Homélie du Père Benoît Hauzeur, recteur

Dans le premier texte, le prophète Élie est en train de fuir la reine Jézabel. Il est découragé et épuisé. Mais Dieu lui envoie un ange pour le réconforter, lui apporter un peu de nourriture. Dans le second texte, c’est Jésus qui promet de nous donner lui-même cette nourriture, ce réconfort venu du ciel. Rappelant que le Seigneur Dieu avait nourrit son peuple au désert.

Le désert est donc le lieu où je vous invite aujourd’hui à vous replacer pour accueillir cette Parole de Dieu. Si on pense au sable, à la chaleur, le désert est souvent davantage là où nous sommes. Un lieu ou un moment de vide : maladie, solitude, perte de sens… Comme quand le prophète Élie sent monter en lui le découragement, la perte du désir de vivre. « Maintenant, Seigneur, c’en est trop. Reprends ma vie. »

À Lourdes, Bernadette vivait aussi un moment de désert. Sa famille a basculé dans la pauvreté ; sa santé est fragile. Partie chercher des fagots de bois, elle est face à la rivière. Ses compagnes sont déjà loin… Elle s’arrête, hésite, commence à enlever ses chaussettes. Va-t-elle traverser l’eau froide ? C’est à ce moment-là qu’elle prend conscience d’une présence. Son regard croise celui d’une « belle dame » comme elle dira. « Une dame était là et elle me souriait. » Le désert était donc habité… et elle l’ignorait. La présence de Marie auprès de Bernadette renvoie à la présence du Christ qui, lui-aussi, avait comme déchiré le ciel pour rejoindre l’humanité dans ses déserts. Encore aujourd’hui qui le reçoit peut faire l’expérience d’une présence, oh combien, nourrissante : « Je suis le pain qui est descendu du ciel. »

Quand tu dis une prière, comme celle du « Je vous salue Marie », ne la dis pas machinalement. Remets-toi dans l’esprit de celle qui la première entendit cette salutation : « Je vous salue Marie ». Au cœur de son désert, un ange vint vers elle ; elle l’accueillit et permit au Christ de naître au monde.

Puisses-tu, toi aussi, faire cette rencontre ; te laisser rassasier de sa présence et, si la grâce de Dieu le permet, être à ton tour l’ange qui l’apporte aux autres.

Homélie du Père Dirk Vannetelbosch, responsable de la pastorale néerlandophone de Jette

Chers amis, nous venons d’entendre encore une très belle histoire, une histoire de « pain », une histoire de « vie », une histoire d’« abondance »… Peut-être vous demandez-vous ce qu’une histoire pareille nous apporte encore aujourd’hui. À nous, avec tous nos problèmes, nos faiblesses et nos soucis. Nous râlons, comme le peuple juif… Et nous sommes tentés de minimiser cette histoire, car elle nous semble invraisemblable. Nous demandons tant de choses et nous ne voyons pas toujours de résultat immédiat, nous ne nous rendons pas compte de ce que nous obtenons en réalité, nous ne sommes plus capables de regarder « au-delà », car nous sommes si souvent fixés sur le résultat immédiat.

Voilà 100 ans que les gens viennent ici, dans le plus grand domaine de grotte mariale situé dans la capitale européenne. Ici, toutes les cultures et les langues se retrouvent, elles s’orientent vers ce lieu saint. Non pour la valeur esthétique de cette petite grotte, il suffit d’observer toutes ces fleurs en plastique, mais pour le fait que chacun se sent bien accueilli ici.

Ici, nous ne venons pas seulement pour supplier, nous venons parfois seulement pour demeurer quelques instants auprès d’elle. Juste comme ça, sans façon, comme on me l’a dit récemment… Dans certaines régions d’oppression, des chrétiens savent bien ce que signifie de demander sans trouver de réponse. Ils ont dû en faire l’expérience par la force des choses, hier, aujourd’hui et probablement, hélas, demain ! Mais comment se fait-il qu’ils fassent preuve de tant de fermeté dans la foi ? Comment font-ils pour demeurer inébranlables ? Comment se fait-il qu’ils ne décrochent pas en masse comme nos catholiques occidentaux ? Quand les réponses à nos questions, nos exigences, ne sont pas servies sur-le-champ sur un plateau ?

Je me suis fait dire qu’il n’existe en fait qu’une seule réponse sincère et toute simple… La réponse donnée par Pierre à Jésus lorsque ce dernier lui demanda : « Pierre, m’aimes-tu vraiment ? » Et Pierre lui répondit : « Oui, Seigneur. Toi, tu le sais : je t’aime. » Voilà, mes chers amis, c’est aussi simple que ça… Goûtons donc de son pain à lui… Chérissons-le ! La réponse arrive simplement d’elle-même… Que nous puissions dire, à Bruxelles, que le petit Jésus puisse naître dans notre cœur.

Références bibliques : 1 R 19, 4-8 ; Ps. ; Jn 6, 41-44.47-51

Référence des chants :