nous, il compte sur nous pour être prolongement de cette lumière par nos paroles et nos actes.

Jésus parlait le langage de l’amour. L’appartenance au Christ et la compassion qui viennent des mots de Jésus nous encouragent à poursuivre ce langage de l’amour et du respect, et à valoriser tous ceux que nous rencontrons. Jésus parlait le langage du pardon. La nouvelle vie et la liberté qui viennent des paroles de pardon de Jésus nous encouragent à poursuivre, et souvent combattre, pour utiliser ce langage du pardon. Jésus parlait le langage de l’espérance. L’espérance, fondée sur la promesse du salut de Dieu, nous incite au langage du courage et à une vie tournée vers l’espérance.

En coulisse des événements, nos paroles peuvent faire toute la différence pour ceux que nous rencontrons. Les mots que nous utilisons ont un pouvoir : nous pouvons construire, nous pouvons encourager et nous pouvons donner de l’espérance.

Noël est un moment de joie ; nous rendons grâce à Dieu pour la naissance du Sauveur. Il peut aussi être un moment émouvant pour certains, surtout pour ceux dont les proches sont au loin en ce jour de Noël. Il peut aussi être un moment de tristesse à cause du décès de proches, ceux dont les paroles contribuaient à rendre notre vie meilleure à bien des égards.

À Noël, nous utilisons les mots de vœux et de paix. Alors, depuis cette belle cathédrale restaurée de Saint-Mel : meilleurs vœux et paix à vous tous qui nous rejoignez ce matin ! Joyeux Noël !

Références bibliques : Is 52, 7-10 ; Ps. 97 ; He 1, 1-6 ; Jn 1, 1-18

Référence des chants :