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Nous avons le bonheur, aujourd’hui, de célébrer l’Eucharistie dans cette admirable église abbatiale de Fontenay. Pendant des siècles, cette église a résonné du chant des moines cisterciens. Ne peut-on penser que les pierres sont comme imbibées de cette prière ? Elles ont résonné des mélodies venues du chœur des priants, elles ont été témoins du combat spirituel mené par ces hommes de Dieu, elles ont écouté le silence de la prière où le cœur se recueille pour écouter la Parole. Nous pouvons, aujourd’hui, nous couler dans cette prière, car nous sommes, nous, les pierres vivantes toutes illuminées de la gloire du Christ ressuscité.

Comment fait-on pour construite une voûte ? On apporte des pierres, on les taille, on les ajuste les unes aux autres, on les assemble et la construction s’élève lentement ! Nous laisserons-nous tailler, ajuster par la Parole de Dieu ? Accepterons-nous d’être assemblés les uns aux autres par l’amour fraternel ? Jésus le demandait à son Père qui est aussi notre Père : « Père, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. »

Dans le silence de cette église, dans le silence de notre cœur, mettons-nous à l’écoute du Seigneur qui, comme une source, murmure ses paroles de vie. Dressons l’oreille au souffle ténu de la brise légère de la Parole de Dieu. Et que nous dit-elle cette Parole ? « Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui. » Voilà le fondement de toute notre construction. C’est sur ce fondement que nous pouvons bâtir. La pierre angulaire qui va donner tout le sens à notre construction, c’est le Christ ressuscité qui a donné sa vie pour nous. Car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Notre vie, comme la construction de cette église, c’est un immense chantier, nous en avons bien l’expérience. C’est lentement, c’est petit à petit que la construction s’élève, au prix de tant d’efforts. Pour que ça tienne, il faut construire des contreforts qui vont caler l’édifice. Ce sont : la foi, l’espérance et la charité. Pour que tout tienne, il faut que la clé de voûte vienne s’enchâsser au sommet. Et cette clé de voûte, n’est-ce pas l’Esprit Saint qui nous habite et qui donne sens à toute notre œuvre ? L’Esprit Saint, dont nous allons fêter la venue dimanche prochain, qui est l’Amour même de Dieu répandu dans nos cœurs. L’Esprit Saint qui, comme une source, irrigue notre vie, comme une fontaine, nous fait ruisseler de la joie de Dieu.

Et cet amour de Dieu qui nous habite et nous couronne, c’est lui qui, rayonnant autour de nous, va nous permettre de nous aimer les uns les autres. Et c’est bien là le signe que Dieu habite en nous car « si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour atteint en nous sa perfection. » Dieu, personne ne l’a jamais vu ! C’est vrai. Mais n’avons-nous pas à le rendre visible aux yeux de nos frères et sœurs en leur témoignant un amour qui est bien plus grand que nous ? « Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. »

Ceci est mon Corps : donné. Ceci est mon Sang : versé. Que ton geste, Seigneur, nous traverse et nous transfigure. Tu as donné ta vie pour nous. Fais qu’à notre tour nous donnions notre vie pour nos frères. Amen.

Références bibliques : Ac 1, 15-17.20a.20c-26 ; Ps. 102 ; 1 Jn 4, 11-16 : Jn 17, 11-19

Référence des chants :